
Comment peut-on prendre à ce point ses spectateurs pour des imbéciles ? Comment peut-on prendre tant de risques de griller sa carrière en signant un film pareil ? C’est pourtant ce qu’a entrepris un certain Julien Séri avec Les Fils du Vent, une sorte d’immonde bouillabaisse où se conjugueraient de manière improbable :
On dirait un film amateur ; et très franchement, on n'en est pas loin. On a l'impression de voir ce que l'on voit un peu partout sur internet : un film d'arts martiaux dont les acteurs sont bons artistes martiaux mais très mauvais comédiens. Et d'un point de vue scénaristique, non seulement l'idée de base est comme le reste un peu un prétexte à toutes les galipettes, mais en plus elle rassemble de nombreux clichés vus et revus dans d'autres films. Coté dialogue, c'est encore là assez prétentieux avec un peu trop de grandes phrases philosophiques autour de l'amitié, la confiance, et bla et bla et bla.
Néanmoins, ce n'est pas si prétentieux que d'avoir tenté l'aventure sur grand écran. Vu la qualité assez minable de l'ensemble, c'en ait même courageux, et c'est un bel esprit que d'avoir fait confiance aux qualités désastreuses des Yamakasi en terme de comédie. Elodie Yung s'en sort nettement d'ailleurs mieux que ses collègue et en plus assure bien sa partie action. Partie qui est bien évidemment réussie par une bande de casse-cou adeptes de la balade sur les toits ; les scènes d'actions sont filmées assez énergiquement, parfois un peu imprécises par un montage qui donne mal à la tête mais on est rarement déçu.
Evidemment on est loin de la qualité technique d'un Banlieu 13 qui gagne par une production très soignée et des artistes martiaux d'un niveau bien supérieur, et en plus assez bons comédiens. Mais finalement, ce serait dommage de descendre ce qui est, à mon sens, un petit film assez léger, qui a voulu retransmettre dans un long métrage, la quantité de savoir amateur que l'on peut trouver sur internet sans jamais la chercher. La naïveté du débutant a aussi son charme.

Les seuls atouts de ce film sont quelques les filtres piqués à Caro-Jeunet pour soigner un peu l'image, la nana (on ne peut décemment pas utiliser le terme acteur pour ce film) mignonne et surtout sa durée qui heureusement n'excède pas 90 minutes (+ 0,5). De toute façon, au bout de 10 minutes le cerveau était déjà parti en sucette et mes yeux ne saurait produire assez de larmes pour exprimer tout le désespoir ressenti devant un spectacle aussi affligeant. Et dire qu'ils s'y sont mis à 4 (oui 4 !!!) pour accoucher de dialogues aussi niais. Terrifiant ! (- 0,25)

