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A la verticale de l'été

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les avis de Cinemasie

6 critiques: 3.46/5

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28 critiques: 3.47/5



Elise 2.5 pas réellement convaincu
Ghost Dog 4 C'est le film idéal pour évoquer l'été: tranquille, insouciant et beau !
Junta 4.25 Superbe photographie, beaucoup de non-dits, très beau film.
MLF 2.75
Tenebres83 4
Xavier Chanoine 3.25 Mécanique très -trop- huilée
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


pas réellement convaincu

C'est la première fois que je regarde un film vietnamien et je n'ai pas vraiment accroché au récit ; à mon gout un peu trop long et compliqué. Entre les trois soeurs, j'ai eu du mal à ne pas me perdre entre les différentes histoires, des fois je ne faisais même pas gaffe que la fille sur qui était centré le récit était une des trois soeurs, tellement je m'y perdait dans l'histoire. Je me suis pas mal ennuyé ; les malheurs des filles ne m'ont pas réellement touché, ça a l'air un peu superficiel et je ne suis pas non plus convaincu par le jeu des actrices ; et pire, à la fin, quand la fille dit en pleurant "Moi aussi je suis enceinte", j'ai explosé de rire alors que ca aurait du être triste bon dieu (déjà que je rigolais quand elle se fait piquer son annonce par sa soeur). Cela dit le scénario est relativement intéressant si on arrive à le suivre bien mais aurait quand même mérité d'être plus clair. La photo est très jolie, on sent les couleurs chaudes (c'est l'été quoi) et les plans sont très jolis, c'est déjà bien et ça nous montre comment ça à l'air très beau le Vietnam.

17 octobre 2004
par Elise




C'est le film idéal pour évoquer l'été: tranquille, insouciant et beau !

Dès que le film démarre, on ne peut y résister: on se sent bien. Cela commence par une langoureuse séance d'étirement après une longue nuit où la chaleur fut moite, dans une chambre où dorment un frère et une soeur ( et quelle soeur! voir ci-dessus), sur une chanson anglophone non moins sensuelle; ça continue avec des couleurs vives, qui éclatent à nos yeux comme autant de feux d'artifices, des jardins, des paysages somptueux (la baie d'Along) et toujours des personnages qui vivent au ralenti, au rythme de la saison, de sa chaleur écrasante et de ses orages réguliers qui inondent les rues de la ville. Une gloire à la sieste, aux vacances, aux discussions sur tout et sur rien entre amis ou entre membres d'une même famille.

Il n'y a ici pas de scénario bien défini, ni même de véritable fil conducteur, si ce n'est le personnage qu'interprête Tran Nu Yen Khe ( la soeur de tout à l'heure - voir ci-dessus). Les saynètes s'enchainent donc sans contraintes, comme pour saisir au mieux ces petits moments de la vie, furtifs et sans prétention certes, mais qui rendent heureux. Tran Anh Hung réussit ainsi le pari de ne pas faire ressembler son film à une carte postale, jolie mais superficielle.

Ceux qui pensent s'ennuyer devant l'esthétisme à première vue un peu creux du film peuvent s'amuser à chercher les rapports verticaux/horizontaux qui relient pas mal de choses, comme le suggère le titre: le soleil au plus haut dans le ciel ( à la verticale donc) fait allonger les corps pour une sieste de quelques heures; la fumée des cierges qui s'élève dans les airs célèbre la mémoire d'un défunt couché dans sa tombe;... ( et ça n'est pas parce que j'ai joué à ce jeu que je me suis forcément ennuyé!)

Et pour ceux que l'esthétisme et le jeu horizontal/vertical ennuyent encore, il n'y a plus qu'une solution: passer ces 135 minutes à s'extasier devant Tran Nu Yen Khe! Tran Nu Yen Khe... Quelle femme! Tout en elle est à se damner... Un corps splendide, un visage angélique, un sourire ravissant, de l'humour, une intelligence raffinée, et des cheveux!... d'un noir extraordinaire: on a envie de s'y perdre, de s'y noyer, de s'ennivrer de leur odeur! Veinard Tran Anh Hung (c'est sa femme...). En tout cas, celui qui résiste à la dernière scène où elle danse seule en pyjama dans sa chambre, les yeux fermés, ses mains se baladant dans ses cheveux, son corps se trémoussant lentement au rythme d'une mélodie langoureuse, est vraiment de mauvaise foi ou à des goûts très discutables... Même les femmes sont sous le charme!

Et grâce à elle, mais pas seulement, on sort de la salle avec le sourire, même si dehors il pleut et que notre quotidien pas forcément joyeux reprend le dessus.



22 octobre 2000
par Ghost Dog




Mécanique très -trop- huilée

Bande annonce

A la verticale de l’été
est un film dont les mécaniques reposent sur un dispositif formel et narratif cliché du film d’auteur. Encore plus cliché lorsque le film en question a le malheur de provenir du Vietnam, avec dans ses bagages, tout l’exotisme qui peut en découler : intérieurs colorés aux fenêtres ouvertes, végétaux imposants, pluie diluvienne laissant place à d’aveuglants rayons de soleil, recettes culinaires préparées accroupi, non-dits gênés, importance du cercle familial. Mais également ces moments de bien-être au réveil, ces danses improvisées entre frères et sœurs, ces siestes par paquets. Tran Ahn Hung n’en oublie pas les voyages à l’intérieur du pays : on navigue entre Saigon et Hanoï pour retourner vers une chambre d’hôtel ou une chambre tout court, pour s’y reposer, se taire, et se libérer par une confession déplacée. Comme si la moindre nouvelle –l’une des sœurs avoue qu’elle est enceinte depuis quelques petits mois- pouvait provoquer un séisme dans ce quotidien pépère, porté par les bruits extérieurs, les musiques anglo-saxonnes et les cuissons de patates douces. Cliché ? Certes.

Mais cette harmonie, ces instants de grâce et de légèreté, ne sauraient cacher la volonté du cinéaste de faire de cette Verticale de l’été, un film de pure géométrie. Géométrie du cadre, géométrie des émotions et des sons, redite précise et constante de ce qui est proposé dès le premier quart d’heure jusqu’au dernier. Cette géométrie bascule même vers la symétrie, où chaque personnage dispose très souvent de son double à l’écran (une sœur, un époux, un amant), comme des êtres enfermés dans un cadre parfaitement découpé mais distillant un désagréable parfum de film étalant son attirail de techniques de mise en scène, de dispositifs prémâchés, de séquences à la texture certes fabuleuse mais qui n’arrivent pas à dissimuler cette idée de maniaquerie absolue.

La recherche du cadre est évidente, la pose l’est hélas tout autant. Il faut voir ces nombreux instants où l’on ne dit mot, où l’on se fait face pour ensuite se tourner le dos et mieux se retrouver, enlacés. Inutile de chercher l’épure d’un simple champ/contre-champ, Tran Ahn Hung capte l’instant en un plan trois mouvements, et sa réalisation en devient alors extrêmement complexe et recherchée, au détriment de la simplicité qui aurait pu découler d’une après-midi passée à se délasser. Mais attention, il se passe bien des choses dans cette élégante Verticale, mais ce sont des histoires qui n’ont que peu d’importance au final. On connaît déjà l’adultère au cinéma, tout comme le secret. D’ailleurs, l’intrigue –ou fil conducteur si l’on veut faire chic- ne semble pas intéresser le cinéaste plus que cela. Peu de conviction, peu d’intéressement, juste du filmage. Et Tran Ahn Hung sait capter l’instant d’un soupire, d’un chagrin, la sensualité d’un étirement au lit ou d’une danse improvisée, pour façonner s’il le fallait encore, la pierre précieuse que représente tout de même son cinéma.



03 novembre 2009
par Xavier Chanoine


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