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JSA

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les avis de Cinemasie

11 critiques: 3.86/5

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79 critiques: 4.07/5



Alain 3.75
Arno Ching-wan 3.75 Le déshonneur de la Corée poubelle
drélium 3.5 Un Coréen potable...
Elise 4.5
Ghost Dog 3.5 Un sujet difficile traité avec brio
jeffy 4.25 Un film que seule la Coréee pouvait nous donner
Junta 4.25 Drame historique autour de personnages dépassés par les évènements.
MLF 2.5 Qui veut un milk-shake ?
Ordell Robbie 3.5 Talent pas encore (trop) gâché
Sonatine 5 Les retrouvailles d'un même peuple
Xavier Chanoine 4 Un film dans le fond classique, parsemé de moments de grâce.
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Le déshonneur de la Corée poubelle

Je copie/colle du réseau social dans ce qu'il a de plus cool : "L'idée est de couvrir Facebook de bons films. Le jeu est simple : j'assignerai à quiconque aime ce statut un cinéaste. Vous devez publier l'affiche de votre film préféré dudit cinéaste pour continuer le jeu."

L'on me suggère Park Chan-Wook. Bien ! Si son Joint Security Area n'est pas son plus personnel, il reste mon chouchou. Parce qu'on découvrait là un nouveau cinéma asiat', parce qu'on sent l’œuvre de commande dans laquelle le bonhomme devait faire ses preuves pour aller de l'avant - il donne tout ce qu'il a, et à mon sens les meilleurs films des types trop chargés en imaginaire sont ceux dans lesquels ils doivent évoluer dans un cadre imposé -, parce que le scénario est sacrément bon et le traitement itou - on n'y trouve pas encore l'emphase patriotico-merdique qui nous sera gerbée dessus par la suite - parce que ses acteurs, Song Kang-ho (Snowpiercer le Transperceneige), Lee Byung-Hun (A Bittersweet Life). Et parce que ce traitement, un brin calqué sur celui du Déshonneur d'Elisabeth Campbell sorti un peu plus tôt. On y suivait une enquête militaire des très - trop - paternalistes américains autour du viol et du meurtre de la fille d'un général. Le final, émouvant, nous racontait tout autre chose. En toile de fond, JSA suit le même schéma si ce n'est que ça n'est pas la fille - la descendance - d'un général - les USA - qui se fait violer mais bien la Corée, trahie, cassée en deux. Au final de nous tirer quelques larmes, consternés que nous sommes par ces malheurs engendrés par la folie nauséabonde de quelques hommes seulement. Au mal-être de s'avérer plus prégnant encore dans le reste de la filmo sans espoir de PCW - de la vengeance autodestructrice, des vampires parasites... - ainsi que dans celle de ses compatriotes - des "diables" y tuent sans cesse des femmes à coups de marteaux -, assez lucides quant à leur liberté toute relative dans cet étrange enclos

25 janvier 2014
par Arno Ching-wan




Un sujet difficile traité avec brio

Avant de verser dans le mauvais goût putassier et calculateur d'un Sympathy for Mr Vengeance, Park Chan-Wook avait donc réalisé un film de genre autrement plus convaincant avec ce JSA, grosse production qui a le mérite de prendre des chemins détournés pour développer son propos et sa dramaturgie. Scénario malin d'abord, ouvrant sur une enquête policière basique menée par une débutante helvètico-coréenne tentant de percer les causes profondes d'un grave incident survenu entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, puis plantant le décor à un endroit aussi stratégique qu'absurde, le poste de frontière. Par de longs flash-back, on découvre alors la vie de ses soldats qui sont diplomatiquement ennemis mais humainement frères de sang ; le miracle de l'amitié fait alors son apparition, une belle amitié, secrète, inavouable, tendue lorsque les sujets politiques sont abordés, ne tenant qu'à un fil, mais toujours sincère et vraie. Il est alors émouvant de voir ces soldats censés se haïr échanger des sourires, des clins d'œil pendant leur garde, et même jouer à se cracher dessus, un geste normalement hautement détestable qui prend ici un tout autre sens. Au fur et à mesure que la vérité s'installe, les flash-back sont revus en fonction des nouveaux éléments du dossier, un peu à la manière de Rashomon, la référence en la matière : le récit multiplie les fausses pistes, amenant une jolie réflexion sur le thème de l'investigation, ou comment un observateur théoriquement neutre peut appréhender de façon juste les sentiments riches et contradictoires d'hommes en proie aux doutes propres à la " désobéissance civique " de leurs actes militants, sans engendrer des situations explosives entre 2 pays au bord de la crise de nerfs (cf. la Côte d'Ivoire, l'Irak,…)

JSA est donc une très bonne surprise, tant sur le fond que sur la forme : des personnages travaillés, une narration complexe mais cohérente, une mise en scène inventive bien que parfois " too much " (cf. la chute de la fenêtre), et un thème d'actualité brûlant. Autant de raisons de regretter qu'il n'ait pas été sorti en salles avant Sympathy…



28 juin 2004
par Ghost Dog




Un film que seule la Coréee pouvait nous donner

La grande réussite de JSA est d'être un film équilibré. Tragédie individuelle et collective se font répondant, et sans jamais être politique au sens propagandiste, le film donne beaucoup à comprendre sur le drame d'un peuple. A coté de cet aspect, l'intrigue trouve son rythme dans les multiples flash-backs intelligemment utilisés. D'autant plus efficace que les acteurs sont parfaits. Reste la mise en scène, très américaine, c'est à dire efficace et impersonnelle, mais cela colle bien avec l'absence de jugement du film sur la situation politique du pays. Un film clé à voir nécessairement.

11 août 2003
par jeffy




Qui veut un milk-shake ?

JSA est un film distrayant à voir et l’idée est sympathique. Une enquête policière autour d’un meurtre commis à la frontière séparant la Corée du sud et la Corée du Nord. L’originalité vient de l’objet de l’enquête. On ne cherche pas les individus concernés par l’affaire, mais le pourquoi. Que s’est-il passé ?

Utilisant à rebond (un an plus tard) le succès de Shiri, JSA n’est au fond qu’un blockbuster coréen de plus. Avant même la mise en scène, il y a ce personnage féminin. A l’époque du film, elle etait considérée comme la plus belle femme en Corée. La société coréenne n’étant pas différente des autres, une belle actrice (comme une star) s’associe facilement à succès (on vient pour la voir). D’ailleurs, c’est bien là son seul vrai rôle, elle est donnée à voir et c’est tout. Pourtant au cœur du dispositif, elle est d’une inutilité déconcertante. Elle est l’inspectrice chargée d’expliquer ce qui s’est passé, rôle qu’elle s’avère incapable de tenir. Elle est le médiateur qui doit faire le lien entre le spectateur et le film, le point de vue auquel on doit être accroché. Mais là encore, son incompétence rayonne.

C’est une première gêne dans la mise en scène. Incapable de résoudre quoi que ce soit, son savoir et le notre sont très vite dissociés. Confortablement installés dans notre fauteuil, nous accédons sans peine en sautant de point de vue en point de vue (le sien, celui du soldat nord-coréen, ceux des deux soldats sud-coréens, celui de…) à la vérité, tandis qu’elle s’affaire courageusement à essayer de comprendre ce qui est arrivé et reste seule dans l’ignorance la plus totale. Son incapacité est telle, qu’elle finit par être déchargée de l’enquête (même si la justification interne à l’histoire est autre, celle-ci sied à merveille à l’élaboration filmique).

C’est ainsi que le second problème fait surface. Elle est notre médiateur, ce qui fait que si nous avons besoin d’autres points de vue pour comprendre les événements tandis qu’elle reste dans l’obscurité, il nous faut constamment revenir à son point de vue d’enquêtrice pour que l’enquête (justement) puisse se poursuivre. L’incidence sur la mise en scène est une sorte de bégaiement dans lequel le médiateur se transforme systématiquement pour que nous arrivions à la formulation (en images) de ce qui est arrivé. Le point de départ est toujours sa volonté de comprendre puis, comme elle en est incapable, nous voyageons de point de vue en point de vue pour atteindre la bonne formule, avant de revenir au point de départ, son point de vue a elle. Problème. A chaque fois que nous revenons à son point de vue, celui-ci perd de son intérêt car nous avons appris quelque chose qu’elle ignore toujours et ne découvrira jamais.

C’est une autre gêne qui se dévoile doucement à ce stade. Les points de vue auxquels le dispositif a recours pour nous révéler ce qui est vraiment arrivé, sont ceux des principaux concernés. Ceux qui pourraient dire “je le sais, parce que j’y étais”. Ils ne confient pas leurs pensées au spectateur, c’est le spectateur qui pénètre leurs pensées. Les moments de confrontation (les uns aux autres ou à l’un des enquêteurs) sont utilisés pour montrer qu’il y a un enjeu. Champ, contre-champ rythment ces rencontres à coup de gros plans serrés sur des visages anxieux, dont une frayeur encore innommable exulte les yeux. Ce cadre du secret à découvrir ou à protéger (selon le point de vue choisi) mis en place, la mémoire des “mis en examen” entre en jeu d’elle-même par un simple effet de fondu enchaîné, raccord-mouvement ou balayage : nous accédons à ce qu’ils veulent protéger. Or leur mémoire n’existe que par bribes incomplètes et le plus souvent mêlées de mensonges.

De là, plus personne ne connaît la vérité. L’inspectrice chargée de l’enquête stagne dans l’erreur, les protagonistes se mentent à eux-mêmes. Qui peut dire ce qui est vraiment arrivé ? Pour sauver les meubles et permettre au spectateur d’appréhender le nœud du problème, Park Chan wook use d’un stratagème qui a le mérite de faire sourire. C’est le point de vue d’une chouette qui, prenant son envol du haut de son arbre, est témoin de la scène. L’essai est amusant mais peu convainquant. De plus, il atteste de l’incapacité du réalisateur à tenir ses deux objectifs : - maintenir un suspense en révélant progressivement les événements. - rendre compte du caractère tabou de la situation et de l’importance du secret. Cela témoigne aussi d’une volonté d’export du film, car il n’est nul besoin d’expliquer le problème aux Coréens. Ce double échec pourrait ne pas être si important s’il n’y avait pas dans le film ces quelques plans pseudo-auteuristes comme celui où la femme apprend qu’elle est déchue de l’enquête. Elle est filmée de face en un plan complètement flou. Le flou se dissipe au fur et à mesure qu’elle expose la situation, mais sans parvenir au net. Un violent cut interrompt le plan qui est mis en raccord avec le visage de son supérieur, parfaitement net et filmé de profil. Quelle charmante expression du “tendre vers le vrai sans y parvenir”, et qui fait appel à Godard (Nouvelle Vague). Nous pouvons aussi noter que la fin de cette scène est l’unique moment du film où les paroles prononcées sont en français : “saluez moi La Suisse et Genève” (il vit où Godard au fait ! ). Enfin, le plan de profil du supérieur montre bien que, définitivement, elle ne regarde pas dans la bonne direction… Cessons donc de perdre notre temps.

Ainsi, JSA est distrayant, on peut y trouver son plaisir, le mien vient juste du contexte dans lequel je l’ai vu, mais à bien y regarder, il ne s’agit que de ce que les Coréens font encore trop souvent : un milk-shake pas très bien dosé. Ce type de production témoigne néanmoins d’une grande maîtrise technique et d’une volonté de bien faire. Comme en témoignait récemment jo Geun shik, le réalisateur de Conduct Zero, les réalisateurs coréens sont jeunes pour la plupart, le cinéma coréen est lui-même jeune, par manque d’intérêt pour la conservation et une volonté d’oublier les années noires que le pays a connues, ils n’ont pas de patrimoine cinématographique, de cinéma typiquement coréen. Souhaitons que tout cela permettra au cinéma coréen de tendre vers une maturité dans laquelle il trouvera ses propres marques pour nous offrir enfin une production moyenne de caractère.



20 mai 2003
par MLF




Talent pas encore (trop) gâché

Avec JSA, Park Chan-wook signait une réussite du thriller politique au succès à domicile mérité et son meilleur long métrage à ce jour. Il a depuis gâché le talent entrevu ici à coup de films sentant le faux chef d'oeuvre (les deux premiers opus vengeurs) ou juste ratés (la suite). La première demi-heure du film contient d’ailleurs certains défauts des pires moments de sa trilogie de la vengeance. La réalisation y fait souvent dans le tape à l'œil. Le dispositif du film fait d’allers-retours temporels se met quant à lui en place de façon hautement laborieuse. De plus, les acteurs blancs jouent très mal.

Mais le film se met ensuite à véritablement décoller. La structure à la Rashomon du film n’est pourtant pas neuve et ce procédé a souvent été mal réutilisé par les petits malins. Sauf que la construction narrative des deux derniers tiers évite ce type de travers: les allers-retours temporels y arrivent toujours au moment opportun. Du coup, ils renforcent une émotion qui ira crescendo tout le long du film. Contrairement aux films suivants du cinéaste, la recherche de l'efficacité ne se confond pas avec le désir de trop en faire. Et le cinéaste intègre ici remarquablement un burlesque kitanien à un blockbuster de guerre froide. La subtilité du scénario contraste d’ailleurs avec la lourdeur de ceux des autres blockbusters Nord/Sud qui le précédèrent et le suivirent. Et il s’agit à ce jour du seul film du "genre" qui cherche à vraiment décrire les rapports entre les deux nations et non à les utiliser comme prétexte à du (mauvais) grand spectacle. Pas de lourdeur démonstrative ni de philosophie de comptoir comme parfois dans les PARK Chan-wook suivants.

Les deux derniers tiers du film ne manquent pas en outre d’autres gros points forts. Un score superbement utilisé par exemple. SONG Kang-ho, SHIN Ha-gyun, LEE Byeong-heon et LEE Young-ae tous en état de grâce également. Et puis des effets tape à l’œil beaucoup plus rares un peu comme s’ils s’effaçaient devant la grandeur humaniste du tableau d’une réconciliation aussi évidente qu’impossible, d'êtres séparés par les circonstances politiques alors que tout les rapproche. On peut à ce stade mentionner un sens classique de la durée et quelques citations visuelles bien intégrées : LEONE  –les cadrages sur les yeux d’un personnage-, Lars VON TRIER –les mouvements en hélice-, DE PALMA  –les plans de dessus-. La forme fait le plus souvent dans un classicisme s’effaçant bien devant son sujet.

Du coup, le film est souvent désarmant de sincérité. Et s’il est loin du chef d’œuvre JSA est un "classique" du blockbuster Nord/Sud depuis jamais égalé. Et une des plus belles réussites récentes du cinéma populaire coréen.



30 mars 2002
par Ordell Robbie




Les retrouvailles d'un même peuple

Le film Coréen qui a fait couler beaucoup d'encre à son sujet et énorme succés au box-office local battant de nombreux records. Une telle popularité devant un film peut provoquer un sentiment d'inquiétude mais à la vision de ce film, toute crainte est effacée, attardons nous donc sur ce JSA (Joint Security Area du réalisateur (auteur) Chan-Wook Park qui signe ici son troisième (et grand)film.

Voila pour le contexte, abordons maintenant l'histoire même du film et les personnages qui la font vivre. Un meurtre non élucidé, tel est le point de départ du récit, le meurtre d'un soldat nord-coréen abattu dans des circonstances étrange. Chan-Woo Park dévoilera peu à peu des éléments qui permettront à l'inspectrice de reconsittuer entièrement le drame. Ce type de scénario n'est pas nouveau mais dans Joint Security Area, il fonctionne particulièrement bien et le suspens transparait tout le long du film.

Mais avant tout, JSA est un film sur les relations humaine et à ce niveau, il est tout simplement grandiose. L'amitié qui se tisse entre le trio de personnages est d'une grande finesse, on ne peut que se sentir proche de ses personnages à qui le fait de se retrouver ensemble chaque soir leur permettent d'oublier leur triste situation. Car JSA est un film qui dresse un constat amère et mélancolique de ces trois soldats victimes d'un absurde conflit politique. Tout le talent de Chan-Woo PArk est de montrer les "différences" entre ses personnages pour ensuite les détruire, ce qui mènera ensuite à leurs unité.

Pourtant le film ne fait jamais recours aux facilités que pourraient permettre un tel scénario et le climax final est une descente aux enfers qui détruira un parun tous les liens qui ont pu être construits par ces trois soldats. Un faux pas de la part d'un soldat communiste suffit à déclencher une véritable réaction en chaîne, provoquant mort et désarrois. Par la suite, le geste accompli par le sergent Ohkyung-Phil est dans la logique du film et totalement dans son esprit.

N'oublions pas non plus la prestation des acteurs qui sont pour beaucoup dans la réussite de ce film, avec une préférence pour Kang-Ho Song inoubliable en soldat communiste. Ce dernier possède une étonnante palette d'expréssions alliant paradoxalment sérieux et comique, comme cette scène ou il recrache un gateau au chocolat pour bien faire comprendre à son amis (Ohkyung-Phil) qu'il n'a pas l'intention de quitter son pays. Et quand on voit sa prestation dans un film d'un tout autre registre The Foul King, plus aucun doutes subsistent, c'est un grand acteur que l'on doit suivre de prés.

Ce n'est pourtant pas dans cette noirceur que Chan-Woo Park terminera son film, mais sur une touche d'espoir qui rappelle d'un coup toute l'importance qu'a put représenter une telle amitié. Cette photo (prise par un touriste au début du film) ou chaque personnage est apperçu brièvement, était la conclusion parfaite d'un film qui restera pendant longtemps gravé dans les mémoires .



04 mai 2001
par Sonatine




Un film dans le fond classique, parsemé de moments de grâce.

Si JSA ne demeure pas mon Park Chan-Wook préféré, il s'agit peut-être ici de l'un de ses films les plus classiques, évitant de prendre de gros risques malgré un sujet délicat à traiter. Dans le fond, ce n'est qu'un plaidoyer sur la prise de conscience entre les différentes troupes Nord/sud Coréennes, et que faire toutes ces guéguerres ne servent à rien. Park a raison, et nous le montre par l'intermédiaire de personnages souvent pittoresques et attachants, faisant chacun preuve de générosité, d'humanisme et d'un grand sens du naturel. Sous bien des aspects, JSA est un déroutant métrage fonctionnant sur les mécanismes de flash-back/up superposé d'une enquête interne réalisée par le major Jean (interprété par Lee Young-Ae rayonnante lorsqu'elle sourit) voulant à tout prix recueillir les témoignages des principaux concernés dans l'affaire de meurtre dont il est question. Une affaire qui rassemble 4 soldats (dont un extraordinaire Song Kang-Ho) qui par un soir ont parfaitement mal agis sous l'effet de la peur et des représailles. En effet, il était ici question d'un regroupement purement amical entre un groupe de soldat du nord (ou sud, de mémoire je ne sais plus) accueillant un soldat du camp adverse pour prouver qu'il n'existe pas de tensions et que l'on peut très bien se respecter malgré les différences politiques.

JSA est alors une oeuvre bien construite, prenant le temps d'expliquer pas à pas les faits et même d'y insister pour ne pas se sentir perdu (utilisation récurrente de flash-back). Il faut dire que l'histoire est complexe, les faits des "accusés" diffèrent chacun (non sans rappeler Rashômon tiens) et l'on prend plaisir à jouer avec Park Chan-Wook sur qui dit quoi, qui dit vrai. La vérité sort de la bouche des gosses, ça tombe mal, il n'y a aucun enfant ici. Oh et puis si, les soldats sont en fait de grands enfants, réapprenant à jouer quand la nuit tombe (jeux de bousculade, partie de carte, etc) dans une ambiance quasi festive, ironique, amusante, attachante. Oui, on s'attache aux soldats, Song Kang-Ho absolument impérial, grand comédien, géni de l'interprétation, il y a aussi l'impeccable Shin Ha-Kyun, et la sublimissime Lee Yeong-Ae qui lorsqu'elle sourit, pourrait très bien faire parti des plus belles actrices d'Asie.

Toute cette alchimie, toute cette mécanique bien huilée est aussi sublimée par la réalisation de Park Chan-Wook. Oui, l'ensemble fait souvent preuve de "trop", mais bon sang on est au cinéma! C'est l'espace, l'endroit voir le moyen le plus parfait d'exprimer ses envies, ses ambitions, et même son géni créatif. Park Chan-Wook mérite de faire de l'esbroufe autant qu'un Peter Jackson et ses trolls numériques filmés dans tous les sens. Quand c'est beau, on ne va pas rechigner, non? JSA est donc un beau film, tout simplement, beau et emprunt d'un regard optimiste immédiatement contredit par cette séquence finale. C'est la force de Park Chan-Wook, celle de faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes, le calme avant la tempête, jusqu'à ce que tout pète sans avoir été prévenu.



05 octobre 2006
par Xavier Chanoine


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