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Eagle Shooting Heroes

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les avis de Cinemasie

6 critiques: 3.83/5

vos avis

15 critiques: 3.3/5



Alain 3.25
drélium 4 Un film de taré joué par des dingues à réserver aux cinglés.
jeffy 4.5 Ils ont osé
Junta 4.5 Gros gros délire, un must du genre, un incontournable de plus à HK !!!
MLF 3.25
Ordell Robbie 3.5 Feu d'artifice
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Ils ont osé

Difficile de décrire ce film,c'est tout et n'importe quoi mais qu'est ce que c'est bien foutu. Du fond du coeur merci à tout ceux qui ont osé y participer pour m'avoir fait vivre une des plus grandes rigolades devant un film. L'humour est même présent sur la jacquette du DVD où ils n'hésitent pas à inscrire Tony Leung : Best Actor Award of Cannes Film Festival, j'aurais aimé voir la tête du jury devant ce film !

15 août 2003
par jeffy




Feu d'artifice

Raconter Eagle Shooting Heroes? Mais pourquoi? Pour qui? Pour ceux qui ne sont pas capables de mettre leur cerveau en veilleuse durant une projection et vont essayer à tout prix de suivre un récit incompréhensible alors que tout ce que demande Jeff Lau au spectateur c'est de se laisser porter par un film dont le ryhtme fait passer les productions Workshop pour du Hou Hsiao Hsien première manière? Parce qu'en échange de cette acceptation Jeff Lau lui rend au centuple ce petit effort. Et que Wong Kar Wai produit ici une parodie totalement assumée des Cendres du Temps moins important cinématographiquement mais bien moins inégale que son modèle: parce qu'ici l'accumulation titanesque de gags fait que le film ne perd jamais son intensité. De la même manière, des années après, Chinese Oddissey 2002 reprendra les qualités mélancoliques d'un In the Mood for Love en enlevant le côté "signature en pilotage automatique" du film de Wong Kar Wai. Du coup, c'est tout le talent du bonhomme que de savoir réutiliser son oeuvre pour proposer le meilleur du divertissement. Mais revenons-en au film. Déjà, c'est un plaisir immense que de revoir le casting des Cendres du Temps rivaliser dans une outrance du jeu qui sert l'humour cantonnais dans ce qu'il a de meilleur et de moins lourd. La réalisation de Jeff Lau n'est pas en reste: avec sa multiplication des cadrages penchés, son accélération des chorégraphies jusqu'à atteindre la vitesse de la lumière, il pousse à l'extrême le style des wu xia pian de la Workshop pour gentiment le ridiculiser.

Mais bon même après quelques lignes, on n'y peut rien, l'envie irrésistible de déflorer un peu le film commence à pointer le bout de son nez. Parce qu'après tout le divertissement à la hongkongaise est bien le plus digne héritier de toute une tradition du roman feuilleton qui mettait ses héros aux prises avec les situations les plus improbables afin de tenir en haleine le lecteur. Et qu'il y a aussi justement un plaisir à évoquer les péripéties d'un roman feuilleton pour donner envie de le lire. SPOILERS D'un début en forme de Conte des Mille et Une Nuits version wu xia pian à l'épisode des tambourins utilisés pour faire bouger un mille pattes situé dans le ventre de la victime, de l'usage foireux par Tony Leung de bottes volantes à celui d'une tête volante comme ballon de foot (Kubrick avait tourné une fin de ce genre pour Full Metal Jacket mais pas osé la conserver au montage, ah le culot hongkongais...), du parachutage en plein milieu du film de monstres ultracheap échappés d'un classique de la Toho à l'incapacité de Brigitte Lin à faire fonctionner correctement ses superpouvoirs, de l'injonction accidentelle de poudre qui transforme Tony Leung en sosie du Roi Singe aux lèvres en saucisse, de la bataille sur le toit qui aboutit à ce que les combattants cassent ses tuiles et fassent ainsi un plongeon mémorable à travers le toit à un final qui pousse encore plus loin le bouchon du délire, FIN SPOILERS on retrouve ici tout ce que le cinéma hongkongais a perdu: LE FEU D'ARTIFICE PERMANENT. Mais outre cela, on peut noter la forte présence des scènes de comédie musicale dans le film qui renvoient autant à Tsui Hark qu'à Bollywood et sont aussi hilarantes que naïves.

Au final, Eagle Shooting Heroes est un must du divertissement à la hongkongaise qui ne laissera personne indifférent: ceux qui cherchent des personnages, un scénario qui tienne d'aplomb pesteront contre le film; ceux pour qui le cinéma est affaire de captiver le spectateur par la seule force du montage ainsi que par la capacité à montrer le jamais vu adoreront. La paire Wong Kar Wai/Jeff Lau a définitivement sa place dans l'histoire du cinéma hongkongais au chapitre du n'importe quoi de qualité.



31 décembre 2003
par Ordell Robbie


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