Quand l’universalisation devient démystification
... ou quand trop d’ingurgitation entraîne l'indigestion.
Que des actrices chinoises jouent des japonaises, des geishas de surcroît, ça ne passe pas, ça ne passe plus, ce type d’approche est démodé à l’heure où la Chine continentale développe son cinéma, et où la Thaïlande, le Japon, la Corée et l’Inde font de même, non plus sur des petits films d’auteur discrets, mais bel et bien sur de grosses productions notables, qui désormais s’exportent. Tourner un film aux US en faisant fi de ce « détail » identitaire relève de la gigantesque blague, méprisante à l’égard de toute production asiatique. Cette volonté n’est a priori pas le cas dans les notes d’intentions d’un Steven Spielberg, ici producteur, ayant longtemps affiché sa passion pour ce cinéma local. Il a affirmé il y a longtemps avoir montré Totoro en version originale non sous-titrée à ses propres enfants, et il a produit du Kurosawa avec son pote Coppola. Qu’a-t-il bien pu se passer sur le cas Geisha ? Les japonaises sont-elles moins « bankable » que les chinoises ? Il est difficile de croire à ce point à la renommée de ces actrices chinoises, puisqu'un Tigre et Dragon a marché au box office tel quel. Pourquoi ne pas avoir choisi une japonaise comme KURIYAMA Chiaki (Kill Bill) par exemple, voire même des inconnues totales, le succès du livre garantissant déjà un afflux conséquent de spectatrices? Est-ce un choix délibéré, une provocation pour universaliser une histoire et calmer le racisme ambiant entre chinois et japonais? Non, il suffit d’imaginer qu’un acteur allemand joue le rôle d’un français pour cerner l’ampleur de l’aberration, ce qui, soit dit en passant, n’a pas été le cas sur le Munich du même « Tsui Hark américain ». Cette fois-ci réalisateur... donc davantage impliqué?
Outre qu’il soit difficile de trouver du plaisir en tentant de contourner cette enclume géante, « Mémoires d’une Geisha » gère très moyennement ses ressorts dramatiques. Le film enchaîne les évènements avec une fainéantise très professionnelle. Chacun y met du sien pour toucher la thune des autres en assurant le minimum syndical sur ce livre d’images convenu. Du beau monde cachetonne pour aboutir à un bel objet, aussi joli qu’une vitrine de magasin qui aguicherait le chaland avec des chinoiseries colorées, sans aucun état ni aucune once d’âme. Pourtant, et c’est là que ça devient intéressant, en se détruisant ce film en devient un autre. Enorme. Il ridiculise le bouquin en démystifiant, malgré lui, les geishas. Parce que les actrices sont chinoises, le fan de cinéma asiatique prendra soudain beaucoup de recul par rapport à ces personnages. La fausseté de la plupart des scènes - dominées par le grotesque apprentissage donné par Michèle Yeoh - renforce la superficialité même de ces femmes, accentuant davantage leur statut de pute de luxe, et ridiculisant plus encore la voix off, douce et factice, d’une ancienne geisha trouvant dans toutes ces paillettes de quoi contester cette évidence. Ainsi le folklore japonais tant apprécié par certains y est joyeusement saccagé par ce choix irrespectueux, amusant pour ceux aimant voir les conventions bousculées, mais ne suffisant pas pour autant à sauver les meubles. On aurait pu se rattraper sur le fort potentiel sexuel de la chose, mais non, même pas, tout est aseptisé par des images très softs et des mots clefs modifiés. La virginité devient une « valeur », la btie une « anguille », le vagin une « grotte » etc… On préfèrera apprécier le jeu charmant tout en nuances de KUDOH Youki, et celui motivé de YAKUSHO Koji, plutôt que de pleurer sur un WATANABE Ken bientôt spécialiste de la disparition des icônes japonaises made in USA. Après avoir été Le Dernier Samouraï, le voici aux côtés d’une des dernières geishas. Gageons que dans un prochain film, c'est lui qui piquera la dernière part de sushi.
Un film qui ne restera pas dans les mémoires
Il est possible que cette critique connaisse quelques modifications une fois le film sorti et vu une seconde fois.

C’est après de longs mois d’attente qu’il m’a enfin été donné de découvrir l’adaptation du best-seller d’Arthur Golden, Mémoires d’une Geisha (le livre porte en France le titre Geisha et Sayuri au Japon). Le livre, vendu à plus de 4 millions d’exemplaires en anglais et traduit dans 32 langues, raconte l’histoire d’une petite fille japonaise, Chiyo, qui est arrachée à sa famille pauvre pour aller travailler dans une maison de geishas. Le roman prend la forme de mémoires pour nous faire découvrir le long et difficile apprentissage qui fera de Chiyo la geisha la plus prisée de son temps : Sayuri.
Le livre d’Arthur Golden n’a en aucun cas la prétention de se faire passer pour un document historique, bien au contraire. Il s’agit avant tout d’un roman qui s’adresse à tous et qui parvient parfaitement à remplir son double rôle : divertir le lecteur et lui faire découvrir l’univers des geishas. L’auteur n’est pas écrivain à la base : Arthur Golden a étudié à Harvard, où il a obtenu un diplôme en histoire de l’art avec une spécialisation en art japonais. Il obtient en 1980 sa maîtrise en histoire japonaise et apprend le mandarin. Il a travaillé à l’Université de Pékin puis à Tokyo. Il a enfin passé une maîtrise d’anglais à l’Université de Boston. Il lui a fallu six ans pour poser les bases de Mémoires d’une Geisha ; il entame en 1994 la rédaction de son manuscrit, qui allait devenir son premier roman publié et un succès mondial.
Ecrit dans un style on ne peut plus simple, le livre nous plonge en quelques pages dans un monde que peu de gens connaissent : celui des geishas. Le récit prend place en 1929, quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, alors que l’âge d’or des geishas touche à sa fin. Tout au long du roman, le lecteur est amené à découvrir l’univers étrange et somptueux dans lequel évolue Sayuri. Ce qui fait la grande force du roman, c’est le monologue intérieur de Sayuri, ses observations sur un monde qu’elle ne connaissait pas plus que le lecteur de nos jours. Ainsi, Arthur Golden parvient à nous faire découvrir tout un pan de la culture japonaise à travers les yeux de son héroïne. Le lecteur commencera par découvrir ce qu’est une geisha, quels sont les arts qu’elle pratique et quels sont les rituels qu’il lui faut maîtriser. Il découvrira le quartier dans lequel elle vit et ce qui se passe derrière les portes des maisons de thé. Le lecteur suit en fait l’apprentissage de la jeune Chiyo et sa métamorphose en en un être extrêmement raffiné qui est à la fois danseuse, chanteuse, musicienne, qui pratique l’art de la conversation, de la coiffure, du maquillage et de l’habillement.
Ainsi, sans être un ouvrage exhaustif sur le sujet, Mémoires d’une Geisha est une parfaite introduction à cet univers, en plus d’être un très bon roman.
Il va de soi que le livre a un très fort potentiel cinématographique, que ce soit au niveau de l’histoire ou sur un plan simplement esthétique. Steven Spielberg souhaite très vite adapter le livre sur grand écran et achète donc les droits pour tourner un film qu’il ne réalisera finalement jamais. En effet, son emploi du temps ne lui permet pas de concrétiser ce projet qu’il confiera finalement à Rob Marshal, auteur de Chicago, premier métrage du réalisateur, qui sera récompensé par l’Oscar du meilleur film.
Si le réalisateur hérite du projet, il faut savoir que les actrices sont choisies depuis un bon moment. Spielberg a souhaité avoir Zhang Ziyi dans le rôle principal. De même, Gong Li était pressentie pour interpréter la terrible Hatsumomo tandis que Maggie Cheung était sollicitée pour le rôle de Mahema. Ce sera finalement Michelle Yeoh qui obtiendra le rôle.
S’il est vrai que le choix des actrices avait de quoi surprendre, on peut toutefois comprendre ce qui a poussé les producteurs à choisir Zhang, Li et Yeoh. Ce sont des actrices connues (et qui vont donc générer un grand nombre d’entrées), qui peuvent jouer en anglais et qui ont la réputation d’être de bonnes interprètes. De ce fait, on pouvait espérer avoir ici un jeu de qualité.

Pourtant, il faut bien avouer qu’il est très difficile d’accrocher aux personnages. Impossible de voir là trois japonaises. Gong Li est ici de toute beauté et livre une interprétation de grande qualité. Les expressions de son visage expriment à elles seules toute la personnalité du personnage de Hatsumomo. Michelle Yeoh offre une interprétation assez quelconque, voire banale et ne parvient jamais à faire oublier combien il est impossible de la confondre avec une japonaise. La grosse déception vient de Ziyi. Et l’on comprend soudain qu’elle n’ait pas été nominée pour l’Oscar du meilleur rôle féminin. Et l’on peut même être surpris que cela ait suscité un tel étonnement et que le Golden Globe de la meilleure interprétation féminine lui ait été attribué. Pourtant, il faut dire que l’actrice a un sacré potentiel. Il était donc possible d’espérer la voir ici donner le meilleur d’elle-même. Il n’en est rien. Et il est extrêmement agaçant de constater combien elle semble au contraire s’enfermer dans un jeu qui apportera de l’eau au moulin de ses détracteurs : mêmes mimiques vues mille fois, même sourire "supra kawai" que lors des conférences de presse ou des publicités, même regard triste que dans ses plus grands succès. Bref, aucune surprise ici et c’est bien dommage. Faut il en déduire que les espoirs placés en elle sont vains ? Bonne question.
A noter que Ken Watanabe est ici tout à fait à sa place. Il est impressionnant de voir combien l’acteur sait donner vie à son personnage et l’animer à la perfection. C’est bien le Président du livre que l’on retrouve sous nos yeux à l’écran. Jolie performance bien que non exceptionnelle pour autant.
Dernière petite précision concernant le jeu des acteurs : la petite fille interprétant Chiyo a été très bien choisie. Tout d’abord parce qu’il est possible de croire qu’elle ressemble à Ziyi plus tard, mais surtout car elle joue bien mieux que cette dernière dans le film.
A noter que le fait de forcer les interprètes à avoir un accent "japonais" est insupportable pour l’oreille. L’anglais de Zhang Ziyi est d’ailleurs vraiment perfectible et il faut dire qu’il se détache très fortement de celui des autres acteurs tant il semble peu naturel. L’actrice semble clairement manquer d’aisance et il convient de se demander si son interprétation ne souffre pas de ses lacunes dans cette langue plutôt que de son manque d’inspiration ou d’une mauvaise direction d’acteurs (qui semble toutefois évidente ici).
La musique est pénible car trop présente, trop appuyée. Les morceaux sont jolis mais sans plus. Aucun ne se démarque vraiment et il est dommage de constater que le thème de la bande-annonce japonaise est absent du long-métrage. On retrouve de très nombreux instruments typiquement japonais et l’on sombre presque dans le cliché sonore tant la musique est insistante par moments. A noter la présence d’un morceau de musique américaine d’époque, choix peu judicieux tant il marque une rupture à cet instant et semble soudain révéler combien ce film n’est que vulgaire contrefaçon et, pire encore, œuvre sans inspiration.

Le film est clairement artificiel. Pour de nombreuses raisons, il est impossible de réellement accrocher à l’univers. Les personnages sont peu convaincants, la manière de filmer bien peu appropriée, la musique écrasante… et l’on a le sentiment d’étouffer. Réellement. Les décors, bien que soignés, ne convainquent jamais réellement. On manque d’espace, on manque d’air, on manque de lumière naturelle. Parlons justement des éclairages : tout au long du film, ceux-ci semblent bâclés tant on sent combien ils sont artificiels. A aucun moment on se croit réellement dans un décor naturel, jamais on a le sentiment d’être ailleurs que dans un studio. Sauf lors des quelques passage où l’on est incontestablement en plein air (pas si courant que l’on voudrait nous le faire croire), on a le sentiment que quelques mètres au dessus de ce que l’on voit se trouve le plafond du studio. Les personnages sont prisonniers de cet univers contrefait, prisonnier de ce bel aquarium qui manque d’espace et de lumière.
Rob Marshal ne convainc pas ici. Il sait filmer, c’est probable. Mais il ne sait pas le faire de manière un minimum subtile. La caméra bouge trop, ne se pose jamais assez longtemps et impose un rythme qui n’est certainement pas approprié ici. La mise en scène est trop moderne et n’est jamais en adéquation avec les scènes qui sont filmées. Le comble de cette grossière réalisation est incontestablement le moment où Sayuri fait sa danse sous la neige. Outre le fait que la danse en question n’ait rien de traditionnel, tant elle manque de retenue dans ses mouvements brusques et vulgaires, Rob Marshal capture la scène de manière bien peu adaptée. Nombreuses coupes, beaucoup de mouvements, beaucoup d’agitation, tout cela pour bien peu de choses… La danse n’a rien d’impressionnant ou de particulièrement beau, surtout avec les distances que le réalisateur nous impose. Comment ne pas avoir l’impression d’être détaché de cette scène quand elle est filmée comme on filmerait une scène d’action ? Comment faire preuve d’un minimum de sensibilité quand l’image à l’écran ressemble plus à un clip pour le dernier morceau à la mode sur MTV qu’à une danse traditionnelle du siècle dernier ? Comment ressentir une quelconque émotion quand le résultat semble se dérouler de manière si rapide que l’on en vient à se demander sérieusement si l’image n’a pas été accélérée ? Au final, ce n’est pas la danse ou la façon dont elle est filmée qui est belle, c’est peut-être la beauté de son interprète, et encore. C’est la seule explication que je parviens à imaginer pour justifier l’émerveillement de certaines personnes devant une scène qui tue à elle seule tout le film tant elle réunit et amplifie ses principaux défauts : vulgarité, manque de retenue, et donc une incompréhension totale des enjeux du roman qui, lui, cherche clairement à montrer combien une geisha fait preuve de finesse et de retenue et se doit donc de maîtriser le plus infime de ses gestes. C'est simple, au final, cette scène est filmée comme un combat de Terminator 3... C'est quoi le titre du film que je viens de voir, déjà ? Ah, oui, un truc comme "Ziyi 3 : le soulèvement des geishas", non ?

Je parle pour l’instant principalement des défauts mais il faut avouer que le film possède des qualités certaines. Tout d’abord, il faut préciser que le déroulement de l’histoire respecte particulièrement bien le livre. C’est un très bon point dans la mesure où adapter un roman qui prend la forme de mémoires n’est pas un exercice facile. En effet, comme je l’ai précisé plus haut, c’est le dialogue intérieur de l’héroïne qui fait la force du livre d’Arthur Golden. De même, le fait de résumer en 2h20 un roman de plus de 600 pages pouvait inquiéter. L’adaptation est pourtant très soignée et le déroulement des événements est respecté à la lettre. Joli travail. Dans un autre registre, il faut dire que certains plans sont très réussis malgré les défauts cités plus haut. L’histoire se suit facilement et c’est avec plaisir que l’on voit les personnages du roman prendre vie. Dommage que l’on ne parvienne pas à accrocher vraiment sur toute la longueur du film.
Petite note sur le scandale déclanché en Chine et au Japon : s’il est évident que le choix des actrices joue pour beaucoup dans cette histoire, il convient toutefois de préciser que la censure du film en Chine est totalement injustifiée. Des dizaines de milliers de chinois ont réclamé la censure du film (et que Zhang Ziyi soit sévèrement punie, voire tuée !) pour une scène qui a conduit nombre d’entre eux à traiter l’actrice principale de prostituée et à l’accuser de trahir son pays. Qu’en est-il de cette scène ? Hé bien, il faut avouer que la surprise est de taille car nous ne voyons rien et d’ailleurs rien ne se passe. Il y a simplement le dos nu de Zhang Ziyi à proximité d’un baron japonais qui a souhaité abuser d’elle. Rien de plus. Aucune scène d’amour. Oui, tout ça pour ça…
Finalement, s’il est vrai qu’il me faut tenir compte du statut du film pour lui attribuer une note, je ne peux me résoudre à être suffisamment indulgent pour ne pas tenir compte de ses quelques défauts. C’est donc à sa réalisation inadaptée (Rob Marshal ne fait ici preuve d’aucune subtilité) que Mémoires d’une Geisha doit principalement sa note moyenne. C’est également le manque de respect de ce pan de la culture japonaise qui incite à le pénaliser. Toutefois, le fait que ce film soit avant tout un divertissement à gros budget et s’adressant au plus grand nombre incite à ne pas trop baisser la note. C’est finalement avec sévérité et indulgence à la fois que le film obtient son 2.75.
Un conseil en conclusion : pour le prix de la place de cinéma (et même moins cher), allez vous acheter le livre, vous passerez un bien meilleur moment. Car s’il est vrai qu’il est réellement impossible de décrocher de ce roman avant de l’avoir terminé, il faut bien avouer que le film produit l’effet inverse.
Vulgarisation pour occidentaux
L’étude de marché hollywoodienne avait bien défini la cible marketing : la ménagère occidentale de moins de 50 ans en mal d’exotisme et d’histoire d’amour, qui a déjà entendu le mot « geisha » en imaginant vaguement à sa prononciation une pétasse aux yeux bridés, fardée à outrance de poudre blanche sur la tronche avec un gros nœud dans le dos. Ah oui, et habillé en kimono, assise sur un tatami, et avec un grand sourire de faux derch. En somme, un énorme potentiel de dollars qui nécessitait plusieurs pré-requis :
1- La caution d’un livre qu’on a fidèlement adapté à l’écran, en gage de sérieux
2- Les dialogues doivent être en anglais, hein, on s’appelle pas Mel Gibson avec ses délires de films en araméen ou en maya je-sais-plus-quoi et ses sous-titres tout le long qui font mal à la tête, faut pas déconner.
3- Des acteurs et actrices qui se sont déjà faits un petit nom en dehors de leurs frontières d’origine, histoire qu’on puisse se dire « ah attends, on l’a pas déjà vu quelque part elle ? Mais si, elle me dit quelque chose, elle a pas joué dans le film où ils volent sur les toits là, tu sais, Lions et dragons ? Non Tigre et Dragon ! Ah oui c’est ça ! Et l’autre là, c’est pas celui qui jouait avec Tom Cruise y’a pas longtemps ? La vache, t'es physionomiste toi ! ». Du coup, peu importe leur nationalité, des chinois peuvent très bien faire l’affaire pour jouer des japonais, on ne fera de toute façon pas la différence, et en plus ils parleront anglais.
4- Des jolis décors, des jolis costumes et une jolie photo, pour faire comme là-bas dis, comme si qu’on y était vraiment.
5- Une dimension éducative, pour qu’à la fin nos jeunes ménagères se disent « Je croyais que c’était juste des prostituées mais en fait elles étaient plus que ça, elles savaient danser et chanter ! Ouais c’est dingue, elles devaient pas avoir la vie facile, vendues comme ça par leurs parents dès leur plus jeune âge… Tu m’étonnes, mais bon c’était non plus trop désagréable, elles se faisaient belles toute la journée et tenaient compagnie aux hommes sans se donner systématiquement à eux, ça c’est plutôt cool ! »
Le cahier des charges ci-dessus est sans doute cynique, mais je suis sûr qu’il y a une part de vrai… Mémoires d’une geisha est en effet un peu toc pour qui est habitué au cinéma nippon, mais il remplit correctement son rôle de vulgarisation d’une culture très peu comprise et très caricaturée en Occident. Si l’histoire s’avère sans surprises, elle se laisse suivre sans grande difficulté grâce au savoir-faire qu’ont les américains à emballer un récit dans un beau paquet cadeau esthétique qui retient l’attention. Allez, c'est déjà pas si mal.
Dommage que ce soit réalisé par un americain 
Les acteurs sont excellents (surtout Zhang Zi Yi, et son personnage enfant), les décors et les costumes sont magnifiques, l'histoire est trés interessante (bien que la fin soit à mon goût trop prévisible).
Le seul probléme, selon moi, c'est que le film pert de son charme, dans sa façon d'être filmée : beaucoup trop occidentale, et commerciale
Mais ça reste un trés bon film, que je vous conseil d'aller voir.
"plaidoyer en faveur de l'intolérance"
Ces temps ci, j'ai pu voir en francais un film américain sur des geishas jouées par des actrice chinoises. Une certaine idée du multiculturalisme dépolitisée en somme (et qui en juste retour a appelé à sa politisation de l'extérieur) qui a eu le don de m irriter en tant que spectateur de cinéma, et qui irriterait encore qui voudrait éprouver un regard au cinéma.
Car memoirs of a geisha, c'est le degré zéro du regard, un principe d'indulgence et de pis aller à tout ce que l'on peut voir. Voyez ces geishas, incarnations de beauté et d'élégance. Elles ne sont rien d'autre que Ca. Voila l'assomante tautologie contenue et assénée durant deux heures. La vulgarité et la barbarie la plus certaine (Zhang Ziyi qui vend sa virginité par exemple) est parée du prisme de l'élégance et la noblesse formelle faite geisha. C'est que l'élégance est geisha. Et la geisha élégance. Ca ne s'explique pas; c'est comme ca voyez vous, ca s'accepte, dans un acquiescement forcé (la scène de danse est montée ainsi, pour nous soumettre à cette beauté, entrecoupée de gros plans sur des spectateurs béats). Et y a-t-il de la place pour autre chose que cette rupture entre l'intelligence et son objet? Des miettes, car on ne peut que couper avec force tout ce qui pourrait la menacer. Ce qui reste, des gros plans lorsque les visages sont tristes et des plans de paysage.
Comble ultime, cette beauté montrée comme évidence jamais réellement interrogée et sous le regard d'un monde tolérant, c'est l'incarnation même de ce que l'on fuit en s'enfermant dans l'obscurité si précieuse d'une salle de cinéma.
Ah mein Gott!! 
WOW, j'ai failli verser une larme!!!
Qui aurait imaginé une fin pareille après moult péripéties... Que la vie est cruelle, et qu'est ce qu'elle est belle!!!
et si vous hésitez à le voir, n'hésitez plus, allez-y franchement. ce sera pas du temps perdu, parole de scout!!!
SUPERBE ET EMOUVANT 
Réalisateur américain, casting chinois, malais et japonais, film tourné en langue anglaise, j'étais sceptique avant d'aller voir le roman d'Arthur Golden porté à l'écran mais je me suis dit que pour 3,50 € je ne risquais pas grand chose. Et j'ai été vraiment agréablement surpris dès les premières minutes du film... Certes, l'histoire peut paraître convenue et les rebondissements demeurent bien peu nombreux. Pourtant, on suit avec intérêt le destin de Chiyo, petite fille vendue comme simple servante dans une maison de gueishas et dont la vie dramatique nous est ici contée. Côté acteurs, on a droit à une prestation en tous points irréprochable, tous se comportant avec suffisamment de professionnalisme pour donner de l'ampleur à leur personnage. Mention spéciale à Zhang Ziyi qui s'exprime plutôt très bien en anglais et qui prouve encore une fois s'il en était besoin qu'elle est une comédienne remarquable, sa spontanéité, sa fraîcheur et sa beauté étant des atouts non négligeables pour le film. La mise en scène est sobre et posée tandis que la photographie reste magnifique du début à la fin aidée en cela par les magnifiques couleurs des vêtements et des paysages naturels entre autres mais aussi par un éclairage savemment étudié qui sublime un ensemble esthétique déjà irréprochable. La scène où Sayuri danse est d'ailleurs un moment de pur bonheur, ceux qui l'ont vu s'en souviennent certainement tant l'instant apparaît magique et irréel. Bref un film peut être peu original, j'en conviens, mais un film travaillé et émouvant qui m'a convaincu et durant lequel je ne me suis pas ennuyé une seconde
décevant au vu du commencement
Ce film est décevant à part les 50 premières minutes du film qui sont vraiment appréciable et la scène de danse qui est agréable à regarder.
Par contre le reste du film se perd pour finir par une happy end indigeste. Et en çe qui concerne le jeux des acteurs actrices qui sont normalement tous très bon, la leur prestation et plus que moyenne.
J'espère que le livre n'est pas aussi inintéressant que le film.
Car là c'est un bon ratage. A force de vouloir faire des films pour tous (et surtout pour les anglophones) on fait des films qui n'ont vraiment aucun sens.
C'est pas avec un tel film que l'individu moyen va se défaire de cette idée que tous les Asiatiques sont les mêmes...
L'émotion ne passe pas, sûrement à cause de ce problème d'interprétation et d'anachronisme linguistique.
Mais bon si ça se trouve ça aurai fait encore plus bizarre de faire parler japonais des Chinois...
bof bof
Un très bon livre, un casting polémique mais intéressant, Spielberg à la production et Rob Marshall à la réalisation, qui signe son deuxième film après l'excellent Chicago ...
Avec une telle distribution, on était en droit de s'attendre à un film exceptionnelle, ce qui n'est guère le cas . Le jeu de Zhang Ziyi manque d'émotion, on est pas ému par ce destin qui s'annoncé fascinant, tout le contraire de la petite qui joue le rôle de Sayuri jeune . Michelle Yeho ne nous ferra jamais croire qu'elle joue une geisha ; reste finalement Gong Li impéccable comme toujours, qui est Hatsumomo . En effet cette dernière a compris toute l'escence du personnage : impèriale, fière, jalouse, cruelle, perfide ... A chaque confrontation avec Zhang Ziyi, cette dernière est eclipsée par Gong Li dont la beauté, la finesse du jeu transcende le personnage d'Hatsumomo et le fait atteindre une dimension tragique .
La musique est pas mal du tout, les décors et les costumes sont superbes . Les danses sont magnifiques et montrent surtout que Rob Marshall est excellent chorégraphes, mais pas encore un bon réalisateur . En fait, c'est peut-être lui la plus grande erreur du casting, car il parvient difficilement à diriger des acteurs bons, à l'origine .