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Tokyo Fist

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les avis de Cinemasie

6 critiques: 3.79/5

vos avis

45 critiques: 3.67/5



Alain 4
drélium 3.5 le meilleur tsukamoto : à voir (une fois)
Ghost Dog 4 Un Fight Club puissance 1000 !
Marc G. 4.25 K.O
Ordell Robbie 3.5 Emblématique de son époque, le Tsukamoto le plus maîtrisé.
Xavier Chanoine 3.5 Un grand divertissement.
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le meilleur tsukamoto : à voir (une fois)

le plus abouti des tsukamoto, une ambiance et une histoire prenante, mais difficile de regarder plusieurs fois un film de tsukamoto : speedé, névrotique, glauque, contemplatif, experimental... bref assez spécial. Il en ressort encore et toujours le côté associal du réalisateur, un monde extérieur inexistant, qui semble vide au delà de ses personnages. On croirait (dans tous ses films d'ailleurs) que l'apocalypse a déjà eu lieu et que les personnages sont désespérément seuls : du cyber punk à l'état pur.

09 janvier 2003
par drélium




Un Fight Club puissance 1000 !

Ceux qui attendent de Tokyo Fist un simple film de boxe encensant le courage, la volonté où je ne sais quelle autre valeur risquent d’être fort déçus. De même, ceux qui s’attendent à voir des combats de boxe classiques risquent d’être surpris à plus d’un titre… Il ne faut en effet pas voir ce film comme un simple divertissement, mais bien comme un film d’auteur, appartenant à un univers très particulier et obéissant à une logique, à une thèse qui éclate à chaque plan, à chaque scène, à chaque effet de mise en scène. C’est pourquoi il est conseillé d’être un petit peu initié au cinéma de Tsukamoto sous peine d’être perdu ou énervé !

L’ambition de Tsukamoto est de présenter une alternative trash et extrémiste à la société nippone (qui ressemble d’ailleurs beaucoup à la nôtre) telle qu’elle est actuellement. En prenant Tokyo comme symbole de cette toute puissance qui écrase les hommes et les âmes, les faisant défiler comme des zombies entre des immeubles gigantesques, séculaires et d’un austère sans limites, il s’attaque de plein fouet à cette société libérale violente à sa manière en proposant un contre-courant d’une violence encore plus aiguë, mais qui a le mérite d’être définitivement humaine : la douleur. Grâce à la douleur, on reprend conscience de son corps, corps qui a tendance à s’atrophier pour ne plus devenir qu’un support du cerveau sans autre intérêt que de servir à le déplacer d’un endroit à un autre. Mais il va plus loin dans son propos : non seulement on reprend conscience de son corps par la douleur (apportée ici par la boxe), mais également de son âme qui ne reflétait plus du tout le moi profond de l’individu.

Ceux qui ne sont pas sensible à cette thèse nihilo-anarchique (qui est aussi celle de Fight Club) auront sans doute du mal avec ce film. Pour les autres, place au régal des yeux et de l’esprit. Notre cinéaste déjanté a choisi une histoire de vengeance entre 2 quasi-jumeaux (thème que l’on retrouvera dans Gemini), orchestré par une femme manipulatrice sans en avoir l’air qui semble tout droit sortir de l’univers de KUROSAWA Akira, pour étayer sa thèse. On craint dans la première partie du film une démonstration un peu lourde, et puis l’histoire se développe, prend de l’ampleur pour devenir tout à fait riche et crédible. Je vous laisse en découvrir les subtilités. Sans budget conséquent, il a décidé de profiter de sa liberté d’expression à fond en cumulant les rôles techniques et artistiques (réalisateur, monteur, directeur artistique et même acteur principal) et en donnant le second rôle à son frère Kohji, qui lui a semble-t-il inspiré le film, de sorte que Tokyo Fist lui ressemble complètement, à la fois libre, politique, dérangeant, provoquant et excessif.

Je n’ai pas encore parlé de l’esthétisme affolant de son œuvre, qui est pourtant la première chose qui crève les yeux ; les prises de vue originales et significatives se succèdent à un rythme déconcertant, certains plans de la ville sont de toute beauté, et cet élan de vitalité qu’arrive à insuffler Tsukamoto grâce à sa mise en scène percutante qui peut se résumer par un uppercut à l’estomac à chaque plan, tout cela est sans doute la plus grande des qualités du film. On n’a tout bonnement jamais vu ça, notamment lors des combats de boxe qui font passer tous ceux de Rocky, Raging Bull ou The Boxer pour des combats de fillettes ennuyeux à souhait. Autre chose : la mention « interdit aux moins de 16 ans » n’est pas fortuite ; Tokyo Fist est en effet d’une violence rare, où chaque visage est défoncé à coups de poings pour donner naissance à des coquards plus gros que des œufs de pigeon, et qui pissent le sang par dessus le marché !

Vous remarquerez durant tout le film la constante opposition entre les immeubles et ses adeptes, filmés dans un bleu glacial, et les boxeurs qui eux sont filmés dans des couleurs rougeâtres, couleur du fer en fusion, couleur un peu plus humaine. Vous remarquerez que la musique de Ishikawa Chu colle parfaitement aux images, dans un déluge de hard-core et de mélodies terrassantes. Vous remarquerez que Shinya a choisi la redondance avec les 2 Tetsuo et qu’il tourne parfois en rond, ce qui limité l’intérêt du film. Vous remarquerez qu’il a choisi la juxtaposition de ses plans, qui confine parfois à l’accumulation. Vous remarquerez que Tokyo Fist se résume en un seul plan, celui qui montre un bras semblant secouer les immeubles désespérément fixes de Tokyo dans le pré-générique. Et vous comprendrez – j’espère – que malgré ses quelques défauts, on ne peut qu’aimer un film expérimental, aussi sincère, aussi rebelle, aussi maîtrisé formellement et aussi jubilatoire !



03 mai 2001
par Ghost Dog




Un grand divertissement.

Avec Tokyo Fist, Tsukamoto réalise le joli tour de force de démoder n'importe quel film de boxe dit "percutant". Un travail qui force le respect au vu du budget ridicule comparé à ses illustres grands frères américains. Ceci dit ne comparons pas ce qui n'est pas comparable. Le film est incomparable, tout simplement du fait de sa singularité. Violent et dépressif, à l'image de ses anti-héros, il envoie le spectateur dans une spirale dégressive l'emmenant bien gentiment vers le knock-out.

Quand on parle d'anti-héro, on cite immédiatement Tsuda Yoshiharu interprété par Shinya himself. Il représente l'archétype même du cadre japonais renfermé sur lui-même, strict et de bonne éducation vivant avec sa petite femme dans son F3. Un quotidien qui se verra chamboulé par l'arrivée d'un "homme fort" adepte du boxing. Ce dernier du fait de sa musculation plus prononcée va rapidement taper dans l'oeil d'Hizuru, l'épouse de Tsuda et ainsi provoquer un ménage à trois proche de la guéguerre. Vexé, Tsuda va lui aussi se mettre à la boxe pour se sentir revivre et ainsi montrer qu'il peut très bien rester dans le coeur de son épouse qui peu à peu se révèle plus mystérieuse qu'on ne pensait.

Là est donc le message de Tsukamoto. Son Tokyo Fist représente grossièrement la définition d'une nouvelle vie. On est en face de Tsuda, type happé par son boulot et menant une vie incroyablement banale. Désespéré après l'arrivée du boxeur il se laisse traîner dans les méandres de la dépression jusqu'à vouloir se mettre à la boxe et ainsi rebondir de plus belle. Le sport, du moins ici la boxe, est le parfait remède à la déchéance, telle une nouvelle façon de renaître et d'éclipser les difficultés. Tsuda est persistant, battant et courageux, des qualités nécessaires pour impressionner sa belle surtout après la dérouillée qu'il s'est pris la veille en menaçant le boxeur en pleine séance de relaxation. C'est à partir de là que Tokyo Fist annonce la couleur. A partir de cette séquence incroyable où Tsuda croyant prendre le déçu sur son hôte se mange une gauche qui lui explose littéralement le nez, laissant apparaître des gerbes de sang phénoménales que n'aurait pas régner Jackson pour son Braindead (même au niveau des bruitages), suivi d'un crochet du gauche qui lui arrache une bonne moitié du visage.

La violence en soit n'a rien de marquant, seule la manière dont elle est filmée réussit à surpasser le banal. En l'occurrence dans cette scène, le personnage tombe KO sans broncher, tout comme le décor qui semble se détruire lui aussi au grès des coups portés. L'ampoule explose, le corps tombe à la renverse, l'ampoule glisse sur une corde (à l'image du corps qui tombe lui aussi), Tsukamoto use du ralentit pour grossir encore plus la scène et la rendre plus bis qu'elle n'est, tamise la lumière bleue, rouge ou orange, pour un peu on se croirait dans Inferno de Dario Argento. Le ton est donné, Tokyo Fist est lancé pour le meilleur, et le meilleur uniquement. L'apogée stylistique du réalisateur, la mise en abyme totale d'un genre, où comment rendre un simple film de boxe en un véritable opéra sanguinaire. On peut reprocher des choses sur la manière dont est traité le sujet, du fait d'une ambiance très particulière à des années lumières de ce que propose le cinéma populaire mondial. La narration y est souvent décousue comme si le film était fait de stages à la manière d'un jeu vidéo, mais on s'en fiche vu que ce n'est pas une première chez Tsukamoto. Qu'importe si l'ensemble est d'une grande facilité (le petit cadre strict qui devient une bête féroce), on suit avec plaisir cette sidérante montée en puissance d'une vraie feignasse. Les entraînements sont filmés en accéléré pour accroître ce sentiment de force et de rapidité chez les boxeurs, les combats sont filmés avec une seule caméra sur épaule qui tourne autour des acteurs pour renforcer cette impression d'être sur le ring et de recevoir les coups à notre tour, de terribles coups. Le sang coule à flot (les bruitages accentués sont remarquables de bisserie) et sort d'on ne sait où, filmé en gros plan bien sûr.

Ah ce Tsukamoto, aussi génial que misérable dans son style, parvient à mettre un peu plus de monde d'accord sur son entreprise avec ce Tokyo Fist intéressant, parfois un peu lourd, mais qui réserve toujours sa petite surprise qui pourrait faire lever n'importe quel fan de cinéma bis underground. On dirait même de la science-fiction.



15 octobre 2006
par Xavier Chanoine


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