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Les Exécuteurs de shaolin

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les avis de Cinemasie

3 critiques: 3.58/5

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25 critiques: 3.65/5



Anel 3.5
drélium 4 Pas son meilleur mais un incontournable de plus pour Liu Chia Liang.
Ordell Robbie 3.25 Mère enragée
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Pas son meilleur mais un incontournable de plus pour Liu Chia Liang.

Executioners from Shaolin est la suite directe du récit historique de Shaolin temple de Chang Cheh, et donc une suite sauce Liu Chia Liang de son Five Shaolin masters. Lors du final de Shaolin Temple, le temple brûlait, pillé par les manchous, et les 5 maîtres survivants fuyaient ce désastre. La scène d’introduction de "Executioners..." relâte la suite des évènements. On assiste tout d’abord à un duel à mort opposant Chi San, le moine suprême de Shaolin, et Pai Mei(*), dans une scène d’intro sur fond rouge typique des génériques kung-fu de la Shaw.

Gordon pris au piègeAprès ce combat où Lo Lieh terrasse le moine suprême grâce à sa technique imparable, les moines survivants tentent d’échapper aux archers manchous et au gouverneur. Petite apparition de Gordon Liu qui interprète Hong Xiao, Chen Kuan Tai joue quant à lui Hong Xi Kuan. Le premier se sacrifie pour permettre au second et à une poignée de ses collègues de survivre dans un combat cathartique digne de 8 diagram pole fighter aux accents "Chehien" prononcés. Précision là encore, ces personnages ont vraiment existé.

Réfugiés sur des bateaux aux voiles rouges, les moines se font passer pour une troupe de théâtre afin d’échapper à l’ennemi. Hong Xi Kuan, inventeur de la boxe du Tigre, tombe amoureux de la charmante Lily Li, experte en boxe de la grue, et ils se marient rapidement. Ils auront un fils, Hong Wending, qui apprend la boxe de la grue de sa mère. Pendant toutes ces années, Hong Xi Kuan n’a qu’un objectif, s’entraîner encore et encore pour enfin rivaliser avec Pai Mei et venger le massacre du temple de Shaolin et de ses frères. Mais la chose est ardue, Pai Mei est un adversaire redoutable qui n’est vulnérable qu’en combinant des attaques très rapides sur plusieurs points vitaux très particuliers, et ce seulement entre 13 et 15h !

Ambiance typique de Liu Chia Liang, le kung-fu est un art de vivre qui s’insinue partout, toujours présent dans la vie quotidienne. Pas mal de scènes cultes feront école comme le combat père/fils à table ou avec le linge ou encore la scène de la nuit de noce où Cheng Kuan Tai tente vainement d’écarter les jambes de Lily Li, personnage féminin très fort presque leader de la famille, qui utilise à merveille la technique du cheval campé. Un clin d’œil à ce passage sera d’ailleurs repris par la même Lily Li dans une scène des Disciples de la 36ème chambre. L’entraînement est donc permanent et soutient la comédie bon enfant elle aussi présente comme de coutume avec le sifu.

La comédie guillerette à la Liu Chia Liang envahit souvent beaucoup trop ses films au détriment d’une histoire haletante. Or, il parvient cette fois-ci à un très bon équilibre avec le drame. Un gros morceau de comédie s’étale dans le deuxième quart du film, avec les collègues de Hong Xi Kuan qui font les pitres et plaisantent sur son futur mariage. Puis, l’entraînement avec un mannequin de fer très particulier et les tentatives pour terrasser le terrible Pai Mei redirigent le récit vers une ambiance plus sérieuse où Chen Kuan Tai campe le héros loyal avec force, constance et une présence physique qui a fait sa renommée. Sa soif de revanche le focalise sur son entraînement et il refuse d'apprendre à son fils sa boxe du tigre prétextant que les arts féminin (la grue) et masculin (le tigre) ne peuvent être mélangés. Les relations père, mère et fils sont donc beaucoup plus développées que de coutume, le tout sur une période de plus de 15 ans où 3 tentatives de mettre fin au moine invincible entretiennent une véritable tension.

******SPOILER*******

L'échec de Chen Kuan Tai est aussi un point novateur. Car c'est bien le fils, et non le héros qui souhaitait à tout prix venger ses frères, qui, en mélangeant habilement le reste du manuel de son père, bien entamé par les rats, et la technique de la grue, créera un nouvel art martial à même de vaincre le terrible adversaire. Cet art martial appelé le Hung Gar(**), sera d'ailleurs repris par le célèbre Wong Fei Hong. Ce twist accentue encore l'opposition entre le père revenchard et spontané qui court à sa perte et la mère, Lily Lili, forte et patiente, qui joue décidément un personnage plein de sagesse comparé à tous les hommes excessifs. Un personnage qui l'ancrera solidement dans son image de femme forte pour le reste de sa carrière.

******FIN DE SPOILER*******

L’ambiance est vraiment digne des grands Liu Chia Liang et les acteurs sont tous très juste. Lo Lieh est on ne peut plus charismatique en Pai Mei invincible, imperturbable et moqueur. Il réside dans un énorme temple construit en hauteur et typique de la période, avec son escalier gigantesque propice à des chutes spectaculaires et sa garnison de gardes, dont Liu Chia Liang en personne et une petite démo de Sansetsukon (tri bâton shaolin) qui montre une nouvelle fois sa maîtrise.

Le final est un peu abrupte, assez vite expédié, comme souvent dans les films de la Shaw mais c'est encore plus flagrant ici et laisse un certain goût amer. A part ça, pas, mais alors pas du tout d’accord avec Jeff, Fists of the white lotus de et avec Lo Lieh (toujours en Pai Mei) n’est qu’un remix comique trop gnangnan et vraiment lourd de "Executioners from Shaolin" qui n’apporte pas grand chose et a bien vieilli face à l’ambiance et le très bon équilibre comédie/drame/action de ce classique de plus de Liu Chia Liang.

Les afficionados auront aussi reconnu l'un des plus célèbres sample utilisé par le Wu Tang dans "Enter the 36th chamber", un son repris à de nombreuses reprises lors de l'entraînement contre le mannequin de fer. Mmmmythique !

(*) Pai Mei est un moine renégat au service des Manchous qui a trahi les shaolin. Entièrement vétu de blanc immaculé, barbe et sourcils compris, il est expert dans la technique de la chemise de fer aussi appelée Chi Qong ou Tai Chi suprême, technique qui consiste à fermer ses points vitaux et même à les déplacer, afin d’être insensible à toute attaque. Personnage mythique repris par Gordon Liu lui-même dans le Kill Bill Vol. 2 de Tarantino. La véritable histoire de Pai Mei dégottée par Godzilla pour ceux que ça intéresse : http://peimei.free.fr/FR/histpm1.html

(**)Petit copier/coller fort intéressant de David-Olivier cette fois-ci à propos du Hung Gar :

on attribue la création du style "hung gar" à un moine Shaolin de l'école de la "griffe du tigre". Un matin, se promenant dans son jardin, il observe une grue en train de picorer les graines qu'il venait de planter. Il prend alors un bâton et tente de faire déguerpir l'animal. Loin de s'envoler, l'oiseau évite les coups et se fend d'une contre-attaque à l'encontre du moine. Sous les yeux ahuris du maître Shaolin, le bec de la grue devient une formidable arme. A partir de ce jour, il en étudie les mouvements, les imite et crée une nouvelle technique de combat basée sur la fluidité, la grâce et l'attaque acérée d'un bec. Il combine alors ce nouvel art à celui qu'il maîtrise jusqu'alors, la griffe du tigre, pour en créer un troisième. Au 18ème siècle, le boxer Shaolin Hung Hee Goon développe lui-aussi cette technique et lui donne son nom : le "Hung Gar" (gar signifiant "famille")."

06 juin 2004
par drélium




Mère enragée

Le début de ce Liu Chia Liang est à la fois plaisant et frustrant: plaisant parce qu'on y retrouve l'héritage de Chang Cheh dont il fut pour le chorégraphe notamment au travers d'un gout pour les combattants enragés et pour une violence bien plus graphique et débridée que dans la 36ème Chambre de Shaolin par exemple; à cet égard, le plan où l'on voit un combattant narguer ses adversaires alors qu'il est criblé de toutes parts est typiquement changchehesque; frustrant parce que si je n'ai rien contre les gros coups de zooms qui ont fait du mal à la crédibilité du cinéma de kung fu aux yeux des cinéphiles, j'aimerais qu'ils soient au moins fait proprement comme dans certains giallos fulciens plutot qu'à la manière brouillonne du Visconti des Damnés, dans tout le début du film, leur accumulation virant à la surcharge gache un peu du plaisir éprouvé au visionnage du début du film, on est malheureusement plus dans le second cas. Chancgchehesque aussi, cette volonté de souligner à gros traits la dimension érotique d'un combat, les arts martiaux sont utilisés de façon décomplexée pour tenter d'écarter les jambes de la femme qu'on désire et surtout pour viser l'adversaire male aux parties en explicitant encore plus les symboliques catratrices des découpages de bras présentes chez le mentor de Woo. Changchesque aussi par son (Chen Kuan Tai, Lo Lieh, Gordon Liu). Reste que le cinéaste va malgré tout imposer sa propre patte en faisant fructifier l'héritage du maitre un peu à l'image du fils qui ajoute à une techniquer martiale héritée de sa mère des mouvements de son cru: d'abord parce que le personnage de la mère est bien moins malmenée que les personnages féminins du misogyne Chang Cheh, elle est de ces femmes fières n'hésitant pas à montrer aux hommes son tempérament comme le cinéma de Hong Kong a pu en offrir au cours de son histoire récente; la possibilité de revanche passe par l'acceptation (au sens humain et martial) de l'héritage maternel dans le film. L'autre point où le cinéaste impose sa touche c'est dans certaines ruptures de ton comiques pas toujours heureuses et meme souvent lourdingues, par certains éléments dans les scènes d'entrainement qui annoncent la kung fu comedy, par sa volonté de mettre en valeur l'effort sportif qui est sa signature. Les combats sont jubilatoires et chargés d'intensité dramatique, de rage, de cruauté. Reste néanmoins une conclusion trop abrupte qui avec les autres défauts mentionnés plus hauts -humour ratant sa cible, zooms brouillons qui ne gachent pas que le début- empeche le film d'etre le meilleur de son auteur.



06 juin 2004
par Ordell Robbie


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