| Ghost Dog | 4 ![]() |
Je ne m’en lasse pas |
| Ordell Robbie | 4 | Script médiocre transcendé en réflexion sur l'image par la De Palma's touch |

Quoi qu’on puisse en penser au final, Snake Eyes est un film à voir absolument, ne serait-ce que pour son somptueux plan-séquence d’ouverture de 15 minutes qui a tant fait couler d’encre (alors, 1 coupe ? 2 coupes ?). Dans celui-ci, Nicolas Cage et Brian De Palma y forment un duo parfait, le premier faisant preuve d’une aisance d’acteur bluffante et d’une bonne humeur communicative, le second filmant avec un brio digne de ses meilleurs années. Alors évidemment, une fois le plan-séquence terminé, le rythme s’essouffle un peu, et c’est bien normal. Mais le scénario comporte suffisamment de rebondissements pour que l’attention soit intacte durant 1H30.
Le film possède d’ailleurs selon moi 4 points forts, qui font qu’à chaque nouvelle vision, le plaisir que recherche un cinéphile comme moi devant son écran de télé resurgit toujours plus fort (j’en suis à 4 rediffs…). Les 2 premiers sont cités plus hauts, et sont décernés à la mise en scène ainsi qu’à l’interprétation, de Cage à Sinise – inquiétant de bout en bout – sans oublier les seconds rôles. N’oublions pas non plus le score très réussi du compositeur japonais SAKAMOTO Ryuichi (Furyo, Le Dernier Empereur), qui apporte un plus indéniable à l’intrigue, notamment lors de la scène de panique générale après le meurtre du Secrétaire d’Etat. Enfin, le choix de narration à la Rashomon, où l’enquête policière avance au gré des témoignages plus ou moins crédibles des protagonistes de l’affaire, s’avère très riche et permet de réfléchir à la notion de vérité.
Contrairement à Florent, j’estime que Snake Eyes est l’un des polars US les plus réussis des 10 dernières années. Si vous ne l’avez pas vu, je ne peux que vous encourager à franchir le pas pour vous faire votre propre opinion.

