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Hanging Garden

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les avis de Cinemasie

3 critiques: 3.67/5

vos avis

4 critiques: 3.13/5



Marc G. 3 Mi « banal », mi « transcendant » … bizarre
Ordell Robbie 3.5 Babylone Babies
Yann K 4.5 Pour quelques figures de style très culottées, un film mémorable
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Babylone Babies

Avec Hanging Garden, Toyoda Toshiaki offre un film bien plus rigoureux et maîtrisé que ne l'étaient Blue Spring et Nine Souls. On peut pester contre quelques "hasards et coïncidences" narrativements artificiels et quelques scories formelles mais Hanging Garden appartient avec Porno Star et Unchain aux Toyoda "tenus".

Les vélléités de rock'n'roll attitude de ses fictions précédentes sont cette fois laissées au vestiaire de même que l'utilisation du rock qui leur donnait quelques moments de grâce. Après des groupes d'étudiants et d'évadés, Toyoda offre ici le portrait d'une famille japonaise dont la "perfection" n'existe qu'en façade: on est censé tout s'y dire, ne jamais s'y mentir... Ce concept de départ gros comme une maison, le script éclaté du film le tient pourtant d'un bout à l'autre, partant de la chronique familiale douce-amère mille fois vue dans le cinéma japonais pour mieux la passer au vitriol. Le jardin suspendu du film renvoie ainsi selon Toyoda aussi bien à Babylone qu'à un Japon "sans racines". Derrière leur apparence de "famille parfaite" que Eriko voudrait maintenir coûte que coûte, cette cellule familiale est aussi éclatée que la narration d'un film basculant par moments dans le grotesque avec ses personnages.

Et la mise en scène de Toyoda contribue à démasquer le malaise derrière une apparence lisse. Toyoda fait ressentir le dérèglement au travers de cadrages penchés, de mouvements de caméra en hélice, de plans subjectifs de scènes cadrées à l'envers ou de mouvements de caméra en balancier. La récurrence de certains parti pris sombre parfois dans le tic de mise en scène et certaines des solutions formelles mentionnées n'évitent pas le clinquant mais ces scories formelles sont bien moins fréquentes que dans ses deux films précédents. Mais si le jeu de massacre parsemé de touches de drôlerie de Toyoda n'épargne personne (y compris une mère qui pourrait bien être la plus dérangée de la famille) son regard sur cette famille est très distant, sans réelle empathie pour ses personnages.

Il manque du coup au film la dimension d'humanité présente dans d'autres portraits de famille japonaise et qui l'était aussi par moments dans le portrait du groupe d'évadés de Nine Souls. Mais à l'échelle du cinéma de Toyoda il incarne un retour en forme et une prise de risques réussie. Il pourrait même représenter une étape décisive de son travail de cinéaste. A suivre...



16 juin 2006
par Ordell Robbie


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