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Le Portrait de la Petite Cosette

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Arno Ching-wan 3.5 L'amour à lolitalienne
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


L'amour à lolitalienne

Nous étions en droit d'avoir un a priori négatif sur ces OAV, une pensée injuste liée au cahier des charges commercialo-roublard « Gothique + Lolita », un mélange de trucs à la mode titillant un peu trop les bas instincts du consommateur pour être véritablement honnête. Pourtant, force est de reconnaître que les auteurs ont plus que réussi leur coup. Cette histoire de tableau maléfique fait écho au Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. S’y arrêter est réducteur tant c’est de toute façon le cas dès qu’un tableau entraîne des évènements inquiétants/fantastiques dans une œuvre. Après tout, il en est de même des tableaux vivants de Poudlard dans les Harry Potter, sans parler des trois vieilles du Darkness de Balaguero. Non, l’approche du fantastique dans ces trois OAV(*) est toute autre. Le réalisateur SHINBO Akiyuki raffole de films d’horreur, il connaît ses classiques sur le bout des doigts. Ainsi, même si certaines ambiances surfent sur les délires de Serial Experiments Lain, et même si les aspects sado-masos nous renvoient à un certain cinéma d’exploitation japonais, c’est du côté des délires italiens que se trouve l’inspiration majeure de ce DA. Et autant dire que ça fait du bien.

Cette lolita blonde hantant une inquiétante boutique d’antiquaire peut être perçue comme un clone de la gosse flippante d’Opération Peur de Mario Bava. On voit cette enfant, tour à tour ricanante et apeurée, quitter la réalité en s’enfuyant via son reflet sur les nombreux verres ornant le magasin. C'est prenant et, à ces instants, la mise en scène regorge d'inventivité. L’ambiance et les explosions sensorielles font figure d'excroissances des Suspiria et autre Inferno du père Dario Argento, les œuvres d’art et leur influence sur l’esprit du héros surfant également sur le Syndrôme de Stendhal du même bonhomme. Mieux, les deux gros climax sensoriels nous pètent à la tronche avec une BO démentielle de KAJIURA Yuki ( Noir), un soundtrack de malade qui côtoie les envolées brutales des Goblins, les instruments à corde se mélangeant à des chœurs dans un gros bazar rock faisant écho au célèbre « Tenebrarum » d’Inferno. « La messe noire est dite » piaffe le sectateur (en le disant vite ça fait "Edith Piaf", mais il faut le dire vite hein). Cette BO est cependant beaucoup plus vaste que cette simple référence, elle sait cerner l'évolution d'une histoire qui, elle, n'a rien à voir avec "les cheveux couleur corbeau" d'un autre célèbre rital, que ce soit dans le verbe ou dans le geste, d'ailleurs.

Malgré quelques bavardages maladroits et inutiles tentant épisodiquement de nous expliquer ce qui se passe, le film accomplit l’exploit de partir dans tous les sens pour, à l'arrivée, retomber sur ses pattes lors d’un final d’une richesse de sens hallucinante, nous faisant capter que, par-delà ses oripeaux, « Le portrait… » est une œuvre fascinante sur les rapports amoureux/sexuels, une réflexion se servant d’une lolita pour fusionner les désirs et sentiments du jeune homme afin que, de lui-même, il dissocie le tout et s’auto-analyse avec cette psychédélique psychanalyse imposée par la jolie Cosette. A l’adolescent de devenir homme, à la lolita de se révéler beaucoup plus qu’un simple objet de désir. « C’est seulement une fois arrivé en haut de la tour de Tokyo qu’on cesse d’admirer cette tour » nous dit le jeune Eiri, une phrase transformant en douceur, et pour longtemps, l’animation d’une mineure en animé majeur.

(*) Bien qu'il s'agisse de plusieurs OAV, ce portrait est bel et bien un long métrage fantastique cassé en trois. A visionner d’une seule traite donc.



12 janvier 2006
par Arno Ching-wan


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