| Arnaud Mirloup | 4.75 ![]() |
Un clip de ouf pour le groupe Dead Can Dance |
| drélium | 4.5 ![]() |
Sublime doc dans la lignée de la trilogie Qatsi. Rêveur et beau à mourir. |
| Ghost Dog | 4.75 ![]() |
Fabuleux tour du monde |

Documentaire, livre d'images musical, réflexion sur le rapport entre l'Homme et la Nature, grand trip visuel, Baraka est tout cela à la fois et donne autant à voir qu'à penser. En juxtaposant des plans somptueux de paysages grandioses, d'animaux, d'hommes et de femmes, de villes ultramodernes, de bidonvilles désespérants, de ciel étoilé ou de chaine industrielle implacable, Ron Fricke met en parallèle, oppose, confronte les éléments terrestres et célestes, et montre l'être humain dans toute sa complexité : simplicité de vie d'ethnies ou de communautés d'Afrique et d'Asie toutes entières dévouées aux forces (sur)naturelles à travers des célébrations de grande ampleur (stupéfiante séance de méditation braillante et mouvante, danses traditionnelles, moines zen), mais aussi horreur économique où les hommes s'entassent - vivants ou morts - dans des cages à lapins, vivent à cent à l'heure en oubliant le reste, traitent les animaux et les végétaux comme de vulgaires produits de consommation, et même les hommes eux-mêmes à l'image de ce bouleversant visage de prostituée taiwanaise sur le pas de la porte d'une maison close.
On pourrait penser le procédé caricatural, voire manichéen, mais il n'en est rien. Fricke est suffisamment subtil pour ne pas prendre position et laisser libre opinion au spectateur en lui faisant prendre de la hauteur, du recul sur les images du monde qui lui sont renvoyées. Et on peut même le trouver philosophe lorsqu'il conclue son film sur des plans de ciels crépusculaires, relativisant la petite taille de notre planète par rapport à l'immensité de l'univers. Après tout, nos petits problèmes de terriens ont-ils une quelconque importance ? Une réponse à rechercher en regardant pourquoi pas à nouveau le film, pour une longue et douce méditation sans fin...

