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Nikudan

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4 critiques: 3.88/5

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Bastian Meiresonne 4.25
Miyuki 3.75
Mounir Allaoui 4
Pikul 3.5


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Sea without exit

"Je voudrais que mes films soient vus comme des divertissements en cours d'un premier visionnage; mais qu'ils hantent les esprits de mes spectateurs longtemps après et qu'ils en comprennent le véritable sens que longtemps après". Voilà le vœu le plus cher d'Okamoto. "Nikudan" exauce très certainement son vœu – au même titre que "Mr. Everyday" ou "The Emperor and a general". Tous ces films sont amusants à regarder – quoique peut-être un peu longuets en une traite dans une salle de cinéma…en revanche, scènes et thématiques préoccuperont l'esprit d'une part de son audience pendant des jours encore et les œuvres finissent par développer toute leurs senteurs qu'en y repensant. "Nikudan" est parfaitement complémentaire du précédant "Emperor and a general" (aka "Japan's longest day"); bien que totalement opposé. "Emperor…" avait été un ambitieux projet commandité par les studios de la Toho pour célébrer leur 35e année d'existence. Cette superproduction de près de 2h45 n'avait pas lésiné sur les moyens et avait disséqué avec une précision quasi chirurgicale les dernières 24 heures du Japon avant le message radiodiffusé de l'Empereur et de sa capitulation face à l'ennemi. L'histoire de "Nikudan" se situe également dans la toute dernière ligne droite de l'implication du Japon durant la Seconde Guerre Mondiale; en revanche, il s'agit d'une toute petite production indépendante, tournée avec le soutien des studios indépendants de l'ATG. Cette fois, l'histoire est fictive; bien que s'inspirant très largement des souvenirs de militaire d'Okamoto et de son acteur principal, Terada Minori (recruté dans le milieu théâtral). Le scénario est signé des mains d'Okamoto lui-même et se transforme petit à petit en un étrange voyage initiatique (et – surtout – surréaliste) de son personnage principal. L'influence anarchiste de la fin des années 1960 se fait très largement ressentir; jamais encore œuvre d'Okamoto avait été aussi libérée sexuellement et avait empreint de telles chemins métaphoriques – sauf dans son très, très personnel "Mr. Everyman". Formidable terrain d'expérimentation, le cinéma nippon des années 1960 donne donc entière liberté artistique à Okamoto, qui philosophe sur les conséquences néfastes du Japon au sein de la crise mondiale de la Seconde Guerre. En résultent nombre de scènes totalement hallucinées, dont l'apparition du libraire sans bras, de l'écolière tenancière d'un bordel, de l'enfant aux grenades jusqu'aux infirmières de la Croix Rouge captivées par un groupe de résistants aux lances de bambous. Métaphores lourdes de symbolisme impliquant la naissance même du Japon (la légende céleste), Okamoto donne une nouvelle fois sa vision toute personnelle de sa nation. Hommage, mais également décharge sociale, et notamment par l'intervention de l'enfant aux grenades, la comparaison des soldats à des animaux et – surtout – l'hilarant équipement militaire. Un pamphlet acide et profond, qui devrait être imposé à tous ces scénaristes contemporains, qui accouchent d'hérésies scénaristiques aux relents nationalistes, comme "Lorelei", "Yamamoto" ou même "Sea without exit"…

19 février 2007
par Bastian Meiresonne


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