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A Hero Never Dies

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les avis de Cinemasie

10 critiques: 3.77/5

vos avis

41 critiques: 3.8/5



Alain 3.25
Arnaud Mirloup 4.75 Hard boiled ultra !
Carth 3.25 Un To manquant clairement de maturité.
François 4.75
Gaetan 4 un polar noir et magnifique
Ikari Gendo 3.5 Honneur et amitié dans un univers très noir
jeffy 4.5 une réference
Junta 4
Neil 4
Ordell Robbie 3 Démarre bien avant d'être victime de ses propres exçès sur la longueur
Ryoga 3.5
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Hard boiled ultra !

A hero never dies n’est pas le dernier James Bond en date, non non, il s'agit juste de l’un des  tous meilleurs Hero Movies jamais fabriqués à Hong Kong. Ca n’est pas rien : après Le syndicat du crime le genre a vu hordes films de ce type fleurir tout au long des 90’s. La défunte revue HK, fortement participative quant à la découverte du cinéma asiatique sur notre territoire, le dégomma pourtant en quelques lignes dans un article qui n'était même pas consacré à ce film. « Putassier » qu'ils osèrent dire, les vilains. Réducteur ? Que non, le Full Contact de Ringo Lam, plus gratuit encore, bénéficie d’une belle édition Z2, lui. Avec du recul ça énerve un peu, surtout si l'on préfère ce film au pourtant très bon The Longest Nite, aussi en Z2, lui. Question de droits ? Pour l'anecdote, Julien Carbon et Laurent Courtiaud, journalistes à HK Mag, voulaient pondre un scénario hard boiled et sont arrivés avec l'excellent - mais light - Running out of Timede Johnnie To, alors que ce même réalisateur se concoctait son sommet d’ultra violence à peine un an plus tôt dans son coin...

 
 

Dans le désordre : en haut à gauche, Jack (Leon Lai) braque un diseur de bonne aventure hors-champs ; en bas à droite son pote Martin (Lau Chin Wan) porte des lunettes de soleil et un chapeau de cow-boy ; tandis qu'en haut à droite sa copine (Fiona Leung) galère pour le sauver, en même temps qu'en bas à gauche Jack rame pour aider la sienne (Yoyo Mung).


Résolument hard et borderline, « A hero never dies » est un western moderne qui sent méchamment la poudre, à peine mis en péril par ce flash-back aberrant où un acteur blanc joue, pour quelques secondes, le personnage Martin, plus jeune "mé avé le chapeau", à 98% le monstrueux Lau Chin-Wan. Peu importe: le film est suffisamment gorgé de scènes mémorables pour que cela en atténue les rares mauvaises. Le très réussi copié/collé du tir sniper de Martin et son dénouement, cruel et parfaitement maîtrisé, est une leçon de mise en scène marquante pour un rebondissement d'une noirceur hallucinante, le doublon d’une scène exploitée en amont et reproduite à la fin sur un ton cauchemardesque sans concession. Cette dernière expression, largement galvaudée, prend tout son sens ici. Dans le registre de l'humour noir décalé et complètement irresponsable propre à HK, le « putassier » s’exprime aussi largement via le diseur de bonne aventure, marabout local régulièrement consulté par les deux Big Boss de triades opposées. Les "Mickey et Dumbo" du jour(*), Martin et Jack, frères ennemis et bras droit de ces parrains en guerre, lui infligent des sévices scandaleux à chacune de leurs visites, à se pisser dessus du rire sadique de tortionnaires sans scrupules. D’ailleurs, dans cette continuité urinaire et après leurs méfaits, nos deux héros s'en vont à chaque fois se soulager sur un arbre, soutenus dans cette tâche ardue par leurs buddies respectifs, éclaboussant leurs supers pompes croco à 200$ en ricanant salement. Hallucinant. Sans parler de cette scène, brève et choquante – donc archi culte - où l'on voit l'intérieur d'un flingue shooter l'œil d'un bad guy à bout portant. Maîtrise parfaite de l’enchaînement et effet garanti. Doux souvenir…

Ne retenir que les excès Cat III du métrage serait pourtant réducteur. Dans son scénario, formidablement bien construit, le film emporte tout. A faire se réconcilier nos deux vieux parrains en plein milieu du film le temps d’un odieuse poignée de mains après nous avoir balancé une boucherie digne d’un ultime climax, il met en avant l’aberration des guerres de gangs dans lesquelles seuls les chiens crèvent comme des m….. à contrario de chefs constamment "au-dessus de ça". A deux de ces bêtes fidèles, Martin et Jack, répudiés et détruits, de se réveiller grâce à leurs femmes, jusque là de simples faire-valoir à peine à l’état de seconds rôles, et d’aller faire un peu de ménage en haut de la pyramide. Motivés par leur amitié, pleinement palpable dans l'adversité, et par cette présence féminine soudain nettement moins en retrait. Par une sorte de prolongement de la relation forte Lau ching-wan/Carman Lee de Loving Youdu même Johnnie To, le personnage joué par la dynamique Fiona Leung se sacrifie à ce point pour son Martin qu'un véritable crescendo épique naît de la voir haranguer les responsables de la déchéance de son mâle : de dangereux pontes de la mafia. Il lui en coûtera la vie. Bouleversant, vraiment, et rare dans l’univers usuellement très macho de Johnnie To. Ou quand la putasserie n’est pas dénuée de sens, quand le sale sert à mieux décortiquer l’homme, glorifié dans sa superficialité sur une première moitié du métrage - le spectateur y prend son pied - pour mieux se faire démonter lors d'un deuxième segment - plus à la Haneke que sur un mode Shônen japonais: le spectateur encaisse ou rejette en bloc -, puis de renaître à la fin en homme avec un grand H et d’exister par delà son statut au sein d’une institution - exutoire pour le spectateur : re-panard -, à chacun de nos héros de porter sa propre croix pour y arriver.

La mort n’est d’ailleurs pas ici définie comme une extrémité, comme un objectif. L’ultime ressort dramatique, aussi glauque que grotesque, en devient des plus explicites. Sur son discours, l’œuvre rejoint certains westerns dits « sales », peckinpesques ou transalpins, et d’autres Yakuza Eiga des années 60-70. Au sein d'un groupe l'homme se condamne lui-même. Il ne trouve un peu de grandeur qu'en passant par une période solitaire, une remise en question toujours forcée par des évènements extrêmes. Le film coréen A bittersweet life, au ressort dramatique très proche mais usant d'un traitement plus classique a là un bien beau prédécesseur, à la fois plus fort dans sa démonstration et au moins aussi jouissif dans ses excès. "Un héros ne meurt jamais", un peu d'ailleurs comme cette tentative de critique, refaçonnée tant bien que mal pour la Xième fois afin de glorifier au mieux cette sacrée péloche.

(*) Les deux héros de The killer.



14 décembre 2007
par Arnaud Mirloup




Un To manquant clairement de maturité.

A hero never dies est un film paradoxal. Si son univers dark et parfois fascinant étonne par sa classe, son contenu peut paraître tour à tour surréaliste et pas crédible pour un sou. Dans le fond, le film de Johnnie To n'est qu'une bête démo technique, illustrant avec des moyens d'enfer les pérégrinations de deux "héros" qui en plus de se la jouer, ne s'apprécient pas particulièrement malgré le respect qu'ils ont en commun. C'est donc une belle occasion pour To et sa bande de dévoiler toute l'étendue de leur talent dans la mise en scène de certaines séquences drôlement fortes à défaut d'apporter quelque chose de concret au récit. On parle évidemment du passage avec les verres de vin et de certains gunfights admirables. Des séquences que l'on retiendra en partie grâce à leur esthétisme. Il ne faut pas se leurrer, mais A hero never dies est un film qui joue la carte de l'esbroufe du début à la fin. Non pas que le métrage de To soit mauvais, mais il paraît si peu crédible qu'il faut bien une superbe réalisation pour sauver la mise.

Les deux "héros" manquent donc sacrément de charisme à mes yeux. Leon Lai Ming (Jack) s'en tire plutôt bien tandis que Lau Ching-Wai (Martin) trébuche plus d'une fois dans son interprétation d'un handicapé moteur particulièrement revanchard de son patron. Il faut le voir débouler dans les rues de HongKong sur son espèce de planche à roulette pour se rendre compte de la tristesse du truc. Soit. C'est cette désagréable sensation de je-m'en-foutisme de la part de To qui étonne plus d'une fois. Si certains personnages et séquences sont traités avec beaucoup de soin, ils s'avèrent plus ou moins contredits par la suite via des séquences ringardes au possible ou de mauvais goût, notamment lorsque Yoyo Mung se fait terrasser par les flammes en tentant de protéger Jack. Le métrage ne fait pas non plus preuve d'un réalisme exacerbé puisque comme son titre l'indique, ils ne meurent pratiquement jamais, ou alors se réveillent d'entre les morts pour infliger une sévère correction à leur anciens chefs de gangs. Ce sera l'occasion pour Martin de parfaire son entraînement à la planche à roulette, et dans les montagnes s'il vous plaît! Mouais...

A hero never dies reste donc un petit film à voir uniquement pour ses très nombreuses qualités esthétiques et pour ses quelques scènes que l'on ne verra pas des masses ailleurs. Il faudra juste faire avec un nombre incroyable de moments ridicules qui, soyons francs, cassent bien l'ambiance. On veut y croire mais ça ne fonctionne pas toujours. Reste cet excellent score de Raymond Wong qui alterne des compositions lorgnant du côté d'un Pour une poignée de dollars ou d'un Terminator sans pour autant choquer. Un ensemble vraiment étrange.

Esthétique : 4/5 - On s'approche d'un Woo sans pour autant le dépasser. Classe, donc. Musique : 3.75/5 - Une compo' qui mélange les styles sans pour autant écoeurer. Interprétation : 2.75/5 - Pas renversante. Les seconds rôles semblent même mieux s'en tirer. Scénario : 2/5 - Ca ne ressemble à rien et ça n'a pas de sens. Mais il y a du style.



19 décembre 2006
par Carth




un polar noir et magnifique

A hero never dies est un polar très noir de Johnnie To, qui nous montre le destin de deux hommes que tout semble opposer (ils sont adversaires) mais qui sont si proches (même sens de l'honneur). Le couple qu'ils forment est à rapprocher de celui formé par le tueur Jeff et le policier dans The Killer.

Ils vont aussi connaître le même destin : la déchéance. Du statut de caïds, ils sont devenus paria : cul de jatte pour l'un, vendeur de glace pour l'autre. Ils semblent totalement détruits psychologiquement. La perte de leur statut les a comme anesthésiés, mais la perte de leur compagne sera le déclic de leur vengeance. Rien ne peut plus les arrêter : ils sont prêts à tout pour cela et de nombreux sacrifices seront nécessaires. Ils savent déjà que la mort sera au bout du chemin. Leur quête est désespérée, mais pourtant si noble. Ils auront tout connu, mais ils vont mourir en héros : le Walhalla leur est promis.

Pour conclure, ce film représente l'archétype même du film de héros où le code d'honneur et l'amitié sont mis en avant. A ne manquer sous aucun prétexte.



26 mai 2001
par Gaetan




Honneur et amitié dans un univers très noir

Le cinéma de HK est décidément particulier. On est très loin des films US avec des héros irréprochables et une happy end. Jugez plutôt : des tueurs professionnels, haut placés dans la hiérarchie des triades, qui cherchent à se venger, ce qui débouche sur un carnage général en guise de conclusion… Non, décidément, ce n'est pas un monde idyllique avec des héros parfaitement bon et qui gagnent à la fin que l'on cherche à nous montrer…

Un peu comme dans Une Balle Dans la Tête (même si l'impression général n'est pas aussi noire) on aura droit à une lente descente aux enfers des personnages principaux (surtout pour Martin…). Amputation des deux jambes et meurtre de sa petite amie pour l'un, fiancée brûlée vive et défigurée pour l'autre, trahison des chefs de gangs… Rien ne leur sera épargné ! Et même la vengeance aura du mal à se dessiner et demandera de lourds sacrifices…

Un polar très noir et relativement glauque réservant quelques scènes de bravoure (la confrontation Jack/Martin dans le bar ou encore, dans un registre différent, la scène du couché de soleil mettant en scène Jack et sa petite amie défigurée…) mais parfois un peu lent.



24 mai 2001
par Ikari Gendo




une réference

Au même titre que the killer, ce film est incontournable pour l'ambience qui s'en dégage et qui reussit à en faire un film unique sur un sujet pourtant souvent traité. Un sans-faute de Johnnie To.

17 mars 2003
par jeffy


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