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Stray Cat Rock : Female Boss

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les avis de Cinemasie

2 critiques: 2.12/5

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3 critiques: 2.75/5



Ordell Robbie 2.25 Du charme d'époque mais l'ensemble est beaucoup trop long.
Xavier Chanoine 2 Ne pèse pas très lourd face aux poids lourds du genre
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Ne pèse pas très lourd face aux poids lourds du genre

Dire que Kaji Meiko était taillée pour jouer les femmes fatales au cours de sa carrière est un doux euphémisme, et Female Boss est l'un de ses tremplins bien que cette dernière n'y tient qu'un second rôle. Pourtant, on y discerne un personnage bien plus intéressant dans l'intériorisation de la violence que celui du butor Wada Akiko bien trop représentative de la soupe qu'on nous sert à tous les plats du cinéma d'exploitation sous-Sasori, sorte de Whole Lotta Rosie Ramen au verbe pas bien fin, à la voix rauque et au physique imposant. Elle est la chef de bande d'un groupe de femmes "ni putes ni soumises" en proie à devenir l'un des cercles les plus importants de la ville (Tokyo?) face aux hommes que l'on a trop souvent crus les plus puissants. Au départ on ne discerne pas bien le rôle des femmes, elles règlent leur compte en plein jour avant que les hommes débarquent pour jouer les gros bras dans une pure continuité du machisme du cinéma d'exploitation. La Nikkatsu offre alors à Hasebe Yasuharu le pouvoir de laisser libre cours à son imagination (lequel continuera par la suite quelques épisodes de la saga), lequel démontre ici l'étendue de son petit talent d'artisan des seventies glorieuses du cinéma de genre aussi régressif que jouissif. Pourtant à aucun moment ce Female Boss n'intéresse réellement, peut-être parce que l'on a déjà vu débarquer avant toute une panoplie de joyeux serpents (du Pensionnat des jeunes filles perverses aux Sasori) plus intéressants visuellement ou plus intéressants dans leur démarche de mettre en avant des femmes qui ont leur mot à dire et l'objectif de mettre à mal la société dans laquelle elles évoluent. Female Boss ne marche donc pas très bien des deux côtés, si bien que son scénario d'une simplicité confondante use du remplissage pour atteindre péniblement les 80 minutes (quatre chansons pastichant les Rolling Stones ou les Beatles en guise de bonus par exemple) et la réalisation d'ensemble alterne le mauvais (les chansons sont filmées de manière trop brouillonne pour mériter l'appellation d'expérimentale), médiocre (sens du découpage intéressant sans être renversant) et correct (nombreux plans en contre-plongée) dans un pur soucis de donner du corps à un simple film de bagarre urbain avec des femmes pas si méchantes que ça.

Tout juste la méchanceté est à mettre à l'actif d'une ou deux scènes de torture trop inoffensives pour marquer (alors qu'un Suzuki Norifumi n'hésite pas à montrer l'acte cruel dans le champ) surtout qu'elles sont pour la plupart filmées hors champ : une paire de seins brûlés au chalumeau (plus bis tu meurs), quelques coups de chevrotine mal filmés. Heureusement, Female Boss arrive par moments à être fun notamment lors de cette interminable poursuite entre une moto et un buggy, aussi déjantée qu'improbable. Pour résumer, Hasebe Yasuhiro n'est pas allé très loin dans la transgression des codes du polar d'action, fleurons de la Nikkatsu au cours des années 60, et il faudra attendre encore un tout petit peu avant de voir apparaître définitivement deux grands cinéastes du film d'exploitation transgressif (Fujita Toshiya, Ito Shunya) capables de provoquer quelques séismes aussi bien thématiques que purement cinématographiques. C'est peut-être ce qui manque à Female Boss pour véritablement exister. Au moins, il aura eu le mérite de faire connaître Kaji Meiko, la suite on la connaît.

16 décembre 2007
par Xavier Chanoine


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