L'amour aveugle
Dernier de la "trilogie du samouraï" de Yamada; bien que le réalisateur aurait largement de quoi faire pour entamer une autre série de l'envergure de ses "Tora San", l'auteur original des trois romans originels en ayant signé une cinquantaine au total…S'il n'y avait la mortalité de l'homme; ce qui ne semble soucier outre mesure le quinquagénaire Yamada, qui fait preuve d'une belle vitalité pour signer ce troisième succès.
Fort de ses précédents, il persévère dans sa lenteur d'exécution, qui n'est pourtant jamais ennuyeuse. Toute la première partie du film décrit méticuleusement la cérémonie du "goûter" des sbires au service de leur maître pour lui goûter ses plats; et à Yamada de dépeindre délicatement la belle relation que lie le samouraï à sa femme. Relation, qui va prendre toute son importance dans la seconde partie du film: tout d'abord pour prouver l'amour, qui va surmonter cette terrible épreuve de la vie et manque de plonger l'homme dans un désarroi jusqu'à vouloir ôter sa propre vie; puis dans l'affreux doute par rapport à l'intégrité même de sa femme. Une seconde partie réellement à part, qui débouche sur un magnifique chambara, dont le duel est bien loin de ceux du masseur aveugle Zatoichi. Réel handicap, le samouraï saura pourtant transformer sa cécité en une terrible arme à son avantage.
Un oiseau se mourra, mais la cage est brûlée et la vie de l'homme pourra prendre un nouveau chemin de liberté.
12 février 2007
par
Happy