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La Main de Fer

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les avis de Cinemasie

5 critiques: 3.55/5

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25 critiques: 3.88/5



Anel 3.5
drélium 4.5 Un très grand kung fu d’époque qui débute l'âge d'or du genre
Marc G. 2.5 Le bras trop long …
Ordell Robbie 4 Main de Maître
Xavier Chanoine 3.25 Un classique du genre
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Un très grand kung fu d’époque qui débute l'âge d'or du genre

Lo Lieh et Wang PingViolent et baroque à sa manière, La main de fer a l’énorme avantage de développer une intensité dramatique toute personnelle en misant sur une hargne brutale et sèche qui le place très haut dans ce genre de production en vogue à l'époque et le singularise des futurs centaines de kung fus qui sortiront ensuite. L'ère des films de sabre vire progressivement vers celle des films de kung fu, avec d'un côté la première grande réussite du genre, pas technique pour un sous mais excessive à souhait, The Chinese boxer de 1970, et de l'autre, l'indépendance imminente de vrais chorégraphes qualifiés tels Liu Chia Liang et Tong Gaai.
La Main de Fer pioche allègrement et sans conteste du côté de son prédécesseur "Chinese Boxer", notamment avec le thème très en vogue du guerrier handicapé, la violence comme moyen de survie, l'ennemi japonais et le spectacle outrancier propre au "super héros" Jimmy Wang Yu, comme le concept du tournoi martial déjà présent dans le Roi du Kung Fu. La Main de Fer utilise aussi le thème de l'amour fortement compromis des grandes romances dramatiques qui ont précédés, transposé dans le monde impitoyable des arts martiaux, et se hisse ainsi dans les toutes premières grandes réussites internationales de l'ère kung fu qui s'annonce, juste avant la gloire mondiale du grand technicien parmi les grands, Bruce Lee.

Alors que le petit dragon et sa véritable maîtrise martiale vient d'exploser à la Golden Harvest avec Big Boss, la Shaw Brothers se mord les doigts d'être passé à côté du "contrat du siècle" et riposte avec ses gros moyens et un panel de kung fus moins techniques mais tout aussi rageurs et plus sanglants comme Vengeance ! ou Boxer from Shantung réalisés par le spécialiste maison du bain de sang, Chang Cheh. Avec une ambition et des moyens bien moindres de la part de la Shaw, le réalisateur coréen quasi inconnu Chung Chang Hwa pond de son côté son petit kung fu de série B qui n'a pour seul star le très prolifique Lo Lieh. Ce dernier tient pourtant là l’un de ses plus grand rôle en même temps que l'un de ses trop rare personnage de héros. Tout de même reconnu pour ses qualités en son pays, Chung Chang Hwa s'attache à développer très efficacement sa trame dramatique, teintée d'une double romance, et introduit en parallèle de nombreux protagonistes, ayant tous une forte implication dans l’histoire et présentés avec une conviction qui fera énormément défaut aux camions de kung fus d'exploitation à venir. S'y ajoute l'inévitable trio de japonais assimilé à des mercenaires sans foi ni loi qui compose des méchants charismatiques supplémentaires typiquement excessifs et caricaturaux aux accents Léoniens alléchants.

Chung Chang Hwa, ami de King Hu, partage ses goûts intellectuels et se défend de vouloir utiliser la basesse et le style sanglant de Chang Cheh, qu'il n'apprécie pas du reste, et pourtant là où il frappe fort, c'est bien avec sa propre vision du combat. Loin de lui l'idée de filmer de vraies joutes techniques, sa mise en scène se veut graphique avant tout. Chorégraphiés par les émergeants Lau Kar Wing et Chan Chuen, les combats datés ne côtoient certainement pas les cimes techniques et dynamiques, mais délivrent une nervosité et une violence omniprésente, particulièrement frappante lors du final, qui décuple l’intensité avec brio. L'entraînement éprouvant de rigueur est lui aussi très proche de la dureté des films de Chang Cheh (Lo Lieh frappant sur un tronc d'arbre), mais n'oublie pas la pédagogie chère à Liu Chia Liang grâce à la présence de deux maîtres se succédant à la formation de Lo Lieh. Autre gros point fort, les percussions y sont phénoménales, surtout pour un film de 1972. Elles n'ont même rien de ridicule face au niveau de Ong bak, et ce 30 ans avant ce qui n’est pas rien. L’énergie des coups portés y est remarquable. Le niveau martial n'est pourtant pas sans égal et les saltos vus en contre plongée un peu trop souvent revenus sont encore très loin de la complexité spatiale d'un genre qui n'en est ici qu'à ses débuts, mais La main de fer ne se veut pas un kung fu à tendance technique, plutôt une ôde rageuse, directe et débridée qui annonce avec une audace terrassante le style comics des films de Tarantino. Ce dernier utilisera d'ailleurs la fameuse scène des yeux arrachés ainsi que le cultissime son de sirène qui annonce le moment où Lo Lieh va utiliser sa technique, lorsque ses mains se mettent à rougir et que l'ennemi se voit projeter contre les murs voir littéralement balancé à travers, le dos brisé par l'impact.

Complété par sa trame simple mais bougrement efficace et rondement menée qui prend une ampleur baroque unique lors du final, voilà donc assurément un énorme classique, modestement financé et qui n'aura pas eu de succès à Hong Kong, écrasé par l'explosion de Bruce, et pourtant de la trempe de L'hirondelle d'or ou de La rage du Tigre, cette fois-ci 100% kung fu et dans un style excessif tout à fait particulier et intense, ce qui est assez rare pour être souligné, apprécié, aimé, voir même adoré. Et dire que Bruce Lee en personne aurait joué le rôle titre de Lo Lieh si il n'avait pas été chez le concurrent... ça laisse rêveur tant l'on imagine sa technique au service d'une telle débauche d'énergie.

02 mars 2004
par drélium




Main de Maître

Le spectateur qui regarde en 2003 la Main de Fer, premier film hongkongais à avoir bénéficié d'une distribution internationale à grande échelle peu avant la tornade Bruce Lee, imagine sans peine le choc qu'ont dû ressentir les spectateurs de l'époque et à quel point ce film a pu être le détonnateur de passions pour le cinéma hongkongais. Parce que s'il est réalisé par un simple yes man oublié de la postérité, la Main de Fer est rien de moins que la synthèse du savoir faire hongkongais de l'époque.

Auparavant, Big Boss et Fist of Fury avaient apporté un élément neuf dans le cinéma d'arts martiaux: la dramatisation, en partie sous l'influence du phénomène Chang Cheh. La Main de Fer confirme de façon bienvenue cette évolution. D'ailleurs, lorsqu'un judoka casse la plaque de l'école, comment ne pas penser à Fist of Fury? Et justement, la Main de Fer, outre le bad guy favori de Chang Cheh Lo Lieh pour une fois héroïsé, recycle certains acquis formels et narratifs du cinéaste qui un an auparavant offrit au cinéma hongkongais un de ses sommets avec la Rage du Tigre.

Les filtres monochromes lors des scènes de flash back ou de certains combats y soutiennent l'intensité dramatique du film à la manière de ceux de ce dernier film. Parmi les autres éléments évoquant Chang Cheh, on retrouve la surenchère de zooms et de figurants lors des scènes de combat, l'exçès de violence qui correspond à l'intensité de la rage des protagonistes et surtout l'utilisation du handicap comme ressort dramatique: le personnage de Lo Lieh se retrouve provisoirement privé de l'usage de ses deux mains et obligé de réapprendre dans la douleur la fameuse technique de la main de fer, un camarade de promotion se retrouve privé de ses deux yeux; dans les deux cas, leur rage et leur vengeance sera à la hauteur de l'humiliation subie (la scène du tournoi pour Lo Lieh, le beau combat final dans le noir pour l'aveugle).

Quant aux scènes d'entraînement martial porteuses de nombreuses humiliations, elles traitent sur un mode dramatique ce qu'un Yuen Woo Ping traitera de façon comique et un Liu Chia Liang sur le ton réaliste de la mise en valeur de l'effort sportif. Si le personnage de la chanteuse n'a pas de profondeur psychologique, il amène une scène chantée et des moments intimistes (celui où elle conseille à Lo Lieh de raccrocher surtout) dont la naïveté bollywoodienne contrebalance la noirceur foncière du récit. Mais les scènes de combats, si elles recyclent des acquis de Chang Cheh, contiennent des idées de mise en scène et de montage très intéréssantes: le film n'a pas peur de laisser certains combats se dérouler dans la durée mais le montage se fait par moments plus nerveux sans nuire à la visibilité des combats.

Et surtout, pour le plus grand plaisir du spectateur, on y fait des vols planés et on n'a pas peur de se battre en défiant les lois de la gravité. Ce dernier aspect est renforcé par l'adjonction des personnages de judokas et karatékas venus du Japon pour contrer la technique de la main de fer. On se retrouve ainsi avec des vols planés de combattants qui finissent par se crasher sur les murs, ce qui évoque directement une influence directe de Fist of Fury, le Sugata Sanshiro d'Uchiikawa qui offrait outre ces vols planés des combats de judo aériens et spectaculaires. Les personnages japonais sont également l'opportunité d'une scène de combat "sabre contre poings" d'une belle intensité dramatique (l'embuscade pré-tournoi contre Lo Lieh).

Dans la Main de Fer, tout fonctionne et le film doit aussi son statut culte à certaines de ses qualités cinématographiques. Le film aura sorti Lo Lieh des rôles de Bad Guy, ouvert la voie à l'explosion mondiale de Bruce Lee et est surtout un témoignage de la façon dont un certain savoir-faire technique, des acteurs de charisme, un scénario écrit et un artisan consciencieux peuvent donner lieu à de belles réussites lors des périodes d'âges d'or d'un système de studios.



29 septembre 2003
par Ordell Robbie




Un classique du genre

Un énième grand film de la grande maison Shaw de Maître Run-Run, véritable perle du genre. Tout comme une bonne quantité de western italiens, on suit le parcours d'un homme, aux mains mutilées par des bandits jusqu'à son explosion de vengeance. Le pitch peut paraître classique, définitivement vu et revu, mais la narration (cruciale chez Chang-Hwa) est ici tellement bien ficelée et carrée, qu'elle apparaît attachante et passionnante.

Violent, barré et particulièrement soigné au niveau des décors et couleurs, La Main de Fer est le premier gros succès de la Shaw en Occident. On a même droit à quelques passages relevés à base d'énucléations, reprises à l'identique dans Kill Bill vol.2. Porté par un Lo Lieh encore une fois exceptionnel, les combats, l'interprétation et la justesse de l'ensemble (très peu de défauts ou d'invraissemblances) font de la Main de Fer un classique du genre.



13 février 2006
par Xavier Chanoine


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