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Colorful

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les avis de Cinemasie

2 critiques: 3.62/5

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5 critiques: 3.5/5



Astec 3.75 Anima
Ordell Robbie 3.5 La précision d'orfèvre du scénario compense en partie les limites formelles.
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Anima

Si au Japon Keiicha HARA s'est fait un nom dans le milieu de l'animation grâce à son travail sur les films de Crayon Shin-Chan (où un autre grand animateur a également brillé, son ami Yuasa Masaaki), personnage ultra populaire, il restait encore un parfait inconnu chez nous au moment de la sortie de son précédent long, Un été avec Coo (2007) . De quoi penser que nous avions là un "jeune" réalisateur alors qu'en réalité le bonhomme avait déjà tout du baroudeur expérimenté (20 ans de carrière à l'époque). Colorful n'est donc pas le film de la confirmation, ça c'était Coo : la confirmation que cet animateur devenu réalisateur qui avait su hisser une licence, au cinéma, à un degré de popularité insoupçonné, était tout aussi talentueux quand il s'agissait de mettre en boite ses propres histoires, ses projets personnels, quand il n'était pas adossé à un univers déjà défini ni pris en charge par un studio où il avait ses habitudes. Le public français ne pouvait pas le savoir à cette époque, mais le patron de la puissante Sunrise, studio de production de Colorful, le savait depuis bien avant, lui qui était allé chercher HARA une première fois sans succès, avec déjà l'idée de lui confier l'adaptation de Colorful (tiré d'un roman d'Eto Mori). Keiichi HARA rappelle (1) ainsi que "c'est en voyant mes films de Shin-Chan qu'il a eu l'idée de me confier cette adaptation. Il était déjà venu me solliciter en 2003, alors que Coo était seulement en projet et comme je ne voulais pas repousser la réalisation de ce dernier, il a donc décidé d'attendre car il ne voulait personne d'autre que moi."

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Colorful n'est donc pas la film de la confirmation mais celui de la maturité, un film à la mise en scène maitrisée de bout en bout, un film qui se construit sur ses détails, ses silences, ses cadrages. Un film très écrit/préparé (Coo était bien plus "bordélique" à ce niveau) qui laisse la place à l'inspiration (2) pour une séquence (celle de la ligne du tramway) d'une nostalgie poignante. Colorful n’aura aucun mal à vous faire monter la larme à l’oeil, tout en évitant guimauverie et sentimentalisme facile. Le film ne se distingue pas tant par son point de départ, déjà décliné à de nombreuses reprises (que feriez-vous si après votre mort vous était donné une chance de recommencer ?), mais bien par son regard sincère, subtil et clairvoyant sur une famille en décomposition. Procédant par petites touches en captant ici un regard, là un haussement d’épaule, ou alors toute une gestuelle en guise de caractérisation psychologique (Shoko et son « acting » hyper expressif), Keiichi Hara suit des personnages en perdition, dans une famille malade de ses silences, sans jamais verser dans les complaintes adolescentes nombrilistes d’un certain Makoto SHINKAI. Pas de style pour le style chez Hara, pas de "posture". Dans Colorful tout semble couler de source, naturellement. Il y a bien des faiblesses techniques parfois, quelques choix de design discutables peut-être, mais rien qui ne vous "sorte" de la narration et surtout pas le travail très réaliste sur les décors et la lumière.

Une hypothèse : sans la présence d’un certain Chat du Rabbin alors en pleine promo, Colorful aurait sans doute raflé le grand prix du dernier festival d’Annecy. C’est ce que nous suggère son prix du public, c’est ce qui a sans doute motivé sa « mention spéciale » du jury…

Notes :

1) Propos recueillis en juin 2011.

2) Toujours dans le même entretien, sur cette scène en particulier : " C'est en faisant les repérages pour les décors (je voulais quelque chose de très réaliste à ce niveau) que l'idée m'est venue, en découvrant l'histoire – réelle - de cette ligne de tramway qui avait existé. Ç'était porteur d'une telle nostalgie..."

16 novembre 2011
par Astec


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