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Who’s the Real Killer

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1 critiques: 4.25/5

visiteurnote
bruce randylan 4.25


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Un nouveau scénario signé Kaneto Shino qui porte un regard assez sombre d'un Japon qui passe le cap du boom économique avec beaucoup de dommages collatéraux.
Ko Nakahira est en osmose avec cette histoire et l'inscrit dans la continuité du néo-réalisme en tournant en extérieur et dans des vrais maison/bars qui ne sont jamais en studio. Rien de figé pourtant car tout le film est presque entièrement tourné à la grue pour beaucoup de mouvements de caméra qui refusent la facilité. Il évite l’exercice de style car sa technique sert à s'enraciner dans la rue tout en étant purement cinématographique. Les deux univers se complètent avec brio comme par exemple dans un brillant travelling circulaire de 720° (qui s'élève à la fin du plan) en plein milieu d'un carrefour où des jeunes tentent de convaincre des automobilistes de les laisser laver leur voitures.

Il y a plusieurs moments où le documentaire et la fiction se télescopent subtilement (on voit même une figurante seins nus traverser une ruelle pour rentrer son linge le plus naturellement du monde sans que la caméra ne s'attarde sur ce détail). La dimension sociale est vraiment une composante majeure du film entre le vieux vendeur qui n'arrive pas s'adapter aux nouveaux critères commerciaux, la fille qui devient hôtesse sans scrupule pour payer son loyer, les arnaques à l'assurance où l'on risque sa vie pour une bouchée de pain, les salles de billards sordides, les bars miteux qui sentent la crasse (peinture stupéfiantes où l'on croise araignées, cafards, souris et pièges à mouches).

Nakahira est à l'aise à chaque moments et son style de réalisation, à la fois très stylisée et réaliste, fonctionne vraiment admirablement, réussissant à rendre des parties de billard palpitantes (avec un travail sur le son intelligent), à rendre touchant tous ses personnages par touches de nuances (joli portrait tout en discrétion de la nouvelle compagne du vieux vendeur). On sent qu'il développe l'approche qu'il avait initié dans l'homme à abattre (et qu'il semble avoir arrêté après ce film).

Il dessine une tableau vraiment noir et fataliste qui éclate dans les deux scènes d'accidents en voiture pour flouer l'assurance. Des séquences longues, aux amples mouvements de grues qui n'en finissent pas de s'élever, de redescendre, de scruter les distances et les silhouettes lointaines. On se doute que l'issue sera tragique et on est pas tromper sur la marchandise (ah ce long travelling arrière sous la pluie qui réunit tous les personnages).
A noter une séquence de conclusion étonnante qui nous fait sortir de la ville mais qui reste toujours aussi impitoyable (Le passage au noir apparaît comme une guillotine).

Une très grande réussite qui parvient à échapper à une écriture et un style artificiels. Un dernier mot pour souligner l’interprétation générale de haut vol.

29 janvier 2013
par bruce randylan


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