Top 10 Gunfights HK

full contact

Le prochain polar de Johnnie To dans le collimateur, Three, et même un peu plus tard le Sky on Fire de Ringo Lam, appellent une nostalgie qui elle même suggère un Top 10 Gunfight HK tout subjectif. 10 seulement ? C’est clairement impossible, Docteur ! Façonnons tout de même un semblant de proposition fraîche en cela qu’elle propose parfois de l’inédit dans l’Hexagone en contournant les incontournables tout en les citant. Point facile ! Je place ces scènes à niveau égal, selon les jours, les envies, les besoins. J'ai un peu l'impression de faire du vieux avec du vieux, c'est vrai, voire même d'être resté perché au dernier étage d'un immeuble de Kowloon, mais en l'absence de relève...

1 – Hard Boiled (John Woo, 1992)

Soyons clairs, pour être juste sur ce top 10, la moitié des films cités devraient normalement être de John Woo. Sa meilleure scène de shoot ? Je change d’avis fréquemment. Aujourd’hui c’est le plan séquence culte de Hard boiled – pour rappel sa réponse au Die Hard de McTiernan -, demain ce sera la scène d’appartement de The Killer, après-demain le final d’ABT2, après-après demain retour aux sources avec la scène des pots de fleur d’ABT1, puis re-Hard Boiled avec le défouraillage dans l’entrepôt, puis, pourquoi pas, l’excellent final de Just Heroes, ou alors non : le massacre dans le resto d’A toute épreuve, ou encore…

2 – The Suspect (Ringo lam, 1998)

Rayon Ringo, un Full Alert serait pour beaucoup plus avenant. Voire même un Full Contact, dont l’une des images iconiques introduit ce top dans lequel il ne figure même pas ! Pourtant, l’une de ses scènes de flingage anticipe clairement le bullet time de Matrix. C’est d’autant discutable que ce Suspect ne se passe même pas à HK, mais aux Philippines. Oui, mais non. Je le kiffe, ce Ringo Lam « mineur » – tout est relatif -, réponse HK au très sympa Wanted, recherché mort ou vif US de David Hogan. Les Philippines donnent une texture étrangement rital au film, le réalisateur de City on Fire semble parfois peiner à retrouver son sens du cadre, si loin de chez lui, et le score est l’un des pires bontempi entendus sur un film HK – c’est dire. Pourtant l’action est dingue, cette chasse à l’homme s’avère haletante du début à la fin et tout le long climax terminal dépote à tout va. Et je découvrais alors Louis Koo, avec en face un usuel Simon Yam en mode bad guy cool qui nous rappelle son rôle « vestimentaire » d’Une balle dans la tête.



3 – Fallen Angels (WKW, 1995)

J’aime taquiner son cinéma, à WKW, dire que le A Moment of Romance de Benny Chan est meilleur que As Tears Go By, et affirmer également que le plus beau baiser sauvage made in HK se trouve dans le Full Contact de Ringo Lam et nulle part ailleurs. Ce qui n’empêche en rien la fascination que j’éprouve pour ses métrages, en particulier pour celui-ci. Ses beaux habitants des villes figurent toutes et tous des prostituées, des gigolos. Leon Lai ressemble ici à l’un de ces nombreux gitons glanés aux coins des rues, qui s’en serait devenu un tueur professionnel – un acteur ? – pour échapper à sa condition. Deux ou trois fois dans le film il s’en va flinguer des gens au son de ce morceau dont le refrain « Cause I’m cool », m’a longtemps hanté la caboche.



4 – Final Option (Gordon Chan, 1994)

Le film de SDU est une spécialité de là-bas. C’est un peu comme si, en France, on proposait plusieurs films d’action sur le GIGN. J’en ai vu plusieurs de sympas – le Hit Team de Dante Lam n’est pas loin, contrairement à un odieux Firestorm -, celui-là reste évident. Construit sur le canevas apprentissage militariste puis mise en situation à la Top Gun, la démonstration de force continue d’épater. Je n’ai pas su mettre en ligne une version cantonaise, désolé (enfin, si, j’ai compris le truc, mais j’ai la flemme de recommencer depuis le début). L’occasion est bonne de montrer qu’une VF peut flinguer un film bien comme il faut ! j’en profite pour signaler que l’allemand Dominic Graf a réalisé un très bon film dans le genre, que je conseille : Les invincibles (1994).


5 – A War Named Desire (Alan Mak, 2000)

J’aurais bien aimé mettre un extrait de Big Bullet (Benny Chan, 1996), au coude à coude avec celui-ci, mais la Warner veille au grain. Leurs deux scènes phares se rejoignent : story board évident, chorégraphie au poil, personnages nombreux et impliqués, présence de la foule comme élément de relief – constante HK – configuration géographique ample et merdique… Les films sont « juste » de très bonnes séries B, mais leurs deux maousses scènes d’action restent franchement impeccables. Dans les deux : remarquons la présence de Francis Ng. Notons dans celle d’A war (…) une variante musicale « doigt d’auteur dans le fondement » du Clubbed to Death entendue dans Matrix un an plus tôt. Dans Big Bullet, on y voit bien – pas là, donc –  Yu-Rong Guang manier le M16, ce qu’il refait très bien dans le Rock’n Roll Cop de Kirk Wong ainsi que dans Man Wanted, un autre très bon Benny Chan (cf. dans « Le retour du Roy », plus bas). En parlant de M16, on ne peut occulter l’AK47 et son actualité meurtrière en France, bien loin de l’oisiveté irresponsable d’un tel dossier geek. Étrangement, c’est à HK que la fiction s’est emparé du trauma lié aux dégâts de cette arme, dans A Day Without Policemen, un Cat III gratiné dont les nombreux défauts servent une ambiance malsaine à souhaits. Mission réussie et trauma pleinement partagé via le jeu impliqué de Simon Yam.




6 – Time & Tide (Tsui Hark, 2000)

Tsui Hark et les flingues, ça n’était pas son truc avant T&T. Le final de L’enfer des armes était plus gore que dansant, les quelques flingues aperçus dans les OUATIC ne servaient que de faire valoir aux arts martiaux, et ses tentatives sur le terrain de John Woo dans ABT3 faisaient pitié – nonobstant l’exceptionnelle qualité du film. Et arrive T&T. Blam ! Chaos, champs de l’emprise, 3 dimensions avant l’heure, bordel ambiant : Tsui Hark fusionne enfin son ADN sur une scène d’action dantesque qui elle aussi fait date. Johnnie To le copiera à son tour dans le très fun Fulltime Killer ; le récent coréen No Tears For The Dead a également bien appris la leçon le temps d’un massacre en appartement équivoque. Sony veillant sur ses droits, n’en voici qu’une simple bande-annonce.

 

7 – The Mi… A Hero never Dies (Johnnie To, 1998)

Après avoir réalisé à peu près tout et n’importe quoi, c’est avec The Mission que Johnnie To s’est imposé à l’international dans le domaine du polar. Sa marque de fabrique est depuis devenue fond de commerce – la bande-annonce du prochain Three en atteste. Il savait déjà y faire dans le domaine du cartonnage urbain, via le très sec The Big Heat par exemple, mais c’est sur cette histoire épurée basée sur l’attente et le statisme des échanges de coups de feu qu’il a réussi à renouveler une chorégraphie souvent trop répétitive. S’il passe après le japonais Kitano et le remarqué Sonatine, il optimise alors le gunfight dit « en chiens de faïence » qui, qui… rhaaaa ! Je ne peux pas, désolé. Tout ceci est parfaitement exact, mais je continue de kiffer à mort ce massacre dans A Hero never Dies. Son un chouillat décalé, sorry, mais ça le fait quand même.

 

8 – Rock’n Roll Cop (Kirk Wong, 1994)

Si ce chef d’oeuvre reste lui aussi inédit chez nous, Crime Story et OCTB, tous deux également de Kirk Wong, sont trouvables en DVD. Ils sont dotés chacun d’une bonne scènes de gunfight : dans  l’intro sur le premier, dans le final sur le second. Dans Rock’n Roll Cop, point de longue scène mémorable puisque le film entier en est une, émaillée de passages aussi intenses que courts. Il incarne à la perfection l’hystérique électrique propre aux polars HK. Ca charcute par ici, ça court par là, ça bifurque sans prévenir et ça flingue ensuite de façon assez démentielle… Ce passage me parait une bonne synthèse de ce film où le spectateur recherche l’accalmie pour respirer un peu – on le termine sur les rotules. La chorégraphie aurait été source de nanar ailleurs, pas chez Kirk Wong. Respect. J’aurais bien aimé causer Long Arm of The Law, qui n’est pas de lui mais reste à la naissance de son cinéma, cependant les ayants droits veillent beaucoup trop. Dommage.

9 – Beyond Hypothermia (Patrick Leung, 1996)

Le Nikita de Besson a traumatisé HK en son temps. Plusieurs films ont suivi – Black Cat et hordes Girls with Guns movies – mais celui qui lui aura fait le plus la nique reste ce formidable Beyond Hypothermia, sorte de remake beaucoup plus désespéré et d’une violence toujours aussi impressionnante. Le gunfight final fait office de leçon sur tous les plans : chorégraphie, cadrage, rythme et impact émotionnel. Toujours inédit chez nous, once again.


10 – Angel III (Stanley Tong, 1989)

Eh eh ! Je n’ai jamais vu ce film, et ne le verrai sans doute jamais. Créé par le réalisateur attitré de Jackie Chan, il dispose d’une scène de malade souvent partagée entre aficionados. Spéciale dédicace à Alex Fong en Jetpack ! Du culte nanardesque, mais du culte quand même, très généreux, donc il a sa place ici.


Conclusion Bonus Track : Le retour du Roy !

Pour conclure ce top tout personnel – libre à vous de corriger le « tir » – je remets là mon p’tit montage-hommage gunfight HK perso, avec Roy Cheung vs à peu près tout le monde...

 

 

 

date
  • juillet 2016
crédits
Films