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moyenne
2.32/5

Wu ji, la légende des cavaliers du vent

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les avis de Cinemasie

12 critiques: 1.96/5

vos avis

39 critiques: 2.24/5



Anel 2.5
Archibald 3.5 Un wu xia pan très frais et original qui vous transporte dans son univers fééri...
Aurélien 0.5 Mépris de tous les instants
drélium 2 Aucun intérêt
Elise 1.5 Ca promettait...
François 2.5 Promesse non finalisée
Ghost Dog 1.25 Laideur numérique tuant dans l'oeuf toute poésie, ennui poli.
jeffy 2.5 Où se trouve la limite entre courage et inconscience ?
MLF 3 Wu ji, la haine de ceux qui ont oublié qu’ils avaient été des enfants...
Ordell Robbie 0.25 Epate formelle et numérique, acteurs nuls, score pompier. Lourd et laid.
Tenebres83 0.75
Xavier Chanoine 3.25 Un beau film d'aventure plombé par une forme vraiment inégale
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Un wu xia pan très frais et original qui vous transporte dans son univers féérique

Sanada Hiroyuki, le Général Guanming mênant son armée.2005 fut sans doute l'année des wu xia pan ratés à Hong-Kong et en Chine. Et au vu du casting pan-asiatique (stars japonaises, coréennes, chinoises et hong-kongaises) et du fait que les réalisateurs chinois de films dits d'auteurs lorgnent tous clairement vers l'international depuis quelques années, on pouvait légitimement s'attendre au pire avec ce The Promise. Et bien, je marche peut-être trop au coup de coeur mais je trouve que Chen Kaige (prononcez "kaï-gueu" et non pas "kéidge" comme Nicholas "Face-Off" Cage comme pas mal de journalistes...) a su, contrairement à un Seven Swords un peu trop pédant ou un The Myth un peu trop commercial, maintenir un équilibre entre délires typiques HK ou auteurisants et compromis marketing. Son oeuvre est remplie de défauts : personnage parfois un peu légers, atmosphère changeante combat final sympa mais un peu décevant mais transpire d'un je-ne-sais quoi plus généreux et authentique que beaucoup de récents films en Asie.

Qincheng, interprétée par la superbe Cecilia Cheung.L'histoire se déroule dans les anciens temps des légendes où dieux et hommes vivaient côte à côte. Le Général Guanming (Sanada Hiroyuki), le grand chef des armées de l'Empereur, après s'être vaillement battu contre une horde de barbares, retourne à la Cité Impériale où Wuhuan (Nicholas Tse Ting-Fung), un Duc noir et corrompu et pire ennemi de Guanming, a installé son siège ne demandant pourtant à l'Empereur comme seul butin, que sa princesse, l'étrange et envoutante Qincheng (Cecilia Cheung Pak-Chi). Mais la déesse Manshen lui ayant annoncé son funèbre destin, Guanming confie à son esclave doté d'une inégalable rapidité : Kunlun (Jang Dong-Kun), son armure et la tâche de délivrer l'Empereur à sa place, croyant ainsi pouvoir échapper à sa destinée.
Mais le général Guanming échappera t-il vraiment à son macabre destin ?
Qincheng pourra t-elle briser sa malédiction et connaître un jour l'amour ?
Wuhuan saura t-il lui aussi conquérir Qincheng et dépasser son état qui le ronge ?
Et enfin Kunlun parviendra t-il à connaître le bonheur et à réveler son véritable destin, celui du dernier fils du peuple de la Terre Enneigé ?

The Promise est en fait une terrible histoire d'amour que les dieux et le destin s'acharne à détruire. Le destin justement, qui prend ici une place prépondérante et ainsi fixe une véritable "âme" asiatique au film. D'ailleurs, l'histoire, sur ce point, n'aura pas un instant de complaisance et saura trouver là aussi l'équilibre entre une jolie happy end à l'hollywoodienne et une fin faussement nihiliste comme House Of Flying Daggers par exemple. Une chose aussi est certaine, c'est que malgré le fait que l'amour soit un theme central, à aucun moments ou presque l'impression désagréable d'être devant une love story écrite à la va vite et pompant dans le cliché poids lourd (qui a dit "à la HK" ?) ne vient perturber le visionnage du film. Tout ceci est plutôt mature sans être auteurisant, très triste sans être trop mélo....en somme, encore un bel équilibre.

L'infâme Wuhuan, alias l'étonnant Nicholas Tse.Les acteurs sont tous excellents et je ne peux que croire au talent de directeurs d'acteurs de Chen Kaige tant tous livrent de loin une de leur meilleure interprétation. En effet, le très bon Jang Dong-Kun fait honneur à sa réputation (voir son excellente performance dans le superbe Friend) et qui après avoir parlé japonais les 2/3 du film dans 2009: Lost Memories, se révèle être aussi à l'aise avec le mandarin. La magnifique et talentueuse Cecilia Cheung livre elle aussi, une prestation très propre et convaincante. Mais les seconds rôles ne sont pas en reste pour autant, en témoigne l'étonnant Liu Ye, qui offre quelques très beaux moments de jeu. Mais la palme revient sans doute à Nicholas Tse...oui, vous avez bien entendu. Etant tout sauf un fan de Nicholas Tse, je m'étais néanmoins rendu compte de ses progrés dans ses derniers films (voir son honorable interpretation dans New Police Story). Mais là, on découvre un Nicholas Tse froid et distant, son jeu est mature et sans fioritures, il dévoile progressivement ses terribles souffrances au travers de quelques répliques muettes (qui sont sans doute les plus durs) qu'il joue superbement bien et à travers desquels, sans un mot, il parvient à nous faire passer tout ce qu'il souhaite....chapeau bas ! Preuve qu'une génération est déja presque passée au vu du niveau de jeu acquis par Nicholas Tse ou même Eking Chen Yee-Kin ses dernières années....pour des jeunes aussi beaux-gosses que transparent, allez désormais voir du côte du casting de Dragon Squad.

Jang Dong-Kun, Kunlun l'esclave, dernier fils du peuple du Land of Snow.Les combats chorégraphiés par Stephen Tung Wai et Deon Lam Dik-On posséde sont assez nerveux et dynamiques. La réalisation est très soignée, les plans sont beaux et bien choisis même si les quelques plans d'ensemble de batailles lorgnent inévitablement un peu du côté du Seigneur Des Anneaux (c'est cela d'être le premierà passer).

Les costumes sont originaux et restent assez fidèles à une certaine estethique asiatique. Gros point négatif du film : les effets spéciaux. En effet, malgré ou plutôt à cause de scènes assez dingues, les inévitables SFX sont pour le coup assez médiocres et donnent parfois une aspect de jeu vidéo mal fait... Les autres décors quant à eux, sont par contre sympathiques et inventifs, et souvent bien utilisés (voir la "prison" circulaire de Kunlun ou les panneaux coulissants de la fin). Côté musique, on a là aussi droit à quelques chose de soigné et surtout d'original car au niveaux des influences, cherchez autant du coté de sonorités celtiques et autres chants tribaux que de sons plus asiatiques. Ceci s'explique évidemment par la présence de l'américiain Klaus Badelt à la composition.

En Bref, malgré tout les défauts du film (et certes, il y en a), je justifie ma note par l'envie de saluer un film qui , au mileu de nombreuses décéptions, m'apparait lui, vraiment fait avec integrité et créativité et par le fait que beaucoup d'autres descendent déja le film.. The Promise est donc un wu xia pan qui parle d'amour et de tragiques destins en maintenant un équilibre entre films "d'auteurs" et blockbuster commercial. Les acteurs sont excellents, les combats, dynamiques et divertissant et le paquet est joliement emballé dans d'ingénieux décors, d'originaux costumes et d'agréables musiques. C'est original, c'est frais et hormis le bémol pour des SFX de facture assez pauvre et final pas vraiment à la hauteur de ce qu'on attend, je tient vraiment à saluer ce très joli film qui vous transporte dans un univers et un récit onirique du début à la fin. Un film vivement recommandé, donc.



11 mai 2006
par Archibald




Mépris de tous les instants

Chen Kaige parvient à se griller de manière définitive avec ce film insultant pour le spectateur, donnant au passage une image stéréotypée bas de gamme du cinéma asiatique avec son gros jouet gonflé aux effets numériques bâclés prévu pour l’export. Rares sont les films à atteindre un tel niveau de médiocrité avec un budget aussi conséquent. C’est bel et bien une première en Asie.

10 mai 2006
par Aurélien




Ca promettait...

Grosse déception sur ce film, surtout au niveau du jeu. Qui a choisi de mettre ce mauvais Nicolas Tse pour faire un méchant même pas charismatique (Nicolas Tse seul ne peut pas être responsable de ce personnage désastreux, mais il y contribue). Les autres personnages ne sont pas mieux ; le général est ridicule et l'esclave ne fait que courrir. Coté dialogue, c'est aussi intéressant que subtil, c'est-à-dire vraiment très nul. Les seuls passages qui sont dignes d'être vus, sont les quelques moments où la déesse apparait. On ne la voit pas souvent mais elle a les pures répliques et la l'atmosphère féerique qui s'échappe de ces scènes est vraiment fabuleuse. Dommage que le reste du film ne soit pas aussi bon. Cela dit, la fin de The Myth est, du point de vu féerique, bien meilleur ; et le reste du film ayant l'avantage d'être également divertissant, on avait moins l'impression de perdre son temps. Bref, je m'attendais à beaucoup mieux, et je n'ai pu apprécier que les scènes de la déesse ; tout le reste m'a profondément ennuyé.



08 février 2006
par Elise




Promesse non finalisée

Devant Wu Ji, on a l'impression d'assister à deux films. Le premier dure une heure et part dans quelques délires visuels assez étonnants, le second s'éternise sur la seconde moitié avec une romance peu implicante et surtout sans véritable enjeu. Le bilan est donc contrasté, la surprise laissant la place à un conformisme des plus banals.

Pourtant le début avait de quoi surprendre. On pense à >Legend of Zu pour l'aspect très numérique qui ne cherche pas forcément le réalisme mais plutôt le côté artistique. On revoit aussi le côté débridé des productions Hong Kongaises années 80 avec des délires qui ne manqueront pas de faire rire le spectateur occidental mais qui ont le mérite d'oser. On pourra toujours trouver les idées ridicules, mais les placer dns ce genre de blockbuster demande tout de même une belle paire de corones. A ce niveau, chapeau, faire gambader Jang Dong-Kun à quatre patte au milieu d'un troupeau de boeufs lancé à pleine allure, fallait oser. Idem pour la parachute ascensionnel de Cécilia, c'est du grand n'importe quoi qui a le mérite de réveiller les pupilles.

Bref, ceux qui attendent un Hero bis ou un House of Flying Daggers 2 seront sûrement surpris. Surtout que le casting international n'est pas forcément un handicap. Les personnages sont souvent bancals, mais là aussi surprennent par moment. Cecilia Cheung est presque difficile à reconnaître au début, avec son maquillage et son doublage en mandarin. Hiroyuki "San Ku Kai" Sanada ne s'en tire pas trop mal dans son rôle de général, Jang Dong-Kun confirme ses ambitions en se révèlant très appliqué à défaut d'être remarquable, et Nic Tse s'en tire un peu mieux en méchant qu'en moine dans A Chinese Tall Story. Ne parlons pas de Liu Ye, bien trop bon acteur pour ce genre de film et dont l'intensité paraît paradoxalement un peu "too much" vu le ton parfois décalé du film.

Quel est donc le problème de Wu Ji? Le film baisse d'ambition après la première heure, et semble à la limite du bâclé. Manque de temps ou de budget? Difficile à dire, mais on passe de scènes ambitieuses et très amples à des discussions de chambre manquant cruellement d'intérêt. Surtout que les enjeux sont annoncés dès le début du film par la "fée" et qu'on devine assez aisément ce qui va se passer. Les personnages sont parfois difficile à comprendre, les dialogues sont assez plats, on se retrouve dans des situations tellement classiques que l'originalité initiale du projet tombe à l'eau. Il aurait sûrement fallu continuer sur le rythme et le ton du début du film pour garder la petite magie qui s'en dégageait par moments. Le film débute comme Le Seigneur des Anneaux bis avec une première scène assez épique et étonnante pour se terminer par un final en queue de poisson dans une vulgaire cour avec trois pélerins qui se battent pendant 35 secondes. Où est le grand final qui déchire tout?

Le film réussit donc sa partie spectacle avec de vraies originalités et des moyens presque suffisants pendant une heure, mais échoue ensuite dans sa partie romance et émotion. Comme la conclusion marque toujours plus que l'introduction, le bilan général reste très mitigé. Dommage, Chen Kaige avait presque réussi à surprendre et à se démarquer du travail de Zhang Yimou. La moyenne quand même pour les délires initiaux et l'univers décalé.

11 mai 2006
par François




Où se trouve la limite entre courage et inconscience ?

Rarement un film m'aura énervé autant à sa première vision pour ensuite laisser place à un sentiment partagé entre respect et regret. Car il est difficile de ne pas se laisser aller à des élans violents quand on voit ce film pour la première fois. La débauche de moyens affichée apparaît de façon flagrante en contradiction l'utilisation qu'en fait Chen Kaige. J'ai eu l'impression que le film s'adressait à des enfants de moins de 10 ans tant les personnages peuvent sembler caricaturaux. Il m'aura bien fallu 1 heure pour commencer à entrer dans le jeu que Chen Kaige nous propose, c'est à dire pour ne pas être rebutté par la forme qu'il a choisi de donner à son film. Une chose que personne ne pourra lui reprocher sur ce coup là, c'est sa cohérence. Il faut dire que Chen Kaige est à l'initiative du projet, the Promise c'est un peu son bébé, il y a mis tout son coeur et plutôt que de divertir a choisi de faire passer quelque chose. Certes, le message est simple, Chen Kaige définit lui-même son film comme "une histoire simple basée sur les sentiments". Alors entre simple et simpliste, la frontière est parfois difficile à définir.

Le traitement des personnages est caractéristique de sa démarche, ils sont tous figés dans des archétypes tragiques qui les rapprochent beaucoup plus du théatre occidental que la tradition chinoise. On pense beaucoup à Shakespeare notamment, pas de la manière dont Kurosawa a pu s'en inspirer, mais par le caractère même des héros et de leurs rapports. On y retrouve un peu de Mc Beth, d'Hamlet ou de Richard III dans le destin des différents héros. Mais au lieu d'affronter ses personnages à une situaton réelle dans sa complexité, Chen Kaige ne garde qu'un seul lien, les sentiments des héros. Seul le personnage secondaire du loup blanc sort de ce cadre, mais sans remttre en cause le traitement géneral. Car pour ce film, Chen Kaige n'a rien de moins qu'une prétention à l'universalité. Et peut-être est-ce là ce qui donne au film ce coté énnervant, cette prétention. Il est tout à fait caractéristique de l'atmosphère du film d'entendre Peter PAU déclarer dans une interview "que vous aimiez ou non ce film, c'est, de la conception à la post-production, ce qu'il se fait de mieux en ce moment". Le problème est que Chen Kaige en est pleinement convaincu, et pleinement conscient que son film sera rejetté par une partie du public. Malgré cela, il a réalisé ce qu'il lui tenait à coeur et a bénéficié pour cela de moyens considérables. Qu'il ait réaliser son rêve soit, mais quelle est la valeur de ce rêve pour le spectateur, c'est bien là le problème.

Techniquement, les défauts du films sont en grande partie intentionnels. L'intégration peu réussie des effets numériques est simplement due au fait qu'il n'est aucunement question de se rapprocher d'une réalité. Au contraire, la photographie globale du film cherche plutôt à renforcer le caractère idéal et universel d'une histoire d'amour. Peut-être que le reproche le plus conséquent que l'on puise faire sur le plan technique est la non-adéquation entre une prise d'image qui donen la part belle aux caméras mobiles pour essayer de dégager une fluidité et la sychologie complétement rigide des personnages. Si l'on accepte le choix esthétique de Chen Kaige, c'est peut-être dans cette contradiction que réside la faiblesse logique du film. Encore tout cela est-il valable uniquement si l'on accepte ce parti-pris. Mais pour combien de spectateurs est-il acceptable?

Contrairement à ce que l'on peut dire par ailleurs, je trouve que le véritable point fort de ce film se situe dans la direction d'acteur, d'ailleurs Chen Kaige revendique pleinement ce titre. encore une fois par rapport à ce qu'il attend, les performances sont relativement bonnes et sauvent pas mal de choses. Et à ce jeu, Nicholas TSE Ting-Fung s'en sort relativement bien dans le rôle du Duc. Certes, avec Cecilia CHEUNG, il partage un des rôles les plus énervant pour le spectateur de par son absence de consitance. Mais c'est là un choix délibéré de Chen Kaige a bien differencier de la performance de Nicholes Tse qui s'accomode parfaitement de ces contraintes. Les deux qui ont la chance d'avoir des personnages "relativement" plus consistants, à savoir JANG Dong-Kun et SANADA Hiroyuki trouveront certainement plus facilement grâce aux yeux du plus grand nombre. Il n'en demeure pas moins que le choix artistique de Chen Kaige est certainement ce qui nuit le plus au film dans la mesure où il ne se place pas au niveau du divertissement quant à l'intention, et qu'il échoue à donner à son film le caractère universel désiré. On peut alors logiquement rejetter ce film comme insupportable ou le considérer comme un choix artistique audacieux mais inabouti, j'avoue qu'en ce qui me concerne j'hésite encore...



11 mai 2006
par jeffy




Wu ji, la haine de ceux qui ont oublié qu’ils avaient été des enfants...

Oublions un instant qui se cache derrière ce film, car il est évident que le seul nom du réalisateur fera pencher la balance. Nul besoin de voir le film pour détester Wu ji puisque c’est Cheng Kaige qui le réalise. C’est que cet homme là représente un pan du cinéma chinois bien précis (dont fait partie Zhang Yimou) sur lequel les jeunes générations semblent prendre plaisir à décrotter leurs godillots.

Wu ji est criant de naïveté, sur cela tout le monde semble s’accorder. Mais qu’y a t-il de négatif dans la naïveté ? Dans les origines conceptuelles du dispositif cinématographique on trouve, entre autre, la prestidigitation. Elle repose sur un principe d’illusion optique donné par le dispositif et l’adhésion de fait du spectateur.

Le dispositif, l’articulation qui lie le spectateur au spectacle pose de manière assez évidente la filiation du cinéma au spectacle de magie. Panovsky l’avait bien perçut, le dispositif est ce qui distingue de manière irrémédiable le cinéma et le théâtre (à l’exception du théâtre anglais du XIXème siècle fait de trucs et de trappes que masque le dispositif d’exhibition). Le dispositif de théâtre confronte, oppose l’espace scénique à la salle. La rupture est même renforcée par le rôle de la rampe. L’objectif du dispositif est, comme dans le panopticon, que le spectateur puisse parfaitement voir la scène quelque soit l'endroit de la salle où il se trouve. Tandis que les dispositifs de prestidigitation et de cinéma, au contraire, associent les deux espaces. Le médium de l’écran de cinéma (surface où le film et les émotions des spectateurs se projètent et se rencontrent) ou l’interaction entre le magicien et la salle (le magicien s’adresse continuellement à la salle créant ainsi du lien) associent, offrent un espace de rencontre. Un autre point commun entre ces deux dispositifs vient de l’idée de focalisation. Là où l’organisation et la gestion de l’espace doit permettre au magicien de « focaliser l’attention de son public en un point pour pouvoir faire discrètement ses « trucs » ailleurs, le cinéma fait de même par la caméra et le montage pour faire oublier la machinerie (appareillage technique mais aussi les trucages comme dans l’exemple de Bazin, Crin Blanc).

Cocteau disait « de la technique il faut en avoir on point de savoir la masquer ». Mais quelque soit le degré de technique, sans la volonté de croire du spectateur, le spectacle, ne pourra rien faire.

Pour ce qui est de l’adhésion, c’est très simple, seul un très jeune enfant croit que le lapin sort du chapeau, que la pièce sort d’une oreille ou que la femme a été coupé en deux. L’adolescent, lui, sait déjà qu’il y a un truc. Cependant l’adolescent accepte le principe d’illusion. C’est justement par qu’il le sait qu’il n’y a pas duperie et qu’il peut y croire. Au cinéma, ce phénomène se retrouve, c’est ce que Metz appelait la question du vraisemblable. Wu ji, de part sa simplicité visuelle, narrative, scénaristique (il n’est question que d’une promesse) relève de ce besoin d’adhésion, comme un enfant. Pourquoi un film devrait il convaincre ? N’est-ce pas tout aussi bon de ce laisser porter par la magie injustifiée comme celle proposée par Todorov dans sa définition du fantastique ? Bien sûr qu’il est invraisemblable qu’une plume représentant l’héroïne fuit des mains assaillantes pour aller se réfugier vers un amoureux au cœur pur, sauf dans un film qui fait de cette invraisemblance la base de sa narration, de son fonctionnement.

Wu ji, sans être un grand film, n’est pas le navet pour lequel il passe. Ce film est là pour rappeler qu’on peut faire des choses simples, qu’un petit rien tel qu’une Promesse, un battement d’ailes de papillon peut avoir de grandes conséquences. Wu ji fonctionne comme une fable, une comptine pour enfant. Il pourrait commencer par « il était une fois dans un pays très lointain… » et se laisse ensuite porter par la magie naïve qui fait rêver les enfants. Le film s’adresse clairement à ceux qui ont su garder un cœur d’enfant, un regard naïf, et ne manquera pas de déranger les « vieux arrivés » qui détiennent en eux les vérités du cinéma.



28 juillet 2006
par MLF




Un beau film d'aventure plombé par une forme vraiment inégale

[Avis Express]
11 Ce beau film d'aventure de Chen Kaige a au moins le mérite d'être plus digérable que l'affreuse allégorie Legend of Zu signée Tsui Hark, bouillie filmique de tous les instants, même s'il s'avère une fois de plus miné par des effets spéciaux à peine dignes des premières séquences en image de synthèse de l'ère PSone. On n'ira pas chercher la nouveauté ou la révolution dans Wu-Ji, mais bel et bien cette naïveté qui lui sied tant de part sa galerie de personnages hauts en couleur, son nombre de rebondissements -tous téléphonés- qui n'ont d'effet que de surprendre parce que justement on les attend pensant qu'il seront tout autre, en vain, et parce que l'histoire d'amour qui nous est contée, autour d'une promesse, vaut bien plus que n'importe quelle scène de combat réalisée pour dynamiser le film, le rendre plus épique. Wu-Ji n'en a pas besoin pour vivre, il pourrait même s'en passer tant la romance est motrice de la narration. Ce n'est ni cette effroyable course effrénée avec des buffles en début de métrage ni ces duels dans les airs qui donnent le souffle au film, Kunlun rappellerait même le Berthold du Baron de Munchausen lorsque celui-ci se met à courir à la vitesse de l'éclair, c'est dire. Pourtant quelque chose fonctionne ici, ces élans poétiques parfois de toute beauté, cette femme qui est censée aimer un autre homme, cette cape qui rend son porteur prisonnier à jamais, les retrouvailles entre Wuhuan (Nicholas Tse) et QinCheng (Cecilia Cheung) une fois adultes, malheureusement l'ensemble reste plombé par des effets spéciaux d'un autre âge maladroitement incrustés à l'image, balayant la beauté des décors naturels d'un simplement brasement d'aile. Wu-Ji ne vaut clairement pas un kopeck à ce niveau, il est préférable de se tourner vers les à-côtés plus intéressants et dans la mise en forme d'une vraie mythologie, toujours meilleurs que les poignards volants cassés ou les héros en carton du wu xia de Tsui Hark précédemment cité.

26 novembre 2008
par Xavier Chanoine


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