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The World

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les avis de Cinemasie

6 critiques: 3/5

vos avis

15 critiques: 2.73/5

visiteurnote
Anicky 1.75
Bastian Meiresonne 1.5
Diana 3
dll_povtyp 2.25
eniger 2.25
Illitch Dillinger 4.5
jinroh 3.5
Léo 5
Oh Dae-soo 2
Pikul 2.5
Sébastien 2
Simon VD 2.75
Toxicguineapig 3
Tred 1.75
tu0r 3.25


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Un mauvais film, ou un film raté ?

Comme beaucoup, j'ai trouvé The World long et ennuyeux, mais pour un film de plus de deux heures il ne m'a finalement pas semblé si long que ça, et l'ennui provenait en grande partie du montage à la moulinette, accentuant la minceur du scénario, le peu d'épaisseur des personnages, et la distribution très inégale (bien peu des seconds rôles parviennent à tirer leur épingle du jeu face à l'excellent Chen Taisheng). Un hachis décousu de téléphones portables ne fait pas un film. Mais le début - les plans de la banlieue de Pékin sur fond de tour Eiffel réduite, le parc qui tourne en circuit fermé (les visiteurs ne sont guère que des invités officiels ou des relations des employés), le fond sonore de blabla et de circulation routière - peut faire penser que Jia Zhangke, s'il s'était payé un scénariste, n'aurait pas bousillé une idée de sujet en or.

21 juin 2005
par Anicky


The World within

Premier film de Jian Zhang Ke à avoir reçu l'approbation de tournage par les autorités chinoises, le réalisateur peut donc enfin se permettre un travail plus posé et réfléchi, d'exploiter un langage cinématographique plus poussé et de créer une oeuvre à son image. Gardant le contrôle en en signant le scénario, disposant d'un budget apparemment assez confortable, "The World" était finalement le meilleur moyen de se rendre compte des vrais talents du cinéaste. Partant d'une idée de départ saugrenue - tourner dans un parc d'attractions présentant les monuments et régions clés de ce monde - Ke n'en perd pas de vue ses principales thématiques, qui est de creuser la psychologie profonde de ses personnages et de porter un oeil critique sur la société chinoise actuelle. Est-ce la fébrilité de pouvoir tourner à loisir ou l'embourbement personnel de son propre travail sans véritable recul critique, qui fait que ce scénario soit devenu à ce point lourdaud et rébarbatif ? La première heure de film ressemble davantage à une série de vignettes exploitant le lieu principal de tournage. Une fille réclamant un pansement à l'intérieur du monde ("The World"), des gardiens portant des bonbonnes d'eau en parcourant le désert égyptien artificiellement recréé, un ramasseur d'ordures s'arrêtant devant un large plan sur une étendue d'eau, une fausse Tour Eiffel et la banlieue pékinoise en arrière-plan. Des personnages sont introduits et légèrement esquissés sans que l'on sache où veut en venir le réalisateur. Ce n'est que lors de la deuxième partie, que quelques tranches de vie sont présentées, une histoire d'amour assez banale, aux poses stylistiques proches du monde de Wong Kar Wai à ses débuts; l'histoire d'une immigrée russe finissant prostituée; l'arrivée à la ville de quelques campagnards s'échinant sur le vaste chantier d'un immeuble en construction. Rien de bien passionnant, des histoires qui tiendraient en 5 minutes de films, s'il n'y avait ces plans à rallonge et autres métaphores finalement sans grand intérêt. Pourtant, c'est dans ces moments d'intimité que le réalisateur va déployer toute la mesure de son talent. Silences qui en disent plus longs que les mots, les tendres rapprochements timides entre Tao et la prostituée russe et le difficile rapport de la campagne pour la ville. Autant de représentations d'une certaine Chine dénonçant les progrès fulgurants archivés au dépens de l'humain. Comme pour illustrer cette désincarnation charnelle, Ke souligne certains passages par l'intrusion de séquences animées, les personnages s'évadant l'espace d'un instant dans un monde virtuel par l'intermédiaire de leurs SMS envoyés à outrance. Les intentions sont louables, les propos creusés, mais la masse d'informations diluée dans un flot de poses stylistiques ennuyeuses n'arriveront finalement pas à faire mouche. Et le film n'être qu'une enveloppe creuse animée d'intentions non réalisées. Son prix du meilleur scénario obtenu au Festival de Deauville n'était donc qu'une note de bonne intention à un réalisateur finalement reconnu dans son propre pays, mais qui fournit là son pire film...

28 juin 2005
par Bastian Meiresonne


Superbe !

The World est un film magnifique et tout simplement le film le plus passionnant vu sur les écrans cette année. Encore une fois ce qui intéresse Jia Zhang-Ke ce sont les laissés pour compte du boom économique chinois, on pouvait donc craindre la redite par rapport à ses films précédents pourtant son cinéma connaît ici une évolution remarquable. La complaisance auteuriste (a coup de plan séquence fixe interminable) a laquelle le cinéaste se laissait parfois aller auparavant a disparu. Bien sur son cinéma reste exigeant mais a gagné une ampleur narrative et une splendeur formelle inédite. Ici pas de héros ou de situations « bigger than life ». Rien ne distingue les personnages de la masse. Même si, lors de quelques scènes bouleversantes, le drame éclate le film s’attardera avant tout sur des moments futiles, apparemment sans importances (et bien sur à cause de cela le film perdra en route certains spectateurs) mais comme chez les maîtres Ozu ou Hou Hsiao Hsien (on pense souvent au cinéaste Taiwanais devant The World) cette succession de tranche de vie a première vue insignifiante finira par dévoiler une richesse thématique foisonnante. C’est comme si la caméra de Jia Zhang Ke, en s’attardant sur ces amourettes on ne peut plus banales, réussissait a crever la surface des choses, à capter l’essence même des vies humaines et à nous dévoiler la jeunesse chinoise d’aujourd’hui comme aucune étude sociologique ne pourrait le faire. Bien sur la métaphore du parc d’attraction symbole de la mondialisation est limpide et on ne pouvait trouver meilleur lieu pour montrer l’absurdité de l’inadaptation entre l’être humain et l’environnement qu’il a lui-même façonné mais Jia Zhang-Ke n’en rajoute jamais dans le symbolisme lourdingue et finalement on se dit que le film aurait eu la même force quel que soit le lieu de son action. Assurément un grand film !

20 juillet 2005
par Léo


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