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The Classic

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Gillesc 3 Sympa mais pas transcendant
Ordell Robbie 1.5 Un mélodrame de plus
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Sympa mais pas transcendant

Question mel, ya mieux ; la c'est relativement original ; une sorte d'histoire parallele avec la fille qui vit une romance en narrant celle de sa mere 25 ans auparavant. On pourrait imaginer que l'ancienne histoire sert de tremplin a la nouvelle, mais paradoxalement, c'est plutot la nouvelle qui comble les trous laisses par la vieille. En meme temps, l'histoire des annees 70 est plus interessante que celle de maintenant donc le choix est plutot judicieux ; il y a plus matiere a reflechir de ce cote la. Sinon j'ai bien aime les acteurs, la mise en scene generale pas vraiment entreprenante, plutot simple qui va relativement avec une photo sensiblement differente entre les annes 70 et maintenant. Bref, meme si c'est original, l'histoire ne m'a pas branche specialement et je trouve ca un peu trop melo ; je prefere quand meme de beaucoup "Lover's concerto", qui est certes plutot triste aussi, mais dont l'oringinalite se revele a la fin par une vraie revelation plutot qu'un truc qui sert a rien et, limite, dont on s'attendait sans vraiment y croire.

05 mars 2004
par Gillesc




Un mélodrame de plus

Après My Sassy Girl, Kwak Jae Yong persiste dans le film romantique mais en abandonnant à quelques blagues pétomanes près la dimension parodique du genre de son précédent film pour tenter le mélodrame pur. Comme celle d'une floppée de films romantiques coréens (Failan, il Mare, Ditto), la narration de the Classic tente de faire communiquer deux époques.

Le point de vue du scénario est néanmoins plus intéréssant que celui d'un Ditto: là où ce dernier montrait qu'on vivait mieux dans un pays démocratique que sous une dictature militaire, celui du film dresse un parallèle entre les difficultés sentimentales d'une mère et d'une fille, l'une du temps de la dictature militaire et des mariages arrangés, l'autre dans une Corée démocratique et censée etre plus libre niveau moeurs. Sauf que néanmoins il est plus pénible à voir que ce dernier film, faisant mentir l'adage gabinien de la "bonne histoire". On n'ira pas dire que Kwak Jae Yong fasse de la mise en scène "placement de père de famille" mais en prenant des risques il se plante aussi en beauté. Le cinéaste tente en effet d'appliquer à ses deux récits une mise en scène à la virtuosité classique: mouvements de caméra d'une grande ampleur, caméra tournoyant autour des personnages et usage récurrent des fondus enchainés. Sauf que si ces choix finissent par sombrer dans le tape à l'oeil.

Qui plus est, il essaie de donner en vain un vrai souffle romanesque à ses deux histoires d'amour: pour ce qui est de celle du passé, cela tombe à plat à cause d'un score musical très peu judicieux -lyrisme bidon, pastiches peu inspirés de Dylan et d'Oasis, slows variétoche dégoulinants- qui finit très vite par casser les pauvres oreilles du spectateur; dans celle du présent on tombe dans le cas classique dans le mélodrame coréen de la mise en exergue de personnages au destin ordinaire qui fait tout tomber à plat. Les clichés fleur bleue sont là (parapluie, lucioles, nature, adieu devant le train, retrouvailles, oiseaux) mais rien ne les magnifie. Du coup, c'est beaucoup plus mièvre et gnangnan que poignant. Sans parler de la scène de guerre au Viet Nam où le cinéaste tente de fusionner approche à la Il Faut Sauver le Soldat Ryan mal digérée et son ampleur "classique". Ou du Canon de Pachelbell qui revient en deuxième semaine pas mieux utilisé que la fois précédente. D'une Son Ye Jin dont le double role mère/fille ne fait pas oublier Nakayama Miho chez Iwai et de jeunes acteurs pas vraiments convaincants lorsqu'ils s'essaient au jeu outré.

Mais surtout avec ses plus de deux heures dix the Classic est beaucoup trop long, ajoutant à son accumulation poussive de clichés le manque de rythme. Alors que 2003 a offert quelques beaux mélodrames (Dolls, Loin du Paradis), the Classic rejoint la liste de ces films sans personnalité d'une cinématographie prisée des amateurs de cinéma asiatique orphelins de la chute de Hong Kong.



30 septembre 2003
par Ordell Robbie


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