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3.29/5
Rouge
les avis de Cinemasie
4 critiques: 3.69/5
vos avis
6 critiques: 3.17/5
Ruines de l'amour
Rouge est un film qui doit marquer les spectateurs à Hong-Kong. Bien plus que les spectateurs d'autres pays. Car si ce drame de Stanley Kwan est un bon film quel que soit le public, la nostalgie qu'il véhicule s'adresse doublement aux personnes de son pays d'origine. Rouge est un film sur le deuil, thème oh combien universel. Mais Rouge parle aussi des années qui passent à Hong-Kong, et met en scène deux légendes dont le public local a bien du mal à faire le deuil. Sacré meilleur film en 1988, le film a probablement gagné un cran supplémentaire dans l'émotion depuis les évènements tragiques que l'on connaît.
A la base, Stanley Kwan signait déjà un très beau drame, peut-être un peu pénalisé par l'histoire évidemment moins touchante du couple moderne comparé au couple ancien. L'idée de les mettre en parallèle est intéressante, mais le couple en question est moins glamour que son prédécesseur. On pourrait parfois rêver de voir Fleur errer pendant tout le film dans Hong Kong, revisitant sa vie passée et la vie de l'époque en en retrouvant plus que des traces. Mais il faut aussi une trame plus dense, afin de garder l'intérêt du public. Le montage des deux époques est relativement efficace, on jongle d'une époque à l'autre afin de ne pas révéler toute l'histoire trop vite.
Stanley Kwan délivre comme souvent une réalisation très effacée, peut-être un peu trop pour la période des années 30, qui aurait mérité plus de "faste". Mais il laisse surtout la part belle aux acteurs et à son propos. Et si une personne crève l'écran dans ce film, c'est bel et bien Anita Mui. Alors qu'on la retrouve souvent à faire la pitre dans des comédies locales ou bien à jouer des femmes fatales au glamour exacerbé, elle délivre ici une performance étonnante, tout en retenue. Difficile d'oublier ses grands yeux tristes qui hantent le film tout du long. Leslie Cheung se révèle également convainquant, même si son rôle, plus court, est évidemment moins chargé émotionnellement.
Souvenirs
Que reste-t-il de l'amour après la séparation? Continuer à croire, voilà l'histoire de Fleur, tout simplement la quète de ce qui a été perdu mais dont le deuil n'a pas été fait. Finalement que le personnage joué par Anita Mui soit un fantôme importe peu. Cette histoire d'amour passée croisée avec celle du couple contemporain est seule trame du film. Mais cette langueur est magnifiquement rendue et Anita Mui imprime toute sa présence au film.
01 février 2004
par
jeffy
La nostalgie (ré)incarnée
Certes ce n'est pas un grand film classique (si cela veut dire quelque chose lorsque l'on parle de films créés au sein d'une tradition non-occidentale), ni une oeuvre puissante ou expérimentale, mais c'est un bon film d'artisan-conteur consciencieux.La narration alterne entre l'époque contemporaine du récit et le passé des souvenirs du personnage d'Anita Mui (Fleur). Ce procédé assez conventionnel prend largement le pas sur l'argument fantastique (une histoire de fantôme...) et imprègne le film d'une nostalgie douce-amère qui s'incarne complètement dans le visage et le jeu d'Anita Mui.
L'aspect fantômatique de son personnage (et pour cause) devient ainsi plus le symbole, le symptôme d'une époque et d'une culture disparues mais aussi des regrets, des compromis et des déceptions qu'engendre la vie. Les décors raffinés et les costumes du Honk Kong du début du siècle comparés à la ville "défigurée" et à la mode vestimentaire des années 80 font écho au visage blafard et aux lèvres pâles que le fantôme de Fleur s'entête à recolorer chaque jour, pour retrouver les couleurs de sa vie passée.
L'histoire d'amour impossible est certes mélodramatique (ce qui n'est pas un défaut, les tragédies classiques sont également faites d'amours impossibles) mais traitée de manière sobre, tant dans le scénario, la réalisation que le jeu des acteurs. Elle offre de beaux et émouvants moments d'intimité entre Leslie Cheung et Anita Mui et se clot par un final discrètement poétique.
Je m'en voudrais de terminer sans dire que j'ai découvert le film après la mort des deux acteurs principaux, et que cette nostalgique histoire de fantômes qui se déroule par moments dans le milieu de l'opéra chinois et du cinéma n'en est que plus troublante. Ce film modeste devient ainsi une sorte d'hommage involontaire plutôt touchant.
Rien que pour vos yeux.
Il y a quelque chose de fabuleux à Rouge - c'est un seul élément, mais il est crucial. C'est que tout s'y détend : il n'y a pas de ressort dramatique, pourtant le film est un mélo splendide. C'est que aussi, contre la logique de la trame narrative (le sacro-saint scénario), c'est autre chose qui joue dans ce film. Des visages, des dessins. Ce qui joue dans ce visage, c'est Anita Mui, mauvaise actrice dont les moues prennent une dimension corporelle radicale, autour desquelles tout le film se construit : les larmes de Anita Mui, c'est tout le film qui larmoie, son sourire, etc. Ce n'est pas, bien sûr, en tant qu'elle est actrice ou jolie femme que tout cela tient. C'est en tant que motifs, purs événements qui font sens.
Pour Anita Mui
Assez surprenant de la part de Jackie Chan de produire un film comme celui çi.
Cependant le film fonctionne mieux avec la partie sur l'histoire d'amour entre Anita Mui et Leslie Cheung qu'avec cette histoire de fantome à la recherche de son amant.
A voir pour Anita Mui qui est vraiment émouvante.