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Le Transperceneige

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Arno Ching-wan 4 La bête humaine (s'poile beaucoup et spoile un peu)
Ordell Robbie 2.5 Traité de façon trop sage pour convaincre.
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La bête humaine (s'poile beaucoup et spoile un peu)

Vous êtes chez vous, frustré, pauvre, consterné, blessé, révolté pour tout un tas de raisons valable, n’en doutez pas. Si vous avez une part de responsabilité dans votre sort, n’exagérez rien, ne culpabilisez pas à l’excès : votre environnement chlingue. Et même si votre sort reste enviable, vous savez que votre environnement chlingue. Ca vous bouffe. Pour autant, pour survivre vous vous refusez à devenir un enfoiré. Alors c’est décidé : avant qu’il ne soit trop tard, avant d’être trop vieux, avant d’être complètement abruti par votre faux-fuyant quotidien, vous allez faire la révolution. Youpi ! Une barre de fer à la main, vous sortez de votre antre. Vous cogitez un peu sur le trottoir, fébrile. Que faire ? Péter un abris-bus ? Vous le paieriez de vos impôts, et d’une, et de deux la gamine qui arrive va se chopper la crève en attendant son transport en commun sous la pluie. Par votre faute. Alors quoi ? Allez-vous vous venger de ce sentiment d’injustice en cassant de l’étranger, du fonctionnaire, du gouvernement, quel qu’il soit ? Ils n’ont pas toujours la main et ne sont pas, à mon sens, responsables de votre sentiment, de ce besoin qui semble collectif. Tout parait tellement loin, inaccessible. L’Europe, le monde, des conglomérats d’entreprises ultra-puissants… Comment, en tendant le bras, changer les choses ? Et le réchauffement de la planète, et… et pourtant il faut péter un pilier, déverrouiller une trappe, c’est palpable, vous semble évident ! Qui que quoi comment ? Exploser un nain de jardin ? Ca défoule, certes, mais cela ne changera pas la face du monde. A peine une petite tâche rouge s'effacera-t-elle de la surface du globe. Et cette révolution semble programmée, non ? Il faut que ça saigne, que ça meurt, on doit tous purger le trop plein et… quoi que vous fassiez, vous savez que de toute façon vous serez dévoyé sur ce même rail commun où nous sommes tous condamnés à rester jusqu’à ce que mort s’ensuive.

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Ca caille, dehors. Après une murge au bar du coin doublée d'une mure réflexion, vous choisissez d’aller vous réfugier dans une salle de cinéma. Un peu saoul, vous mettez la barre de fer sous le fauteuil, elle roule s'enfuir un peu plus loin. Vous chaussez difficilement vos lunettes de vue. Elles sont bancales mais vous vous en foutez, vous les laissez vous flinguer votre champ de vision en vous disant que grâce à votre état et vos traces de doigts, vous aurez peut-être la 3D en bonus. 

Outre qu’un ancien vous conseillerait sagement de regarder votre quartier, vos voisins, votre jardin et le terrain de foot d’à côté plutôt que de fukushimer inutilement, sans verser dans la démonstration pesante certains artistes éclairés vous proposent déjà un état des lieux, une porte de sortie à plastiquer. Nous sommes dans la même galère, la même arche de Noé, le même wagon, le même train. Bon gré mal gré, on doit avancer ensemble. Tchou-tchou ! Mais pas à n’importe quel prix, ne nous laissons pas aveugler par la fumée. Si l'on ne peut soigner la loco loco, on peut tout envoyer dans le décor quitte à disparaître soi-même. Avant tout, sauver sa descendance ! Et après ? « On verra bien et à Dieu vat ! ». Sont-ce des propos irresponsable ? Pas selon Bong Joon-Ho, qui en concevant pleinement le cynisme en activité conçoit également sa destruction, nécessaire, et prône un beau retour animal, à l’innocence. Au premier plan, par devant cette allégorie bien vue, place au spectacle. Les personnages plein de cambouis existent, les péripéties s’enchaînent tels des rouages bien huilés, la mise en scène est à couper le sifflet du contrôleur, l’action est trépidante, l’humour noir comme le charbon, la musique suit le chef de gare…  

Hormis quelques bavardages en trop et un (joli) faux happy end évoquant bien malgré lui une pub pour une célèbre boisson, ce Transperceneige s’avère sacrément jubilatoire à suivre. Le binôme père / fille de The Host y est rapatrié avec bonheur, la langue coréenne fêtée avec un esprit chauvin bienfaisant, l’acteur Song Kang-Ho en impose toujours autant de son charisme photogénique. Nous sommes prêts à le suivre dans la suite, Antarctic Journal, où il errera, perdu, dans la neige infinie. Sorti juste après deux grandes péloches, Prisoners et Gravity, Snowpiercer peut même se voir comparé à ceux-là. De ce méchant qui raconte tout in fine, flingue à la main, à cet enfant qu’il faut sauver, prisonnier dans un trou, à ce final où un survivant se sent heureux de s’en être tiré alors qu’il se trouve au beau milieu d'une nature hostile. Environnement dangereux, se battre pour survivre, sauver les jeunes générations… L’inconscient collectif sait ce qu’il en est, l’espoir demeure et à Ko Ah-Seong de figurer un bien beau perce-neige. Ca marche. Alors si ça n’est pas déjà fait, enfilez vos chaussettes épaisses et une paire de grosses chaussures aux semelles antidérapantes parce que c’est le pied ce film ! Tous sur le marchepied avec entrain ! Et gare au poisson.    

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05 novembre 2013
par Arno Ching-wan


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