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Porté par le vent

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1 critiques: 4.25/5

visiteurnote
le singe 4.25


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Une fable écologiste et une aventure intense

L'histoire 

Amon est un jeune garçon doté du fabuleux pouvoir de "faire danser les énergies". Son père, un physicien ne voulant pas que ses recherches tombent entre les mains du dictateur local dont le souhait est de produire l'arme ultime, décide de fuir avec sa famille après avoir détruit ses travaux. Malheureusement, seul Amon parviendra à échapper aux troupes lancées à leur poursuite et devra se cacher dans un village de pêcheurs. Bientôt rattrapé par l'armée en guerre, il devra reprendre sa fuite et apprendre à lutter aux cotés de la résistance en même temps qu'il découvrira l'étendue de ses pouvoirs... Et à ce sujet, un vieil ours des montagnes lui révèlera ceci : "Jadis, les être humains vivaient en harmonie avec la nature. Dotés de la capacité de comprendre les animaux et même de voler simplement en suivant le vent, on les appelait "le peuple du vent". Seulement un jour, un homme doté d'un plus grand appétit s'est surchargé de biens et n'a plus été capable de voler, entraînant avec lui d'autres hommes, peu à peu transformés par cette préoccupation nouvelle en un peuple de guerriers avides et insouciants de leur environnement.

Sur C.W. Nicol, l'auteur original...
 

Cette histoire est sorti de l'imaginaire de Clive Williams Nicol, une espèce d'aventurier naturaliste, gallois d'origine mais ayant fait sa vie au Japon en tant que réalisateur de documentaires, écrivain prolifique (histoires pour enfants, cuisine, arts martiaux, traductions diverses dont celle du Kojiki ou d'oeuvres de MIYAZAWA Keniji,...) et accessoirement star de la TV et de la pub désigné là-bas "Sexiest foreigner in jean" en 1986... en gros tout ce qui peut aider à la popularité et la diffusion de son principal combat : l'écologie (et là, il ne rigole plus du tout). "Porté par le vent" est donc à prendre comme un film dont le propos est primordial car représentatif du combat de son auteur original, avec pour principe la responsabilité humaine. 

Le film
 

Première impression pendant la vision du film : au delà des thèmes traités, de nombreux détails d'ambiance évoquent inévitablement des oeuvres telles que Horus, Nausicaa, Laputa ou encore Mononoke. Impossible donc de ne pas faire de comparaison entre "Porté par le vent" et ces productions devenues références populaires dans ce domaine. Pour un peu, on se croirait même dans une production Ghibli tant cette histoire et celles du célèbre studio partagent manifestement un même imaginaire et une même sensibilité naturaliste (leurs auteurs se connaissent d'ailleurs mutuellement pour avoir participé à des ouvrages communs dont des livres de C.W. Nicol mis en image par Miyazaki ou par OGA Kazuo, directeur artistique et décorateur de nombreuses productions Ghibli). 
Mais si les préoccupations de base paraissent similaires, il y aura cependant une grosse différence de traitement par une volonté manifeste de ne pas "enrober" le propos de rêveries. Autant les oeuvres de Miyazaki sont toujours portées vers le rêve et évitent soigneusement toute réalité dramatique trop crue (lorsqu'elles abordent la mort en particulier), autant "Porté par le vent" semble ne pas vouloir prendre de distance avec la douleur et en montrer la réalité sans fioritures. Autrement dit, chez Miyazaki le rêve pourra passer pour le propos même, l'insertion d'éléments du commun utilisés pour établir le rapport au public, alors qu'ici c'est le réel qui est la base, le rêve étant donné comme un chemin à découvrir vers un monde peut-être meilleur. Et simplement "peut-être" car, pour ce que j'en ai ressenti, rien n'est ici montré comme absolue vérité et le fait que le rêve et le fantastique soient donnés comme clef aux problèmes posés indique clairement que la réalité serait bien moins aisée à traiter. 
De même, aucun des personnages présentés n'est simple. Chacun referme des contradictions, que ce soit par son histoire, ses préoccupations ou ses actes, de Amon lui-même jusqu'à Branick le dictateur dont la fin nous révèlera des motivations bien inattendues. Et force est de constater que ce traitement à la base réaliste cadre parfaitement avec le combat bien réel que mène C.W. Nicol pour la sauvegarde de la nature, une urgence qu'il est souvent obligé d'exposer sous l'angle de l'aventure et en maniant la parabole (ici le fantastique) pour susciter l'intérêt. 

Au niveau scénario et réalisation, l'histoire se met en place de façon impeccable, sous une forme à mi-chemin entre l'idéalisme rêveur de Miyazaki et le pseudo-réalisme de nos productions modernes (je pense notamment aux OAV "Kishin Heidan" pour leur coté sombre, l'idée de résistance et un certain rapport à la science). On aura ici autant droit à de magnifiques séquences au lyrisme envoûtant qu'à des scènes non moins extraordinaires de réalisme dramatique, chacune dotée de petits détails, symboles ou références, enrichissant toujours d'avantage l'ensemble. Du coup, si il y avait un reproche à faire de ce coté ce serait juste sur un excès de densité générale : le récit aurait certainement gagné à se voir allongé de quelques moments de répit tels que ceux judicieusement aménagés dans les productions Ghibli similaires (moins chargées, qui plus est). Disons que l'intensité particulière du film sur ses courtes 97 minutes risque de nuire à la clareté du souvenir immédiat qu'il laissera à un spectateur sur-solicité. 

Coté mise en images, j'ai pour ma part ressenti un léger étonnement initial dû à une forme selon moi en décalage avec les standards graphiques actuels. Cela apparaît principalement au niveau du chara-design qui rappelle fortement les séries ou films d'aventures des années fin 70 / début 80 telles que "Conan, le fils du futur", "Tarô, l'enfant dragon" ou tout simplement, en remontant d'une dizaine d'années de plus, le très proche "Horus, le fils du soleil". Difficile même de se dire que cet anime a été produit en 2000 si il n'y avait quelques détails dans l'animation qui révèlent l'utilisation de techniques modernes. J'imagine que ce parti pris risqué (peut-être même est-il la raison du relatif manque d'intérêt général pour cet anime) avait pour but de recréer une ambiance ramenant le spectateur adulte actuel à son état d'esprit d'enfance, époque bien plus propice à l'attention naturelle pour son environnement et l'emprunt des voies de l'imaginaire (une autres des nombreuses choses que nous expose le film, tant au niveau d'une existence que de l'évolution historique de l'espèce). Quoi qu'il en soit, les choix opérés sont ici encore en parfaite adéquation avec l'histoire et leur mise en oeuvre discrète (chose devenue bien rare) laisse deviner une maîtrise emprunte de modestie. 

Un dernier petit mot pour la musique... La bande son est composée par TERASHIMA Tamiya(qui la qualifie lui-même de "résultat de tout son travail passé") et interprétée par le "Czech Philharmonic Chamber Orchestra". J'en dirais juste que c'est une oeuvre joliment porteuse qui colle parfaitement à l'histoire dans ses différentes ambiances sans être en soi trop marquante ou originale. Et il y a aussi le petit cadeaux bonus, le très chouette générique de fin interprété par "Rebecca" (groupe pop/rock japonais des années 80) dont l'ambiance légère nous ramène elle aussi vers une époque adolescente. 

Verdict
 

Ce n'est certes pas là un anime qui révolutionne les thèmes du genre "aventure à visée écologiste", encombré même dans une certaine mesure par l'excellence de l'existant ghiblien dans le domaine. Mais il a au moins l'avantage d'en offrir une vision différente dotée d'une véritable personnalité. 
Pris pour lui-même, "Porté par le vent" est assurément un très beau film particulièrement intense et mature dont, de plus connaissant les origines, on ne peut nier la sincérité du propos. 
A découvrir.



05 mai 2005
par le singe


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