| Arnaud Mirloup | 1.75 | Taille foune = rase motte |
| François | 1.5 | Tempête dans un verre d'eau |
| Gillesc | 3 | |
| Ordell Robbie | 0.5 ![]() |
Un blockbuster coréen impersonnel et bourré de poncifs de plus. |
Le héros (LEE Jeong-jae) aime aveuglément son pays. " La prochaine fois que vous devez sélectionner des candidats de l'Académie des Officiers, ne détaillez pas le job ni ne parlez d'argent. Dites juste à quel point c'est important pour le pays." BEUUAARH!!!. Très foireux, son personnage part en mission en nous la jouant "Jack - copy that - Bauer", prêt à se sacrifier pour le drapeau et balancer des pruneaux dans les genoux pour montrer qu’il ira jusqu’au bout. Tout en admettant, youpitralala, qu'il comprend le bad guy. Ben voyons. Depuis quand les œillères ont-elles une quelconque option vers l’ouverture d'esprit ? De l’autre côté du ring nous avons JANG Dong-Kun, méconnaissable en méchant ayant ses raisons d’être méchant avec le p’tit flash-back qui va - pas - bien nous expliquant le pourquoi du comment qu’il est méchant. Parce qu’il y a vraiment de quoi être méchant. C’est plus que du « déjà-vou » tout ça, c’est de l’auto-recyclage qui, déjà, recyclait pas mal, plongeant cette fois carrément dans le ridicule le temps d'un autre ignoble flash-back où d’innocents fuyards nord-coréens se font zigouiller. Avec pour toile de fond une musique pompière désormais passe-nulle part. Le bon public a ses limites, ici allègrement franchies. Le réalisateur KWAK Kyung-taek n’est pourtant pas un manchot, il nous l’avait déjà prouvé avec son très bon Friend. Ici il arrive à nous trousser quelques scènes sympathiques, des séquences d’action musclées - l’assaut final est correct - et des derniers plans qui, enfin, véhiculent une émotion affreusement absente du reste du métrage. Autre point positif - et y'en a pas des masses - la BO est clairement cassée en deux parties, bien distinctes. D'une part le balourd patriotique inbitable, bien sûr, mais d'autre part une rythmique énergique moderne et bienvenue illustrant les parties "espionnage" sous d’autres aspects que les très restreintes (et récurrentes) mélopées nationalistes. Ces dernières rendent d’autant plus ridicules ce scénario et ces poncifs qu’elles ne les relaient pas dans la narration, comme si le metteur en scène s’en fichait complètement, sabordant son film en le cassant en deux, proposant d’un côté un divertissement chiadé et de l’autre le traitement bâclé d’un détail historique.
On peut y voir là les promesses d’un futur cinéma d’action aux enjeux différents. Le savoir faire et l’envie de raconter autre chose sont là, palpables, mais pour l’instant toujours empêtrés dans un drapeau collant grave aux bonbons.
Avec le recul, ce film apparait vraiment très bon, alors que pendant la vision, certaines ficelles avaient l'air un peu trop faciles. Comme toute grosse production, celle-ci n'est pas exempte de clichés, mais il est appréciable de voir que ceux-ci ne gâchent pas le spectacle. En effet, le scénario se déroule sans problème et même si c'est souvent assez téléphoné, ce n'est jamais stupide. Typhoon raconte l'histoire d'un coréen, échappé de Corée du Nord lorsqu'il était très jeune et qui, pendant 20 ans, a mûrit sa haine contre la Corée du Sud pour avoir trahi les réfugiés. Ainsi, il prépare un attentat ; faire exploser des produits radioactifs au-dessus de la péninsule. Les services sud-coréens, ayant vent de ce projet, envoi contre le gré des américains et des japonais, un militaire pour contrer le nord-coréen. Pour le retrouver, il n'a qu'une seule piste : la soeur du criminel, esclave d'un réseau russe à Vladivostok.
Le film a une petite portée politique, pour critiquer le fait que les réfugiés nord-coréen, avant 1982, étaient ignorés par la Corée du Sud, résultant sur la mort de centaines d'évadés obligés de retourner en corée du Nord, et évidemment, un blockbuster coréen ne peut pas voir le jour sans une petite larme patriotique, donc on a aussi le droit a un petit discours moralisateur sur l'unité coréenne. Entre tout cela, le scénario mélange espionnage et action, avec surtout de l'action, dont une poursuite sympathique dans les rues de Busan, quelques fusillades plus réalistes que spectaculaires, et du combat à mains nues. Pendant tout le film, on assiste à un duel entre deux hommes qui, dans un autre contexte, auraient pu être amis, mais qui là se retrouve dans le camp adverse ; on revoit très nettement le même style que dans Heat, avec un clin d'oeil évident à la fin ; la référence n'est pas mal choisie, surtout qu'elle permet dans ce film de montrer que les deux Corées peuvent penser pareils mais être ennemis dans la manière d'agir.
Les acteurs sont plutôt bons ; Jang Dong-Gun montre qu'il peut jouer en thailandais et en russe ; un peu de frime ne fait pas de mal, et Lee Jeong-Jae est crédible dans son rôle. Petite déception avec la musique un peu trop présente et des fois tonitruante pour rien. A part cela, très bon film, qui montre que l'action à la Shiri est quand même bien dépassé.


