| Arnaud Mirloup | 3.5 ![]() |
La fille du motel |
| François | 2.75 | Buddy movie sans surprise mais distrayant |
| Ghost Dog | 2 | Une série B efficace à défaut d’être originale |

"Drive" est un bon B qui assume son cahier des charges avec entrain. Notamment lors de cette scène de dingue dans un motel, monument d'action ET de cinéma où de la castagne inventive impressionne, agrémentée par la brève intrusion d’une comédie musicale gonflée enchaînant sur les chapeaux de roues avec encore quelques mandales histoire de faire durer le plaisir. Le vilain est énervé contre Marc Dacascos : « Ce mec là est trop balèze : tu lui files à bouffer de la farine et il te chie des cookies ». En guise d'After Eight, un tir de lance rocket sur le motel. Applause ! Sens du rythme époustouflant, légèreté de l’action, fraîcheur des chorégraphies, sourire coquin de Brittany Murphy et bras coupé volant dans les airs tout en continuant de balancer la purée d’un pistolet mitrailleur. Après, ça se calme, et à la fin du film seulement de retrouver un peu de cette folie là. Dacascos nous la joue crooner dansant dans un bar géant, destiné quelques secondes plus tard à devenir le décor de la grande finale. Bourrin mais, et c’est dommage, Brittany n’est plus là. Cela se ressent : hilarante et désirable en nympho tarée, ses mimiques de pouf sont pour beaucoup dans la réussite de cette poilade hargneuse.
Un scénario ultra-classique réunissant un black, séparé d’avec sa femme et tentant d’écrire des chansons d’amour dans un bar, et un asiatique venant de Hong-Kong avec un implant de 5 millions de dollars ainsi qu’une horde de mercenaires à ses trousses prêts à tout pour récupérer cette petite merveille de haute technologie, une course-poursuite de 1H40, une musique catastrophique, des dialogues quelconques et une photographie digne d’un téléfilm, Drive avait a priori tous les défauts du monde, justifiant une sortie directe en vidéo. Pourtant, l’amateur de films d’action pourra se réjouir de la présence d’un Dacascos en grande forme physique et de la mise en scène efficace de Steve Wang, permettant aux scènes de combat de jouer le rôle de défouloir. Les triples sauts périlleux, les coups de pieds retournés, les balayages et autres percussions de motos sont globalement impressionnantes, et l’on appréciera le combat final entre Dacascos et Kato Masaya, tous 2 vus dans Crying Freeman.
Si Kadeem Hardison n’est pas forcément convaincant en partenaire involontaire de Mark, la présence de Brittany Murphy en jeune fille déjantée, obsédée et en chaleur, apporte une touche d’humour bienvenue bien qu’on se lasse très vite de ses pitreries se terminant finalement en cul de sac (la morale sexuelle est sauve…). En bref, Drive une comédie d’action qui n’invente strictement rien, qui est empêtrée par les conventions et les fils blancs habituels à ce type de film, mais qui donne satisfaction au niveau des combats.

