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La Marche de Kamata

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Ordell Robbie 2 Un Fukasaku mineur plus personnel qu'il n'y parait
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Un Fukasaku mineur plus personnel qu'il n'y parait

La Marche de Kamata a beau etre un divertissement regardable et un gros succès populaire au Japon au statut "culte" toujours vivace pour le public de l'archipel, il ne fait pas oublier les meilleurs Fukasaku seventies. Qui aurait d'ailleurs pensé que le coté frondeur du cinéaste laissé en veilleuse dans cette touchante comédie referait surface vingt ans après avec Battle Royale?

Globalement, le film souffre d'un trop plein de bons sentiments à une échelle fukasakienne, c'est mieux qu'Amélie Poulain certes, on s'attache aux personnages mais il n'empeche du Fukasaku "gentil" c'est un peu comme du Tarantino sans tueurs professionnels ou du Lynch sans bizarre. Autre gros problème: si les passages concernant la condition de star sur le retour, les rapports entre la doublure et sa compagne sont touchants, le film rate sa cible en terme d'humour en faisant plus souvent sourire que vraiment rire. Au niveau mise en scène le résultat est assez mitigé: si le film est assez souvent bien mis en scène de façon classique et s'il est bien monté, les zooms fukasakiens ne se distinguent pas ici de n'importe quel yes man peu inspiré. Certes, ses légendaires téléobjectifs délirants n'auraient pas eu leur place ici mais cela ne saurait excuser une telle abondance de zooms quelconques de la part d'un cinéaste de cette trempe. Ceci dit, le film n'est pas pour autant un Fukasaku impersonnel vu que son scénario traite le milieu du cinéma comme un clan de yakuzas vu que dans les deux cas un employé subalterne doit se sacrfier pour la gloire du clan/équipe du film et de son chef/acteur principal en prenant les coups/scènes d'action -la scène finale de l'escalier bien sur mais aussi les scènes parodiant les chambaras et les yakuza eigas- pour eux. Et c'est par ce sacrifice individuel que l'homme de l'ombre finit par exister aux yeux du groupe.

D'un autre coté, le film est aussi une ode nostalgique à un système de studios alors en voie de disparition au Japon, système de studios sur lequel Fukasaku, cinéaste qui donna la pleine mesure de son talent au sein de ses contraintes, porte un dernier regard, tendre et amusé en réhabilitant bien avant Satoshi Kon les hommes de l'ombre qui l'ont fait autant exister que ses stars. A ce stade, on peut comprendre la grande popularité du film au Japon: à cette époque, le Japon est à son sommet économiquement, sa population se "sacrifie" pour son bonheur personnel et le rayonnement du pays et tout en offrant au public de l'époque ce dont il avait besoin -de l'évasion- le film fait écho à cette volonté-là de par la trajectoire de sa "doublure" à terre comme put l'etre le Japon à une autre époque et finissant par relever la tete à force de détermination; d'un autre coté, le regard nostalgique sur un système de studios en déclin pourrait fournir une autre explication à un tel succès. Ou tout simplement le fait que Fukasaku brosse une gallerie de personnages attachants et hauts en couleurs, la caractère très touchant de l'histoire d'amour du film, l'émotion des dernières scènes.

Reste que malgré quelques qualités on préfère le cinéaste qui lança des cocktails molotov sur celluloid contre la société japonaise à l'approche de sa mort au cinéaste qui ne s'était pas totalement renié mais n'était pas totalement convaincant dans l'apaisement de cette Marche de Kamata.



06 mars 2004
par Ordell Robbie


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