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The Road Home

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les avis de Cinemasie

3 critiques: 3.08/5

vos avis

22 critiques: 3.6/5



Aurélien 2.75
Ghost Dog 2.75 C’était mieux avant !
Xavier Chanoine 3.75 Quand c'est joli, pourquoi s'en priver?
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C’était mieux avant !

Filmé dans un noir et blanc très contrasté qui rend difficile la distinction des visages, un petit village perdu au fin fond de la Chine entreprend le deuil de son instituteur ; l’action se passe de nos jours, et la vie semble être plus rude que jamais dans ce lieu qui se vide de sa jeunesse et se replie sur lui-même, sur son passé pré-révolution culturelle où il faisait encore bon vivre. Très pessimiste pour l’avenir, Zhang Yimou nous emmène alors par un brutal saut dans le temps dans les années 60 : la couleur revient, les fleurs bourgeonnent, les petits oiseaux chantent, la musique se fait guillerette et le cœur de la fraîche paysanne incarnée par Zhang Ziyi est tout émoustillé suite à l’arrivée d’un beau et intelligent jeune homme de la ville voisine. Pendant plus d’une heure, le spectateur a alors droit à une jolie histoire d’amour qui se concentre uniquement sur la rencontre des 2 jeunes gens, avant de replonger dans le noir et blanc déprimant du présent.

Avec ce film, Zhang nous expose une face de sa personnalité jusqu’alors peu exploitée : sa nostalgie pour son pays. Sans doute en fait-il beaucoup en opposant de manière si radicale passé et présent – libre à chacun de le suivre ou non dans son jugement dénonçant indirectement le régime de Mao et le régime actuel comme responsables des malheurs des campagnes chinoises. Mais il s’attache surtout, comme souvent (cf. Qiu Ju, Epouses et Concubines ou Pas un de moins), à décrire la volonté inébranlable et jusqu’au-boutiste d’une femme ayant décidé de braver les interdits (de caste, de tradition) pour vivre sa passion amoureuse avec l’homme qu’elle a choisi. Et même si c’est du déjà-vu et limite cucul, ça n’en est pas moins agréable et émouvant de voir cette jeune femme attendre sans relâche et dans un froid sibérien le retour de son prétendant, de décorer son école avec amour ou encore de chercher pendant des mois sa barrette tombée sur le chemin.

Reste que si Zhang se fait moins grandiose au fil du temps, il se fait aussi moins cinglant, et en s’engouffrant dans le mélodrame comme ici, s’aventure également sur des pentes dangereuses… Un mélodrame qui, d’ailleurs, est sorti de façon surprenante d’abord en DVD zone 2 français alors qu’il n’est même pas encore sorti en salles. Alors ? Frilosité habituelle des distributeurs ou raison plus convaincante ?



06 juillet 2003
par Ghost Dog




Quand c'est joli, pourquoi s'en priver?

Car la vocation du film de Zhang Yimou est de mettre au premier plan les bons et beaux souvenirs d'une époque alors sous l'emprise de la dictature du régime de Mao. Contraste intéressant entre les jolies couleurs, les teintes chaudes et enivrantes, les saisons qui passent au gré du temps tel un poème richement illustré, et la pression exercée sur ses instituteurs ramenés à la ville pour des raisons politiques. Il y a d'ailleurs toujours ce portrait de Mao trônant fièrement au dessus du tableau de classe, même si l'on pourra déceler sa présence que lors d'un seul et unique plan quasi furtif. Intéressant aussi, cette omniprésence de la couleur rouge, voulue ou non par Zhang Yimou pour accentuer encore d'avantage la présence communiste derrière cette pourtant très jolie couleur, portée de bien belle manière par une Zhang Zi-Yi débutante. Sa prestance, en dent de scie, permet néanmoins au spectateur de juger le futur talent qui se cache derrière ce visage d'ange. La définition de l'être angélique est alors démontrée à tous les niveaux : fluidité des gestes, élégance et naïveté du regard, passion braquée sous une grande timidité. La monotonie de son jeu pourra en décevoir certains, il ne faut pas non plus chercher un rôle de composition quand cette dernière interprète humblement une paysanne terriblement amoureuse.

L'occasion pour Zhang Yimou de créer deux atmosphères bien différentes. Prologue et épilogue -visiblement contemporains- dans un noir et blanc déprimant, sorte de deuil à la fois familiale et social, et souvenirs nostalgiques à la palette colorimétrique saturée, telle est l'identité visuelle de The road home, oeuvre qui paraîtra aussi belle pour certains que vaine pour d'autres, l'intrigue ne se résumant qu'au "combat" courageux que se livre Di (Zhang Zi-Yi) sur elle-même dans l'espérance journalière de revoir celui qu'elle aime. Il y a bien sûr les clichés du cinéma romantique, avec ses ellipses, la paysanne qui tombera malade, retapera l'école de son bien aimé (une autre façon de rester proche de lui quand il est absent). Mais le spectateur est prévenu dès le début, tout se passera bien dans les meilleurs des mondes entre les deux tourtereaux. Joli et dépaysant.



15 mars 2007
par Xavier Chanoine


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