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Kill Bill Volume 2

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les avis de Cinemasie

5 critiques: 3.45/5

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49 critiques: 3.45/5



drélium 3 Mmouais... mérite d'autres visions mais bon, où est la vraie Tarantino's touch ?
Ghost Dog 4 Now let’s talk
Marc G. 1.25 Cause toujours ...
Ordell Robbie 4.25 Sérial, suite et fin...
Xavier Chanoine 4.75 Bye bye and good luck Bill...
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Now let’s talk

Attention quelques spoilers

Antithèse radicale du volume 1 – si thèse il y a -, le volume 2 de cette histoire de vengeance est une mémorable leçon d’écriture, de mise en scène et d’interprétation. Si le volume 1 faisait la part belle à l’action et à la violence, le volume 2 élève la parole, les mots, les répliques au rang de sacré ; le moindre dialogue est finement ciselé et déclamé langoureusement, suavement par des acteurs totalement habités par leurs personnages, s’imposant comme un étonnant recours à la baston systématique – le contrat de Kim annulé au dernier moment pour cause de grossesse est là pour en témoigner. Lors du face-à-face final entre The bride et Bill, on se demande même si ces deux-là qui se haïssent tant (et il y a des raisons valables de chaque côté) après s’être tant aimé ne vont pas finalement se remettre ensemble suite à leurs longues explications sur leurs comportements pour le bien de leur petite fille, annihilant par là-même le titre du film.

La violence et les dialogues : les 2 points fondamentaux caractérisant le cinéma de Tarantino se retrouvent donc opposés très distinctement dans les 2 opus de Kill Bill, et c’est la première grande surprise. La seconde, c’est que le volume 2 nous réserve plus d’inattendu que le volume 1 au niveau du scénario. En effet, voir The Bride se prendre une bastos dans la poitrine au bout de 10 minutes et la voir enterrée vivante 10 pieds sous terre quelques minutes plus tard, constater que Michael Madsen est finalement le seul à ne pas subir directement sa vengeance malgré son statut pathétique de videur de boite de nuit vide et accessoirement nettoyeur de chiottes, et gober que the bride sort de son tombeau grâce aux leçons de kung-fu d’un vieux fou sorti d’on ne sait où, a quelque chose d’assez jubilatoire pour celui qui s’attendait à un trop classique règlement de compte linéaire.

Malgré le fait que 2 parties distinctes composent cette œuvre la propulsant immédiatement au rang de coup marketing de l’année (bonjour les entrées et les ventes de DVD en plus, surtout si une version unique de Kill Bill voit le jour), on ne peut que reconnaître la formidable maîtrise de la narration et de la caméra, même si on reste un peu sur sa faim niveau émotion.



23 mai 2004
par Ghost Dog




Sérial, suite et fin...

Que ce Volume 2 constitue en apparence un retour à du Tarantino plus classique, une volonté de replacer le spectateur dans un terrain plus familier après le moment de l'étonnement, du désir du coup d'éclat, ne signifie pas qu'il soit exempt de surprises. L'étonnement s'y niche au milieu de la routine d'une oeuvre qui donne au Volume 1 une saveur bien différente, qui est son négatif tout en le complétant.

La première surprise de ce Volume 2, c’est l’abandon lors des parties «western» du film de l’usage de la musique par le cinéaste afin de créer une sensation de décalage. Cette dernière n’est présente que pour créer des ambiances liées à l’univers du western classique et/ou spaghetti et soutenant les enjeux dramatiques du récit. Du coup, malgré quelques détails humoristiques, le ton général du film est plus sérieux, plus posé et apaisé que celui du Volume 1 qui fonctionnait sur ses ruptures de ton permanentes à l’intérieur d’une scène. L’usage décalé de la musique se retrouve en revanche dans les parties de l’entraînement martial auprès de Pai Mei, chapitre plus proche du Volume 1 dans son traitement et son coté référentiel assumé. La photo y est en effet volontairement crade, les gros coups de zooms Shaw Brothers en roue libre pour donner un "parfum d'époque". Concernant le personnage de Pai Mei, Tarantino a amplifié sa méchanceté pourtant pas négligeable dans les classiques de la Shaw. Il s'agit de faut de donner à voir toute la série d’humiliations subies durant l’entraînement martial qui ont fait de the Bride la superhéroine invincible du Volume 1. Après un Volume 1 jouant déjà sur l’attente du spectateur pour l’étonner en permanence, Tarantino prend à contrepied les attentes qu’a pu susciter le Volume 1 : un univers de western oui mais point de surenchère de virtuosité ni de gunfights homériques. SPOILER La scène du massacre de la chapelle se focalise par exemple sur l’avant-massacre. Le canardage est alorsexpédié sous le forme d’un plan d’étincelles vues de l’extérieur qu’on croirait échappées de Sonatine combiné à un mouvement de surélévation de la caméra. FIN SPOILER La vengeance de the Bride continue oui mais dans un film où l’on parle –et de loin, l’action est réduite à la portion congrue- beaucoup plus que l’on se bat là où le précédent était un festival d’action pure et de vengeance en action. Le final se révèle quant à lui très bavard là où l’on aurait attendu un face à face martial maître/élève. Mis à part les passages concernant Pai Mei et celui du cimetière, le seul moment d’adrénaline du film est le bref face à face the Bride/Elle Driver qui transpose dans un contexte américain les acquis stylistiques rayon action du Volume 1.

SPOILER D’ailleurs Budd et Elle Driver ne seront pas vraiment tués de main d’homme. L’un périra du venin d’un serpent en regrettant d’avoir laissé passé la chance de couler des jours tranquilles tout en ayant à supporter la lecture par Elle d’un speech sur son « assassin » glané sur le web. L’autre sera éborgnée une seconde fois par the Bride, laissée aveugle en attendant que le serpent lui règle son compte. Là où Elle Driver est caractérisée façon comic book par l’œil qu’elle a perdu pour avoir dit un mot de trop à Pai Mei, le personnage de Budd est véritablement développé par le film. Il s’agit d’une sorte de frère raté de la figure de surhomme qu’est Bill Cet ex-cowboy est désormais condamné à bosser dans une boite de strip tease vide de clients, à supporter les critiques de son patron (1) tout en vivant dans une vulgaire caravane. A deux doigts de se refaire en piégeant the Bride et en l’enterrant vivante pour obtenir un sabre en forme de route vers la fortune, il périra en ayant touché du doigt son reve et en le voyant partir en fumées. FIN SPOILER Si Budd est avec O Ren Ishii l'opposant de the Bride hors Bill le plus développé, c'est aussi qu'il s'agit dans les deux cas du personnage donnant sa tonalité au volet, vengeance sabrée pour le Volume 1, vengeance westernienne pour le Volume 2. Et que sa déchéance incarne une grande ligne directrice du film qui montre d'anciennes figures mythiques obligées de faire face à une vie réelle plus prosaique, celle d'une Amérique profonde désertifiée et monotone. Sans désquilibrer un second volume centré sur Bill, il s'agirait plutot d'une longue digression qui finirait par recouper l'intrigue principale caractéristique des romans classiques. Plus du tout de violence cartoonesque comme dans la partie asiatique du Volume 1 mais un univers où l’on humilie plutot que l’on tue de sang froid. La mort d’une certaine idée Bis du cinéma se fait ici dans la lenteur, dans le calme d’une étendue désertique plutôt que dans le feu d’artifice du Volume 1. La grande affaire du Volume 2, c’est de poser la complexité des rapports Bill/the Bride et ce dès le début. SPOILER Lors de la discussion d’avant le massacre de la chapelle, les dialogues entre eux posent un Bill partagé entre son désir de revanche face à celle qui ne lui a donné aucun signe de vie et son affection toujours vivace pour elle. The Bride veut d'ailleurs épouser –supreme humiliation- un vendeur de disque un de ces nerds qu’était QT à l’époque où il était vendeur de vidéoclub. En somme une de ces figures de la vraie vie tellement moins palpitante que ce monde du cinéma que veut quitter the Bride et sur lequel règne Bill-. La tendresse entre les deux personnages est alors de celles qui précèdent les tempetes. Quant aux quiproquos des présentations de Bill au marié, ils révélent la gene de the Bride et Bill. FIN SPOILER

Et surtout cette dernière partie du film qui rèvèle au travers de l’hilarant personnage d'Esteban Vihaio que SPOILER derrière cette figure surhumaine qu’est Bill se trouve un cinéphile qui s’est réfugié dans la fascination érotique, régressive pour des stars hollywoodiennes iconiques parce qu’ayant grandi avec un père absent (2). Ce détail rappelle que QT fut élevé seul par sa mère, ne voyant jamais son père, un certain Tony Tarantino dont le nom a fait pourtant sa gloire, FIN SPOILER. Bref après the Bride dans le Volume 1 QT semble ici avoir projeté une partie de lui-même dans un Bill conteur comme lui, désireux de maitrise de ses "créations" comme lui, amoureux comme lui de mythologies populaires mais ayant comme lui un regard mêlé d’admiration et de distance ironique vis à vis de ces mythologies. Le Volume 2 voit d’ailleurs le grand retour des dialogues sur la culture populaire qui ont fait la gloire du cinéaste. Il n’y a pas de punchlines se détachant vraiment comme le speech sur Madonna ou celui sur le Big Mac parce que le cinéaste maitrise assez son art désormais pour les rendre toutes mémorables. Mais si rétrospectivement au vu de la dimension psychologique ici présente le climax du Volume 1 était the House of Blue Leaves (3), celui du Volume 2 est sa seconde partie, climax émotionnel plus que spectaculaire.

En terme de mise en scène, le film est moins stylisé que le précédent ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. La lenteur apaisée de cette seconde partie ne se serait pas bien mariée avec la stylisation épique de la première. Les cadrages sont par contre toujours d’une grande précision, très rapprochés pour créer une sensation d’intimité avec les personnages. Le fondu enchaîné est bien utilisé et les grands espaces sont cadrés en plan large avec autant de précision. Les zooms sont utilisés dans toute leur diversité. La focale sait se faire discrète et l'ensemble brille plutot par son classicisme à l'opposé du bon maniérisme du volume précédent. Comme belles idées de mise en scène, on trouve le fait de mettre le passage du massacre d’El Paso en noir et blanc. The Bride en couleur arpentant une route en noir et blanc en forme de chemin vers son trauma initial est une autre belle idée de mise en scène. L’usage de l’écran noir et du changement de format d’écran enfonce lui le clou Bdesque du film lors du passage du cimmetière tout en servant l'ambiance claustrophobique de la scène. Et surtout la dernière partie où Tarantino ajoute une corde à son arc en se révélant grand cinéaste de la cellule familiale, confirmant le talent de cinéaste intimiste entrevu dans Jackie Brown. Le film fonctionne-t-il d’un trait en deux volumes? Il faut à mon sens concevoir Kill Bill comme deux épisodes d’un sérial à l’envers se répondant et se complétant, deux œuvres liées entre elles, « à suivre » tout en ayant leur structure autonome. Mais les échos entre chacune des parties, entre leurs structures fait que le film fonctionne impeccablement d'un trait, evitant meme grace à ses respirations le risque de l'indigeste. Ma préférence? Les deux ont chacun leurs gros points forts et leurs petits ratages. L'un pousse à son paroxysme le goût du cinéaste pour les scores décalés et transcende avec virtuosité un pitch de série B basique pour offrir un monument de cinéma pop, l'autre, au détour d'une démonstration de l'art tarantinien dans ce qu'il a de plus routinier, montre QT projeter une partie de son vécu et la vision qu'il a de son rôle de cinéaste dans le personnage de Bill.

Avec ce second Volume, QT aura prouvé que le travail psychologique plus élaboré d’un Jackie Brown, son calme hérité du cinéma américain classique pouvait en partie se retrouver dans un scénario tarantinien original. Contrairement à ce que le reste de son œuvre laissait penser, il n’était donc pas le seul fait d’Elmore Leonard. On pourrait d’ailleurs voir ce diptyque comme une scission des deux Tarantino, d’un coté le cinéaste de l’intensité apprécié par ses fans, le cinéaste recycleur toujours cinéphile et bissophile refusant de rentrer dans le rang des auteurs de festival malgré sa reconnaissance, de l’autre l’héritier d’un certain cinéma américain classique tenté par l’assagissement de son cinéma et le statut d’auteur américain hors modes chéri des sélectionneurs festivaliers au risque de ne plus susciter la même effervescence autour de chacun de ses projets. Qui sont les deux faces d'une même médaille vu qu'on retrouve un peu de l'esprit du Volume 1 dans le passage concernant Pai Mei et le combat Elle/the Bride et que certains types de scènes, certains choix de mise en scène du premier volume -le noir et blanc, l'influence Leone...- répondent en miroir à ceux du Volume 2. Une chose est sûre : il ne peut pas aller plus loin dans la voie postmoderne du Volume 1 sous peine de risquer l’autoparodie. Il lui faut réinjecter un peu de vraie vie dans son cinéma, chose (re)commencée par ce Volume 2 (re)parlant de la façon dont la culture populaire influence la vie de ses personnages tout en comportant quelques éléments autobiographiques. Jeter par-dessus bord ses influences ? Il a encore le temps, son œuvre a déjà un style bien à elle malgré leur abondance, d’autres grands du cinéma contemporain ont mis deux décennies pour y arriver. Avoir quelque chose à dire au sens écrivain du dix-neuvième siècle? Déjà fait avec Jackie Brown qui disait le vieillissement, les regrets amoureux, la lassitude. Et pas aussi nécessaire que le pensent ses détracteurs, le cinéma n’a pas à être de l’US Postal sur celluloïd. Appliquer la virtuosité gagnée par le Volume 1 à son projet de film de guerre pourrait être une direction possible. Ou bien calmer la nouvelle surchauffe de hype avec un petit budget tiré d’un des Elmore Leonard dont il détient les droits d’adaptation.

Le diptyque Kill Bill pourrait être sa dernière grande création avant déclin ou le prélude d’une seconde partie de carrière parce qu'il aura poussé à son point limite son projet de cinéma en le radicalisant. Et en offrant un film en forme de point limite de la postmodernité. D'un autre coté, Tarantino peut-il renouveler de façon fondamentale son projet de cinéma? On en doute. Une chose est sure, on veut connaître la suite et on n’a pas envie d’attendre 6 ans de plus pour la découvrir. En savourant en attendant un dyptique qui consitue les deux plus beaux films de vengeance sur la vengeance, la vengeance, rien que la vengeance depuis la Loi du Milieu avec lequel l'ensemble partage le gout pour les moments de lenteur jouissive dans le découpage et l'exécution des plans revanchards, les ruptures de ton brusques et les moments de pur cinéma pop.

(1) et en étant obligé de nettoyer les WC, idée qui grossit un peu trop le trait de son humiliation

(2) un maquereau cherchant à jouer les vieux beaux latins avec l'accent et les attitudes qui vont avec dans un décor qu'on croirait échappé d'Apportez moi la tete d'Alfredo Garcia.

(3) placé en milieu du diptyque là où d'autres cinéastes auraient placé ce type de scènes/coup d'éclat en début ou en fin de film.



21 mai 2004
par Ordell Robbie




Bye bye and good luck Bill...

Une parfaite lettre d'amour pour un genre, adulé par Quentin Tarantino : le western italien dans toute sa splendeur. Pour clore cette petite saga, immense de qualité, Tarantino nous livre sur un plateau doré une digne suite de son chef d'oeuvre. Ici l'action, la folie visuelle et la démence de la mise en scène laissent place à un film plus posé, plus étudié dans le fond, un véritable contraste qui aveugle. Plus thriller, définitivement plus sérieux dans l'âme, Kill Bill vol2 enchaîne scènes cultes sur cultes, de tout poil et tout style : grosse référence pour Chang Cheh et Lo Lieh pour la mémorable séance d'entraînement, pour le grand Lucio Fulci lors de la scène de l'enterrement vivant. Le tout sous fond de musique Funk et de western italiens (Le Mercenaire, Navajo Joe, Le Bon la brute et le truand...). Le final avec Bill est mémorable. Une saga mémorable. Laissons les vrais cinéphiles faire leur boulot, Tarantino en est l'exemple parfait.

27 février 2006
par Xavier Chanoine


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