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Flash Point

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les avis de Cinemasie

5 critiques: 2.3/5

vos avis

19 critiques: 3.2/5



Arnaud Mirloup 3.5 Poing éclair dans ta tronche
Astec 2 Flash Effect
Carth 1.75 D'une incroyable superficialité
drélium 2 Bon final. Pour le reste, à baffer.
François 2.25 1,5 combat, un peu court pour réussir un film
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Poing éclair dans ta tronche

Le « Flash Point » ou « point éclair » est la « température la plus basse à laquelle un liquide considéré fournit suffisamment de vapeurs pour former, avec l'air ambiant, un mélange gazeux qui s'enflamme sous l'effet d'une source d'énergie calorifique telle qu'une flamme pilote, mais pas suffisamment pour que la combustion s'entretienne d'elle-même (pour ceci, il faut atteindre le point d'inflammation). Si l'inflammation ne nécessite pas de flamme pilote, on parle alors d'auto-inflammation. » (Wikipedia).

1 – Donnie Yen est-il un liquide ?

Le corps d'un homme est constitué de 60-70% d'eau. Donnie Yen étant un homme, on peut en effet considérer qu'il est (un peu) liquide, donc soumis à la règle ci-dessus.

2 – Quelle est notre « flamme pilote » ?

Il s'agit du déclencheur. Quoi de mieux que le kidnapping de la jolie meuf à Louis Koo (rhaaa Fan Bing bing !), meilleur pote de Donnie, pour faire office de « femme pilote » ?...

3 – Y a t'il un point d'inflammation entretenant la combustion, point d'interrogation ?

Pas besoin, le caractère sensible du Donnie Yen entraîne un potentiel d'auto-inflammation très élevé. N'importe quel point de détail justifiant une bagarre est toujours bon à prendre chez Donnie. Comme disait Coluche : « c'est un mec, quand il t’attaque pas il cherche qu'à se défendre. »

Flash Point réitère la réussite de SPL, la surprise en moins. On a là un bon cinéaste, l’ego et les chorégraphies de Donnie Yen, ainsi qu’une mise en place et un crescendo distrayants d'un peu moins d'une heure, puis la baston finale franchement homérique – répétons-le : ho-mé-rique ! – de plus d’une vingtaine de minutes. De la bonne castagne, émaillée auparavant de beaucoup de ces petites évasions cinématographiques chères à Wilson Yip : la pile de la télécommande d'une bombe tombant dans un escalier, un meurtre aussi rapide que bluffant sur un parking, et un passage pour le moins décalé : des vieux, sur une plage, d’abord hésitants, qui courent ensuite se baigner dans le fleuve interdit à la baignade. Cette scène illustre joliment ce besoin de faire des choses interdites, d’oser, ces vieillards ternes retrouvant de leur sourire le temps de cette bêtise de gamin. Ils justifient ainsi à la fois la brillance du vilain (le charisme de Ray Lui en impose) et les excès à priori inexcusables du flic joué par Donnie. Tous attrayants, fascinants. Mais raisonnablement interdits.

La photo est classe, ça a de la gueule, et Yip emballe ça bien comme il faut. Avec qui plus est ce « petit plus » HK qu'on aime tant, et qui commençait à nous manquer: la scène too much. Après un fight dans un ascenseur - qu’il m’a d’ailleurs plu de voir comme une forme de revanche imagée de Tony Leung sur Andy Lau et ses potes dans Infernal Affairs - un bad guy jette une gosse qui, après un long vol plané, s'en va s'écraser dans un caniveau. BEUÂÂÂRH !! A Donnie d'avoir sa carte blanche pour démolir le bonhomme. Et, sans déconner, à la fin de la bagarre on a mal pour le mec. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de ce film : Donnie le kiné plie à ce point les vilains qu’on en arrive à penser que le méchant, c’est lui. Normal quelque part : il n'a jamais été aussi convaincant dramatiquement que dans des rôles de bad guy (L’auberge du dragon, OUATIC II…). Il n’a pas une tête de gentil le Donnie. Ca donne envie d’être méchant. Grrrrrrrrr… Flash Point défoule donc méchamment. Et ça fait du bien.

Très bienvenu : le second degré entourant la branlos attitude de Yen. La combinaison « buddy movie » avec l’ici excellent Louis Koo fonctionne du feu de dieu, ce dernier n'arrêtant pas de vanner notre catcheur sur sa violence excessive et sa propension à montrer ses pectoraux de branlou.

Mal venu : une grand-mère se ballade dans le métrage. Jamais elle ne se prend un kick en pleine face. On aurait bien aimé tant elle nous casse les bonbons.



16 octobre 2007
par Arnaud Mirloup




Flash Effect

SPL tenait plutôt bien la route dans son registre, le casting n'y étant pas étranger. Flash Point, dans le même registre de thriller martial, est loin de proposer autant de qualité dans sa distribution. Tout le casting joue ainsi quelques tons en-dessous et cela ne fait que mettre plus en valeur les autres carences de cette production : scénario prétexte, peu de scènes d'action, longueurs de mise en scène et effets visuels trop faciles. Ce n'est que lorsque la narration en vient au combat que l'ensemble retrouve de l'intérêt : c'est efficace sans atteindre l'intensité dramatique des combats de SPL. La déception est là. Sans être un ratage complet, ce troisième film de suite du duo YEN/YIP marque le pas d'une collaboration aux résultats inégaux si ce n'est l'affirmation de la "patte" corégraphique de Donnie YEN, ce qui en ces temps de disette n'est pas un mince résultat. Quant à la musique du générique de fin, on ne l'évoque même pas...



16 octobre 2007
par Astec




D'une incroyable superficialité

A partir de SPL, Wilson Yip est devenu ce qu'on appelle un tâcheron du polar bagarreur. Ce n'est pas une surprise, c'est un fait. Flash Point pouvait-il sauver le navire d'un très probable naufrage? Bien entendu, non. Pire encore, le réalisateur sous influences Bessoniennes parfaitement assumées se permet de codifier un genre à sa manière, car tandis que Johnnie To éclaire ses films à la lampe de poche depuis Running On Karma, Wilson Yip tourne ses films avec de véritables peintres en bâtiment fans de disco : alternances de couleurs chatoyantes où rouge et blanc cassé font bon ménage, petite préférence pour le rose fuchsia pour habiller des murs prêts à être fracassés en quatre, sans oublier quantité de vestiaires couleur bleu ciel sortis tout droit du van de Barbie. Non seulement le résultat est indigeste, mais il ampute le film d'une quelconque crédibilité déjà bien assommée par un casting globalement mal dirigé. Si Louis Koo ressort souvent grandi de ses belles performances chez Johnnie To, Donnie Yen reste égale à lui-même dans la médiocrité par son absence totale de charisme, affichant des émotions identiques aussi bien lorsqu'il discute que lorsqu'il distribue une palanquée de mandales. Et si il faut trouver de véritables qualités dans le dernier né de Wilson Yip, c'est bien dans l'exécution très agréable de ses chorégraphies donnant une vraie signification au renouveau du film martial. Les coups font -souvent- mal, l'utilisation des décors pour mettre en exergue la douleur et la puissance des enchaînements est aussi intéressante dans la mesure où elle s'avère souvent optimisée dans tous les cas : les corps rebondissent sur des barrières, se tordent, s'entremêlent comme dans un bon vieux free fight, et à Donnie Yen de faire preuve d'un bon savoir-faire dans le domaine, à défaut d'être convainquant lorsqu'il ne se dandine pas.

On regrettera l'absence totale d'humanisme de Wilson Yip (là où Johnnie To semble apporter un semblant d'humanité dans ses "portraits" de femme), dérouillant femmes et enfants avec une complaisance sans nom : on se demande encore l'intérêt de cette séquence où l'un des voyous suspend par les jambes une pauvre gamine, avant de la jeter vingt bons mètres plus loin, tout comme cette femme flic recevant une balle en pleine tête dans un ascenseur. Cette forme de violence débridée convient à l'esprit délibérément excessif de Flash Point mais le dessert dans un autre sens, pourtant il n'est guère impossible de mêler humanisme et violence au sein d'une même oeuvre. Mais là où Flash Point est impardonnable, c'est dans son inutile excès de tics visuels appartenant au registre de la pub ou du clip musical foireux et friqué, la séquence où Louis Koo, énervé, fait rugir les 500 chevaux de sa pauvre Toyota dans les collines sableuses fait penser à un mélange entre le Coolest Driver's High de L'Arc~en~ciel et le meilleur de Michael Bay (le cinéaste qui oriente son récit autour de poursuites en voiture), c'est à dire le pire du système Hollywoodien grand public actuel. Et cette séquence ne serait rien sans l'immonde bande-son accompagnant la moindre image. Ne cherchons pas plus loin, Flash Point n'a d'intérêt que dans ses quelques scènes de combat particulièrement bien réalisées, dont une finale entre Collin Chou et Donnie Yen qui nous ferait presque roter du sang.

04 novembre 2007
par Carth




1,5 combat, un peu court pour réussir un film

Après un SPL de très bonne qualité, puis un Dragon Tiger Gate très décrié (même si pas forcément si mauvais pour un gros film commercial), on attendait beaucoup de ce nouveau Wilson Yip / Donnie Yen. Probablement un peu trop, car le film vient à nouveau souligner que même les films orientés action ont besoin d'un scénario un minimum soigné pour éviter les baillements entre les scènes d'action. Comme ces dernières ne sont pas légion dans Flash Point, on s'ennuie assez vite.

Pourtant il y avait de quoi tenir la route, même si on en reste au minimum syndical. Préquel de SPL, Flashpoint mélange du déjà vu: un bout de SPL avec le policier aux méthodes expéditives, un bout de Infernal Affairs avec le policier infiltré (personnage obligatoire de tout film de triade HK qui se respecte depuis quelques années...), un petit coup de famille pour la touche Wilson Yip, du combat à la Donnie Yen (qui heureusement sauve les meubles), mais aucune originalité. Et surtout aucune vraie envie de faire quelque chose de prenant. Il y a eu bien pire comme scénario à Hong Kong, mais on a l'impression de voir une équipe un peu en roue libre ici, mis à part sur les combats. Szeto Kam-Yuen scénarise? On sent plus la commande "il faut capitaliser sur SPL" que le boulot très personnel. L'ambiance 1997? Absolument pas utilisé, on a du mal à comprendre l'intérêt du positionnement du récit à cette date. Wilson Yip fait du travail propre sur lui, avec quelques mouvements de caméra très sympas pendant les combats (le suplex arrière, terrible), mais globalement au niveau intensité dramatique, on frise le zéro. Louis Koo, Fan Bing Bing? Des rôles sans grand intérêt, donc ils ne tirent pas grand chose. Ray Lui n'a pas la prestance de ce bon vieux Samo dans SPL. On passera sur Xing Yu, très très mauvais acteur qui ne peut se rattraper que partiellement par ses qualités physiques. Reste finalement Collin Chou et Donnie Yen qui s'en tirent honorablement dramatiquement parlant avec des personnages monolithiques.

Mais c'est surtout lors de leur combat final qu'on atteint le niveau attendu sur ce genre de film. Rien de fondamentalement nouveau, mais du très haut niveau quand même. Ca va vite, c'est bien filmé, et le style est quand même assez peu commun. La Donnie's touch reprend ce qu'on avait vu de ses films précédents, à savoir une grosse louche de projections et clés, cette fois en plus sec que dans SPL, avec un peu plus de combat au sol, même si on en aimerait plus pour explorer d'autres formes de combat. Le reste se résume à du pied/poing assez direct, plus proche de la boxe thai que du kung-fu. Bref, sans être révolutionnaire c'est rafraîchissant et très bien troussé.

Ca ne vient hélas pas compenser toutes les autres lacunes. Même avec ses 87 minutes, le film ne tient pas vraiment la longueur. Cette histoire se regarde sans véritable déplaisir, mais sans passion aucune. Forcément décevant donc, on en gardera un combat et demi, trop peu pour pouvoir conseiller le film, sauf aux fans purs et durs de scène de combat peut-être.

16 octobre 2007
par François


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