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Battlefield Heroes

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les avis de Cinemasie

1 critiques: 4/5

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2 critiques: 2.12/5



Fablin 4 Politic-fiction
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Politic-fiction

L'histoire des Trois Royaumes est considéré comme l'acte fondateur de la Corée, portant à l'esprit de tout écolier coréen le mythe de la réunification de la péninsule, qui a bien évidemment un écho tout particulier de nos jours. Chaque Coréen a fait au moins une fois (généralement beaucoup plus et surtout trop souvent) une sortie de classe à Kyongju, capitale historique de ce royaume de Shilla qui parvint à conquérir les deux autres. Mais Lee Jun-ik est un malin qui n'aime pas faire simplement un film historique comme un autre. Après tout, cette époque a déjà été maintes fois racontée au travers de films, séries dramas, manwhas et même jeux vidéo. Non, c'est beaucoup plus intéressant si on essaie de faire croire à une certaine véracité historique en racontant un déroulement des événements un poil différent, avec des personnages qui semblent issus de notre quotidien, et qui n'arrêtent pas de se tirer dans les jambes et se poignarder dans le dos. Si vous avez déjà vu Once upon a Time in a Battlefield, vous savez déjà à quoi vous attendre, puisqu'il s'agit de sa suite directe.

Le schéma narratif de cet opus fonctionne exactement comme l'original. Les deux camps arrivent face à face, l'un s'est enfermé dans un fort, alors que l'autre est prêt à attendre. Le siège se transforme alors en une succession de tentatives foireuses pour provoquer l'adversaire ou deviner sa prochaine action. Cela semble réglementé comme une rencontre sportive, et c'est donc pas un hasard si on y retrouve aussi les ancêtres de supporters de foot. Les joutes ne se font pas forcément par l'épée, mais aussi verbalement, comme les battles entre rappers. C'est pas très fin, et ça finit souvent par une exhibition de postérieurs. Mais tout ça se fait dans le but de désacraliser le moment historique.

D'ailleurs il n'y a que très peu de véritables combats dans ce film. En tout cas ce n'est rien en comparaison des dialogues en abondance et de la place qu'ils prennent en intérêt. Tout d'abord, le langage est celui d'aujourd'hui. Vous avez peut-être remarqué cette manie qu'on retrouver chez nous, qui consiste à représenter tous les personnages historiques comme des experts de la prose. Ici, non seulement ils parlent comme des gens normaux, mais en plus en utilisant les expressions d'usage courant, voire même les accents actuels de leurs régions d'origine. Lee Jun-ik utilise ainsi le même décalage humoristique mythe-langage que dans la série Kaamelot.

Le réalisateur préfère aussi montrer l'envers du décor plutôt que les combats. Ces derniers sont expédiés en quelques plans, alors que toute la préparation et les négociations prennent du temps à l'écran. De la même façon que les Alliés négociaient déjà de l'après-guerre avant même la capitulation nazie, les trois belligérants sont déjà en train de négocier leur alliance fortuite, leur rédition, et tout semble ne tenir qu'à quelques paroles. C'est parfois difficile à s'y retrouver au milieu de cette géo-politique historique, mais très gratifiant. On nous offre également en contrepoint le vécu de simples soldats sous les ordres qui subissent les conséquences directes des décisions prises en haut, avec des ordres qui peuvent changer du tout au tout sur le champ de bataille.

Dans l'ensemble, cette suite me plait plus que l'original grâce à ses conspirations multiples et plus de plans débiles. Le nombre de personnages explose, tous ne sont bien sûr pas intéressants, et on peut s'y perdre si on ne parvient pas à mettre un nom sur certains visages. Mais le temps ne semble jamais trop long, on change constamment de perspective pour l'issue du combat, et on a même droit à la morale pacifiste.

A noter toutefois que le faible succès au box office a poussé Lee Jun-ik à déclarer qu'il abandonnerait la réalisation. A voir s'il s'y tiendra, car il tiend là sa meilleure oeuvre de ces dernières années.

24 janvier 2012
par Fablin


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