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Arno Ching-wan 3 La moustache sans Bronson
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


La moustache sans Bronson

Certains ne jouent pas le jeu de la torture expiatoire. Ils préfèrent tirer une balle hors cadre plutôt que de vous montrer comment elle peut faire quatre rebonds avant d'exploser la tête d'un bad guy. L'indien Partho Sen-Gupta joue ainsi des codes du film de genre en vogue parasité à l'excès par notre nouveau Charles Bronson qu'est Liam Neeson - ça finit pareil, avec beaucoup de son.

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Le réalisateur nous présente un flic, Joshi - Adil Hussain, parfait moustachu - qui n'arrive pas à faire le deuil de sa fille kidnappée des années plus tôt.

Partho Sen-Gupta a beau y mettre du sien, il n'arrive pas à trahir sa vision bienveillante de l'humanité. Il valorise le pardon plutôt que la vengeance sans pour autant dénigrer un combat plus intérieur que graphiquement explosif. Avec peu de moyens, il privilégie autant la forme que le fond pour illustrer son propos efficacement en à peine 90mn. Il en paye clairement le prix sur le plan spectaculaire, mais il y gagne une formidable ambiance moite, lourde, une morale bienvenue et même une naïveté touchante qui s'en viendrait supplanter un certain cynisme usuel, si tant est que ce sujet - l'exploitation sexuelle des mineures à Mumbai – ait été choisi pour ratisser à la fois le cinéma d'auteur et celui de genre. Pour exemple, ce dernier versant fut plus appuyé chez le cousin indien Ugly de Anurag KASHYAP, au pitch similaire.

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En choisissant de montrer son dénouement hors champs à l'aide d'ombres inspirées du cinéma allemand des années 30, Partho Sen-Gupta assume un parti-pris engagé dès la moitié de la péloche. Tout le monde est coupable, aussi embrasse-t-il le point de vue de l'enfance, de l'innocence retrouvée, de l'avenir correctif et non celui de la vengeance, du voyeurisme, du putassier. A deux enfants, pervertis ou non, de jouer à côté d'un cadavre et de son meurtrier comme on danserait, indifférent, sur les berges du Gange ; puis au courant de faire défiler toutes les horreurs du monde. Hors champs et plus loin puisque le Gange ne passe pas par Bombay, n'est-ce pas.

La forme lorgne vers Nicolas Winding Refn par endroits et l'acteur Adil Hussein (L'Odyssée de Pi d'Ang Lee) porte le projet comme Lau Ching-wan drainait le Loving You de Johnnie To (pluie nocturne, même démarche de canard du protagoniste...). La belle évolution des deux parents meurtris est remarquable et, de ce que j'en imagine, le quotidien de toutes ces enfants séquestrées à des fins sexuelles semble paradoxalement aussi bien restitué que pudique. Dès lors, la scène la plus forte du film en devient non pas la catharsis du père, mais bien celle où l'on voit une gamine heureuse de se faire joliment coiffer par une hypocrite mère maquerelle qui prépare en louzdé un énième dépucelage. A une copine plus âgée, déjà passée par là, de se révolter et de hurler sa rage au monde entier. Message bien transmis.

22 octobre 2015
par Arno Ching-wan


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