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Taring

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1 critiques: 3/5

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Bastian Meiresonne 3


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Canons en chair

L'un des tous meilleurs réalisateurs de films d'horreur contemporains indonésiens, Rizal Mantovani, revient avec une vague adaptation de la célèbre légende thaïlandaise du "Takien", une entité maléfique à posséder certains arbres et se nourrissant de sang et de chair humaine. Contrairement au modèle original, Mantovani ne s'embrasse nullement d'une quelconque explication quant à l'origine de la "bête" (dans la version originale, il s'agit la plupart du temps de l'âme vengeresse d'une femme violée et / ou torturée et assassinée), mais met toute l'équipe directement aux prises avec une monstrueuse créature…Ce qui a pour avantage de faire marcher l'imagination à plein régime, surtout en vue de sa créature parfaitement réussie, franchement inquiétante avec un bruit typique, qui prévient de son attaque immédiate et quelques plans furtifs en tout début de rencontre, qui montrent une créature vaguement humaine, e déplaçant nue, avec des doigts palmés, des dents acérés et une redoutable force d'attaque…Au fur et à mesure des meurtres, la créature se dévoile, parfois pour prendre une apparence franchement différente et moins réussi, mais toujours redoutable jusque dans l'ultime plan.
 
Pourtant le tout début du métrage ne promettait pas rand chose. Fidèle à ses précédents films, Rizal introduit l'histoire par une petite séquence inquiétante établissant rapidement le postulat; soit un villageois, qui se fait happer par la créature et entraîner à l'intérieur d'un arbre gigantesque. Coupure pour arriver sur une fête mondaine, qui bat son plein au bord d'une piscine, une nouvelle occasion en or pour Rizal pour montrer des filles légèrement vêtues, lui, qui est à l'origine d'un véritable boom de chair nue à l'écran suite au succès de son précédent "Bride Waterfall". Enter le casting de parfaites têtes-à-claques, jeunesse dorée d'une nouvelle génération d'indonésiens, jeunes, beaux, insouciants, bien sapés, musclés, parfaits, correspondant aux canons de la beauté occidentale universelle. Difficile de s'attacher ne serait-ce qu'à Farah, qui s'avère rapidement être l'héroïne, jeune femme mannequin pourrie-gâtée, dont même la scène larmoyante avec sa mère à l'hôpital ne réussit à toucher aucune corde sensible de notre âme. Au moins, se rejouira-t-on de voir tout ce monde crever rapidement, à l'instar des bellâtres ricains à se faire dégommer dans les slashers.
 
Cette partie de l'historie s'éternise d'ailleurs avec beaucoup de blabla pour pas grand-chose et les citadins envahissant un coin particulièrement tranquille de la nature avec leur gros matos high-tech et leurs chemises immaculées – le photographe de mode va même garder cravatte et chemise blanche impeccable, sans un pli, ni trace de vert ou auréole sous le bras jusqu'à sa mise à mort spectaculaire…Car oui, contrairement à son précédent "Bride Waterfall", Rizal ne va plus se reposer sur les généreuses formes de son casting principal et même franchement embrayer la seconde, une fois une longue séance photo (avec soutifs à la limite de la transparence et filles, qui tombent même la lingerie sous l'eau, repoussant les limites de la censure toujours plus loin) terminée avec une chasse à l'homme dans les sous-bois haletante et particulièrement meurtrière.
 
Contrairement à ses "Kunitlanak 3" et "Bride Waterfall" se passant également de nuit en pleine nature, cette fois l'image est parfaitement piquée, le clair-obscur maîtrisée et l'ambiance inquiétante à souhait avec les soudaines apparitions du monstre de tous côtés et toujours précédé de ce petit bruit crispant. A voir de préférence sur grand écran ou sur une bonne installation pour pleinement profiter du spectacle. Quant au gore, là encore, Rizal semble avoir appris de ses erreurs passées en n'hésitant plus à montrer quelques séquences fort peu ragoutantes, depuis un festin à base d'entrailles humaines longuement déroulées et un corps carrément déchiquetés en deux – une première au cinéma indonésien et une séquence qui est certainement dû au succès de "Macabre", qui – lui – a su repousser les limites de la violence graphique…du moins dans le nouveau cinéma indonésien – car si les effets du cinéma des années 1970s et 1980s étaient peut-être moins réussis, ils étaient pourtant carrément plus poussés…et notamment dans les productions RAPI FILMS, qui est également (sous sa nouvelle forme) producteur du présent film.
 
Alors, certes, on en reste très, très loin de l'actuel niveau des productions hollywoodiennes, on peut regretter l'absence totale d'une quelconque construction des personnages, des effets déjà vus par-ci, par-là et d'un dénouement en-deçà des attentes suscitées tout au long du film…il n'en reste pas moins, que "Taring" constitue indéniablement le panier haut de l'actuelle production horrifique et que Rizal prouve une nouvelle fois l'étendue de son talent avec des bonnes scènes efficaces et une mise-en-scène maîtrisée, qui va certainement inspirer toute une nouvelle flopée à puiser dans ce "réservoir d'idées". De quoi malheureusement rendre l'attente jusqu'au prochain film de Rizal d'autant plus longue…


02 novembre 2010
par Bastian Meiresonne


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