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The Blue Generation

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1 critiques: 2.25/5

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Bastian Meiresonne 2.25


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Chants funèbres

"Blue Generation" est en fait un curieux documentaire musical consacré à "SLANK", un groupe indonésien culte au moins aussi célébré dans leur pays d'origine, que des groupes mondiaux de la trempe de "U 2".
 
Formé par des ados d'un quartier défavorisé au début des années 1980, le groupe va enregistrer son premier album au début des années 1990 avant de s'imposer en véritable icône de la génération "MTV ASIA" durant la fin des années 1990 et 2000. La formation initiale ne cesse d'évoluer au fil des ans en raison de nombreux départs et désistements pour des disputes entre membres, histoires de drogues et changements dans le style musical; en revanche, le leitmotiv n'aura jamais changé au fil des ans: être les porte-paroles des adolescents des profondes injustices sociales du pays. Le groupe a donc été sujet à des très nombreuses menaces de la part des instances gouvernementales et s'est retrouvé accusé de nombreux propos "diffamatoires" pour avoir osé s'attaquer à la corruption des hautes instances et dénoncer les nombreuses "disparitions" par nuit et brouillard d'opposants au régiment ou dissidents politiques.
 
Le documentaire est un véritable patchwork coréalisé par Garin Nugroho (l'un des plus fameux réalisateurs des années 1990 et 2000 et qui a récemment bénéficié d'une sortie en salles françaises de son curieux "Opera Jawa"), John De Rantau, Dosy Omar. On y voit des très larges extraits de concerts à la gloire de l'actuelle formation, entrecoupées par des interviews avec les différents membres, des messages d'amour de la part de leurs fans, mais aussi des curieuses chorégraphies exécutées par différents danseurs et danseuses dans un énorme entrepôt, soi-disant "quartier général" du groupe (ces séquences très balourdes et chiantes, font furieusement penser aux expérimentations dans "Opera Jawa"). Certaines séquences animées permettent également de faire passer plus facilement des messages antipolitiques.
 
Le tout est incroyablement prétentieux et nombriliste et se focalise essentiellement sur le chanteur bellâtre Kaka et le charismatique guitariste Bimbin, pendant indonésien de l'américain Keith Richards des "Rolling Stones" (jusque dans son look d'ex-junkie alcoolo ravagé). Ils sont entourés de belles femmes, se baladent la plupart du temps torse nu, répondent aux adulations de leurs fans d'un air blasé, se positionnent en pourfendeurs des valeurs morales, redonnent le goût de vivre à des enfants muets et se transforment même en héros d'un jeu vidéo le temps d'une séquence animée très vidéo-like…
 
En même temps, la plupart des chansons sont franchement entraînantes (sauf leurs bluettes sirupeuses) et le documentaire a tout de même l'audace de soulever de nombreux sujets tabous dans une Indonésie de plus en plus muselée par la montée d'un extrémisme musulman. Il y a d'ailleurs quelques séquences étonnantes, comme la fouille au corps tout sauf respectueuse des militaires à l'entrée du concert et l'obligation des jeunes indonésiens à devoir abandonner leurs ceintures à l'entrée du stade (elles pourraient servir d'arme), quitte à perdre leur Baggy en allant voir le concert…


04 août 2009
par Bastian Meiresonne


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