Maitrisé de bout en bout 
En voilà un film qui plaît à voir. L'histoire, racontant la relation d'un couple s'étiolant au bout de 7 ans d'amour passionné, est magnifiquement exploitée. Zhang Yi-Bai se sert de couleurs vives, ce qui évite d'entrer dans une ambiance déprime qui serait totalement hors du coup. Les personnages parlent à la caméra pour exprimer leurs sentiments à la volée, rendant le spectateur totalement omniscient. Ici il n'est pas question de deviner les pensées des personnages mais bien de les comprendre au moment où ils agissent. Le message doit passer clairement pour ne pas entraîner le spectateur sur une fausse piste. Ainsi, on se rend compte du dilemne que représente l'échec de la relation entre les deux personnages ; on ne se dit pas "il aurait du faire ceci" ou "pourquoi il fait pas ça". Des actions qui pourraient avoir l'air stupide - d'ailleurs certaines le sont - sont totalement justifiées par les pensées diffusées en temps réel. Le montage assez rapide ne laisse pas le temps de s'attarder sur des détail insignifiants et on suit tout le film scotché à l'écran sans en démordre. L'histoire se révèle passionnante et les personnages sont finalement tous attachants : car en effet, il n'y a pas de "méchant" dans cette perspective. Les actes étant tous dûment justifiés, on se sent concerné par tous les personnages à la fois. Zhang Yi-Bai nous fait aimer tout une troupe de personnages même quand une situation dérape à un point que ce soit presque irrattrapable. Beau coup de maître.
La vie rêvée des hommes 
Axer tout un film sur l'histoire d'un couple, lorsque l'absence d'évènement remplie la vie, c'est cette double perpective entre histoire intérieure et réalité extérieure qui constitue la trame de Spring Subway. Cette schizophrénie de la vie de couple a rarement été mise en image de façon aussi sobre. Les trois autres histoires colatérales ne sont que le prolongement de la relation de ce couple, lui et elle, elle et lui, eux... Cela pourrait donner lieu à un film exhibitionniste ou démonstratif, mais il n'en n'est rien. Si l'émotion est ici présente, papable, incrustée sur les visages d'autant plus qu'elle n'est pas exprimée dans les mots, ce n'est jamais parce que l'image vient vous provoquer, le film ne joue pas sur la réaction émotionnelle du spectateur. La construction est d'ailleurs fort intelligente, avec ces coupures entre les scènes et l'absence de transition. Au final, c'est une ambiance qui vous enveloppe, un pélerinage vers l'intérieur de soi auquel nous convie Zhang Yi Bai, d'autant plus fort et intime qu'il ne s'appuie pas sur la réflexion du spectateur mais l'emporte dans dans un climat ou la souffrace engendrée par labsence de communication s'incarne de manière presque physique.
16 juillet 2004
par
jeffy
Parle à la caméra. 
Pour un premier film c'est un coup de maître! Pourtant j'ai souvent du mal avec les films chinois et HK (à part quelque perle), mais là, c'est du tout bon. La richesse narrative est superbe, les acteurs plus que beaux, la représentation des sentiments est très juste et bien sentie, du tout bon, ça sort de l'ordinaire et c'est tant mieux...