| Arnaud Mirloup | 2.25 | Démarche imparfaite |
| François | 3 | Un thriller très (trop) anticommercial |
| jeffy | 4.25 ![]() |
Ce film est une bombe |
| Ordell Robbie | 2.25 | Anticommercial? |
| Zalem | 2 |
Louable, certes, mais il n'empêche que Gordon Chan s'est loupé. L'histoire nous ballade, nous perd dans ses enjeux, ses faux évènements, mais à l'arrivée l'impression de vide demeure et le bilan se fait plutôt négatif. L'attrait du cinéma est de divertir, on ne peut pas cracher sur cette intention impunément. Dès lors il aurait fallu réussir des scènes d'action, maîtriser certaines tensions, même si l'idée voulait qu'on les étouffa à terme. Ca n'est pas le cas. Reste qu'il est plaisant de voir tous ces hommes agissant autour d'une belle femme, enrichissant des actions juste pour rester dans ses parages, et il est aussi très futé de nous montrer cette même femme se croire dans un monde qui n'est pas celui que l'on croit, s'inventer une vie et des intérêts qui n'existent que parce que quelques hommes entretiennent son quotidien. Ce qu'elle se refuse un peu à voir. Au personnage d'Antony Wong de tirer sa petite épingle de ce petit jeu, une petite meule de foin s'embrasant quelques secondes avant de s'éteindre aussitôt. Les héros du quotidien sont ennuyeux, c'est là le paradoxe de toute une vie. Et celui de ce film.
Critique non spoileuse:
Pour vraiment profiter d'A1, il faut le voir sans lire de critique. Gordon Chan est loin d'être un mauvais réalisateur et scénariste, et le casting devrait suffir à vous convaincre. A1 est un thriller lent basé essentiellement sur les personnages et le thème de l'information. Le casting fait du bon travail, que ce soit Anthony Wong, Tony Leung ou même Edison Chen. Gordon Chan construit un scénario plus intelligent qu'il n'y paraît et sûrement plus malin que ce que la majorité des critiques vous en dira. Tentez donc l'expérience et lisez la critique suivante ensuite afin de pouvoir comparer les points de vue.
ATTENTION, CRITIQUE SPOILEUSE
Sortant d'A1, avec son réalisateur dont on attendait le retour, avec son casting de stars, son récit plutôt bien mené même si assez lentement, on est immédiatement déçu. Déçu parce qu'à quoi nous a mené ce thriller? A rien en gros. Tout ça pour ça donc? Sauf qu'en y repensant un peu, on en vient à deux conclusions possibles: tout cela était voulu et faussement spectaculaire à dessein, ou bien vraiment râté. Et Tony Leung Ka-Fai, Anthony Wong, Angelica Lee qui signent tous pour un scénario au final complètement râté, ça ne vous paraît pas un peu gros quand même? Vérifions, non, ils ne sont pas sous contrat avec ce studio... Reste alors la première conclusion et surtout une constatation un peu alarmante: j'ai le cerveau formaté par tous ces films à formules, ces thrillers conduisant évidemment à une solution étonnante que tout bon spectateur s'est évertué à chercher pendant tout le film. Et pour une fois qu'on nous présente un film franchement anti-commercial et anti-formule, j'ai failli le trouver mauvais? Pauvre de moi...
Il faut dire que tout le début du film sent bon le thriller bien foutu, bien filmé, avec de bons acteurs, un suspense bien mené et difficile à déchiffrer. Qui est le commanditaire? Ma voisine me souffle "Leung Ka-Fai!", j'hésite. Tout le monde cherche, le piège fonctionne à plein régime. On se plaît surtout à voir un casting aussi étoffé. Anthony Wong face à Tony Leung Ka-Fai, c'est pas tous les jours, et les deux héritent de personnages ambigües, et délivrent d'excellentes performances. On ajoute une Angelica Lee décente même si limitée par un rôle plus simpliste, un Eric Kot Man-Fai irrésistible en acolyte très maniéré et un Edison Chen décidemment en net progrès depuis quelques films. Le tout est bien mis en scène de manière très sobre par un Gordon Chan visiblement soucieux de s'effacer - en tant que réalisateur - devant son scénario.
Et il faut dire que ce scénario se révèle être suicidaire au niveau commercial: rythme très posé, pour ne pas dire franchement lent, personnages ambigüs et aux relations pas toujours très claires, conclusion décevante au premier abord puis finalement tout à fait cohérente avec l'ensemble du projet. Pas de conclusion formulatique ici, pas de romance formulatique, de scènes formulatiques, si bien que le film se montre finalement trop original face à un public formaté par des films de genre certes efficaces, mais de genre quand même, donc codifiés. Un comble donc, alors que tout le monde se plaint du manque d'imagination du cinéma actuel, voici un thriller complètement anti-commercial mais qui s'auto-détruit de part son concept même.
Alors que faire, recommander le film? L'ensemble est très bien interprété, bien mis en scène même si le rythme et la musique aurait pu être améliorés, malin dans son scénario et cohérent dans son propos. Cela n'en fait pas un chef d'oeuvre pour autant, mais cela reste un bon film fait avec sérieux et intelligence. Sauf que la démonstration est sûrement beaucoup trop dangereuse pour la plupart des spectateurs. A1 restera sûrement comme l'un des films les plus incompris de l'année, dont à la fois le fond et la forme soulignent le message. Bref, un exercice de style sans filet franchement osé. Les mauvais résultats au box office local confirment hélas l'échec de l'entreprise. Et c'est bien dommage...


Anticommercial A1 Headline? Différent du tout venant de la production hongkongaise certes... Mais faut-il pour autant lui en faire crédit? Parce qu'à ce rythme-là il faudrait avoir de l'estime pour le moindre navet indie US sous prétexte qu'il ne cherche pas la voie de l'efficacité blockbustérienne. Etre différent ne signfie pas forcément etre original cinématographiquement ni avoir un intéret cinématographique. Et à vouloir etre à contre-courant du reste de la production hongkongaise Gordon Chan finit par offrir un thriller raté. Le cinéaste avait pourtant précédemment tenté avec succès d'amener du neuf sous le soleil du cinéma de genre HK avec Beast Cops, ce qui rend la déception d'autant plus amère. Malgré des audaces sombrant dans l'épate visuelle, le film commence pourtant bien. On est intrigué par le suspense d'un début de film souvent réalisé de façon sobre. On se dit à ce stade que Gordon Chan va nous offrir un nouveau film de genre réussi. Mais c'est ce désir affiché de singularité qui va tuer le film sur le long terme. Angelica Lee et Edison Chen sont certes corrects tandis qu'Anthony Wong et Tony Leung Ka Fai sont excellents. Sauf qu'ils ne peuvent rien contre une lenteur rythmique ne faisant écho à aucun élément du scénario. En découpant son film à l'opposé des canons d'efficacité dramatique, Gordon Chan tue toute tension dans un récit qui devient vite pas très palpitant à suivre. Qui plus est, les personnages sont soit pas assez écrits, soit tellement ambigus qu'ils n'en sont pas attachants. La mise en scène demeure elle sobre avec quelques accès d'épate. A force d'aller à contre-courant de l'attente de l'amateur de thriller, Gordon Chan oublie simplement d'offrir un bon thriller. Dommage vu que la tentative n'était pas inintéréssante...


