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Tigre et Dragon

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les avis de Cinemasie

16 critiques: 3.28/5

vos avis

108 critiques: 3.73/5



==^..^== 4.25 Un film grande distribution, mais tout à fait suivant l'art des films de Kung-f...
Alain 2
Anel 3.5
Astec 2.75 Un film qui ne décolle jamais
drélium 4.25 Quoi que l'on puisse dire, un grand film qui réussit la fusion orient (wu xia p...
François 4.25 Le fond et la forme réunis pour ce Wu Xia Pian un peu occidentalisé mais de gra...
Gaetan 3.5 un film de sabre dans la pure tradition des années 60
Ghost Dog 1 En voulant rendre hommage au genre de son enfance, le film de sabre, Ang Lee si...
Ikari Gendo 1.75 Un film très en deçà de la réputation qu’il a su se forger
jeffy 4 Très beau film pour la photographie, le reste n'est pas mal...
Junta 4.75 Attention film exceptionnel !!!
MLF 3.25
Ordell Robbie 2 Dragon sans feu
Sebastian 4.25
Tenebres83 4
Xavier Chanoine 3 Ne passe la seconde que trop tard. Mais quel final!
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Un film grande distribution, mais tout à fait suivant l'art des films de Kung-fu chinois

Un casting sans reproche et un régisseur de renom, quelle mauvaise surprise pourrait nous attendre dans ce film ? Et quand en plus 4 oscars sont venus le récompenser, il fallait vraiment que je tente l'expérience. Là je dois avouer que je suis parti avec des préjugés et j'ai pensé voir un film de Kung-fu à la sauce américaine. Mais pas du tout en fait. Sur un fond de romance (il faut bien accrocher tout le monde), on retrouve un film tout à fait dans la tradition. Les décors tout d'abord et les combats ensuite. Les sauts interminables et les vols planés m'ont un peu dérouté dans un premier temps, parce que j'avais en tête de voir un film d'action "classique" pour un européen, mais une fois remis dans son contexte tout prend une autre dimension.

Plus que des combats, dont la chorégraphie et la diversité sont quasiment irréprochables, Ang Lee nous offre des images et des paysages de rêve. Et pour couronner le tout, une bande annonce très réussie que l'on ne se lasse pas d'écouter.



25 mars 2002
par ==^..^==




Un film qui ne décolle jamais

Même si je ne dis jamais aux gens qui ne connaissent pas le cinéma HK que ce film est moyen/mauvais (mise en scène flottante avec un flash back vraiment maladroit) car je le considère comme une initiation plutôt qu'autre chose, il n'en reste pas moins que d'un point de vue général il manque de souffle (il s'essouffle même dans sa deuxième moitié). Du point de vue cinéma HK il est en dessous de pas mal de ses sources sur bien des points, notamment sur la mise en scène des chorégraphies...

En ce qui concerne le scénario, malgré la volonté d'Ang Lee de sortir des sentiers battus (est-ce là la fonction du flash-back ennuyeux en milieu de film ?), il reprend la matière fondamentale de tout bon wu xia-pian qui se rerspecte: l'opposition entre devoir et désir qui se traduit ici par le devoir de vengeance du personnage de Li Mu-Bai et sa volonté de vivre enfin sa vie pour lui. Le personnage incarné par Zhang Zi-Yi jouant, quant à lui, le rôle de catalyseur en même temps que l'espoir d'une transmission du savoir entre deux générations. Amours contrariés, désirs inavoués...rien de bien neuf et ce n'est d'ailleurs pas sur ce critère que se distinguent les films de chevalerie, genre ultra-codifié que le cinéma HK revisite incessement depuis son invention.

Car la force de ce cinéma a toujours résidé dans sa capacité à faire décoller les émotions et les spectateurs aux mêmes hauteurs que ses héros bondissants (ou volants, là n'est pas la question). Et cela au moyen d'une sublimation des contraintes formelles de narration qui passe, avant tout, dans la mise en scène du mouvement des corps et donc des combats, avec toutes leur charge métaphorique. Ainsi, lorsqu'on se penche un peu plus en détail sur cette question dans Tigre et Dragon, force est de constater que le savoir faire de Ang Lee en matière de wu xia-pian s'arrête là où commence le combat. Il ne s'agit pas de minimiser le travail de Yuen Wo-Ping qui reste toujours d'aussi bonne facture, mais la façon dont est abordé cet aspect essentiel de la mise en scène dans un long-métrage de ce type laisse, ici, à désiré.

La bande son (sans regretter forcément les bo hk) manque de punch. Les chorégraphies de Wo-Ping sont toujours aussi excellentes mais diminuées dans leur impact par un montage trop somnolant, en raison d'une utilisation quasi-exclusive du grand angle. Ce n'est pas que la possibilité de faire des plans plus larges et longs soit mauvaise, au contraire, mais ne se contenter que de ça revient à s'interdire non seulement plus de fantasie, mais surtout à s'interdire de magnifier les combattants à travers une "patte graphique" et donc à réduire la dimension "héroique". L'impression qui se dégage de cette façon de faire -vouloir "tout montrer" puisque l'on peut allègrement effacer les câbles- est dès lor plus "terre à terre".

Mais ce résultat d'ensemble découle avant tout d'une façon d'aborder les combats somme toute récréative, un peu à la manière du cinoche occidental dont Ang Lee me semble bien plus proche. Au contraire, dans les films HK les combats sont les moments privilégiés où se nouent et se dénouent les tensions dramatiques et ce, quel qu'en soit la quantité. L'importance de ces moments du film, leur charge dramatique, en font les points nodaux autours desquels se déploie l'histoire. Prenons le cas d'Il etait une fois en Chine: s'il y a peu de combats, il n'empêche que toute la structure du scénario tend à donner à ces derniers une dimension qui va au-delà de l'évènementiel, pour s'inscrire directement dans le mythe.

Dans Tigre et Dragon TOUS les combats ne sont que des moments transitionnels !

Jamais ne se résolvent ou se nouent les moments clés des rapports entre les personnages. Quel que soit la scène de combat choisie dans ce film, Ang Lee trouve toujours le moyen de se "glisser" (l'assassinat de Li Mu-Bai hormis, mais là c'est plus classique, faut bien qu'il meure d'une façon) hors de cet espace dramaturgique pour, finalement, se retrouver sur un terrain qui lui est bien plus familier: les scènes de dialogue entre personnages. Il ne faut pas s'y tromper, je ne critique nullemement ces scènes en général ou les films sans combat, mais l'incapacité de Ang Lee à élever les affrontements à un autre niveau que celui de la péripétie. A partir du moment où il décide de s'attaquer à un genre qui fait des affrontements physiques un enjeu primordial dans la dynamique du récit, il faut être prêt à aller jusqu'au bout de cette logique, même (surtout) lorsqu'on veut boulverser les règles d'un genre (The Blade est âpre et "réaliste" par rapport au reste de la prod. HK, et pourtant il y a peu de combats et pas du tout filmé comme d'hab').

Une anecdote pour appuyer mon propos concernant le tournage d'Il était une fois en Chine: quelques semaines avant le début des prises de vue, Tsui Hark invite Jet chez lui. Là, il lui passe en boucle des reportages animaliers ne montrant que des affrontements physiques ! Etais-ce pour essayer de trouver des mouvements inédits à utiliser lors des séquences de combat ? Pas du tout, en fait ce que Hark désirait souligner était que ce qui fait l'intensité d'un affrontement est à chercher dans tous ce qui le précède, dans cette tension qui se dégage lorsque les combattants s'observent et se jaugent, dans ce moment où s'échange quantité d'informations subliminales. Le passage à l'acte ne peut qu'y gagner plus de force et d'intensité en devenant dès lors plus qu'une réaction ou une attitude, il définit un nouvel espace de relation. Dans cet espace on ne se parle plus avec des mots mais avec des gestes car il fait du contact physique une prolongation du rapport noué précedemment, mais à un degré qui confine au paroxysme.

Voilà pourquoi les arts martiaux (et son cinéma), dans Tigre et Dragon, sont vidés d'une partie de leur substance emotionnelle et réduit à un simple décorum "exotique", ne subsistant plus qu'en tant que savoir faire. La plus grande qualité de ce film réside en premier lieu en ce qu'il est une nourriture filmique bien plus digeste, pour les spectateurs occidentaux, que le tout venant de la production HK. D'ailleurs, le public de l'ex.colonie ne s'y est pas trompé en réservant un tiède accueuil à Tigre et Dragon. Espérons que cela permettra à nombre de néophytes de découvrir la quantité de chef d'oeuvres du genre qui méritent bien plus de lauriers que ce vrai faux film asiatique.



14 août 2001
par Astec




Quoi que l'on puisse dire, un grand film qui réussit la fusion orient (wu xia pian câblé/philosophie maître-élève) / occident (déroulement de l'histoire/psychologie des personnages)

Ok ça sent le yahourt bien polissé pour plaire à tout le monde, ok les dialogues sont longs, parfois pesants et les combats trop courts et transitionnels, ok chow yun fat a un peu de mal à ne pas montrer qu'il est novice, ok les cables sont bien trop présents et trop gratuitement poêtiques, etc..... Mais quelle image, quelle musique, quelle beauté, quelle modernité, quelle réelle tension entre les personnages bien plus proches en ce sens des films occidentaux que du jeu caricatural HongKongais. La fusion fait plaisir à voir malgré les longueurs évidentes. Ok, il faut aimer les cables, mais quoi de plus normal pour un hommage aux wu xia pian et leur utilisation relève de la poésie bienvenue. Le vrai problème de ce film est le passage interminable dans le désert qui n'apporte rien et détruit le rythme, et aussi l'ambiance buccolique des décors verdoyants. Les chorégraphies sont loin d'être les plus dingues jamais vues mais restent assez incisives pour que l'on puisse les apprécier à leur juste valeur. La musique est sublime et colle aux scènes à la perfection ce qui est loin d'être le cas en général. Le tout est donc très agréable, si seulement il n'y avait pas cette retraite interminable dans le désert...

16 janvier 2003
par drélium




Le fond et la forme réunis pour ce Wu Xia Pian un peu occidentalisé mais de grande classe

Les films d'arts martiaux se font rarement remarqués de nos jours pour leur scénario, qui consiste la plupart du temps à venger la mort de sa bien aimée ou de son vieux maître. En s'attaquant à l'adaptation d'un roman, Ang Lee fait preuve une nouvelle fois d'un intérêt certain pour le contenu de son film. Et en s'attachant les services de Yuen Woo-Ping pour la forme, il donne à son film une double qualité rarement atteinte dans le milieu martial.

L'histoire est assez compliquée et mélange plusieurs histoires allant de simples à plus complexes. Simple étant Chow Yun-Fat et Michelle Yeoh, l'amour jamais révélé. Compliquée étant Chang Cheng/Zhang Zi-Yi, Zhang Zi-Yi/Chang Pei-Pei/Chow Yun-Fat, Zhang Yi-Zi/Michelle Yeoh. On voit que la jeune Zi-Yi est au coeur de bien des histoires, et également que les relations sont croisés à parts égales, ce qui donne au film un équilibre bienvenu et une complexité certaine. Si on passe sur l'histoire d'amour entre Yun-Fat et Michelle, et sur la classique histoire de vengeance entre Yun-Fat et Pei-Pei, le reste est plus étonnant.

On a bien sûr de la relation maître/élève, comme dans tout bon film martial qui se respecte. Zhang Zi-Yi est le centre de ce thème, tiraillée entre Pei-Pei à qui elle cache ses talents, Yun-Fat qu'elle admire et bien sûr son côté autodidacte et rebel. Car c'est bien elle le centre du film, c'est un personnage intéressant car très humain. Son jeune âge la conduit à faire bien des erreurs ainsi qu'à réagir parfois très puérilement (le peigne bien sûr, le combat dans l'auberge). C'est une rêveuse qui veut être combattante, elle est bien sûr très très douée et malheureusement va provoquer bien des malheurs. Personne n'est parfait dans ce film, les hommes sont souvent idiots, les femmes plus fortes, personne n'a vraiment réussi sa vie et cherche sa voie.

Voici le deuxième thème fort du film, la destinée des femmes, Zi-Yi exprimant clairement dès le début son amertume d'être promise à quelqu'un qu'elle n'aime pas, Michelle ne pouvant déclarer son amour à Yun-Fat à cause de son défunt fiancée. Et bien sûr la destinée du swordsman, la beauté destructrice de l'épée. Ce scénario est donc assez surprenant et plus complexe que 99% des films d'arts martiaux des années 80 ou 90. Que manque-t-il toujours à ce genre de film pour en faire un grand chef d'oeuvre ? De la profondeur ou de l'émotion. Ici Tigre et Dragon possède un peu des deux en plus d'une beauté formelle indéniable.

Avec les moyens américains, Ang Lee a pu donner à son film un côté épique que je n'ai encore jamais rencontré dans aucun Wu Xia Pian hong-kongais. La photographie de Peter Pau associée aux merveilleux paysages et décors font du film un bijou visuel comme on en voit peu. Certains plans fixes font penser à des tableaux. On ajoute à cela la beauté du mouvement avec des combats très satisfaisants. Je m'attendais à pire, à des concessions sur les sauts et vols, mais il n'en est rien. Tant pis si certains spectateurs rient en voyant les combattants marcher sur les murs ou dans les arbres. On retrouve ici ce qui fait la force du cinéma de Hong-Kong, cette folie gracieuse qui rend les combats non pas violents mais d'un fascinante beauté. Je regrette seulement les quelques passages à effets spéciaux qui sonnent plus artificiels, et évidemment que le film soit aussi carré. On ressent l'influence du financement US et la volonté de faire un film mondial. Il est évident que le film n'est pas très HK, ni aucun pays en particulier. C'est un melting pot assez réussi à mon avis, même si non représentatif d'un quelconque cinéma.

Pour parler un peu de l'interprétation, soulignons surtout les performances féminines. Chang Pei-Pei, grande star des années 60, fait un retour remarqué, Michelle Yeoh est plus belle que jamais (autant dans certains films je ne la trouve pas très jolie, autant ici elle est vraiment magnifique) et parfaite pour ce rôle, et Zhang Zi-Yi porte le film sur ses petites épaules. Pas étonnant que Zhang Yimou l'ait choisie pour Road Home, cette jeune actrice a beaucoup de talent en plus d'être très jolie. Les hommes se font voler la vedette mais quel plaisir de voir Chow Yun-Fat en combattant. Il se débrouille très bien épée à la main, même si des doublures ont dû le remplacer de temps en temps. Yun-Fat est un des acteurs les plus charismatiques de la planète, et ici il est une nouvelle fois superbe. Je suis peut-être un peu ébloui par mon admiration pour lui et par le fait que c'est la première fois que je le vois dans un film d'époque. A vous de juger.

Quant aux défauts du film, on peut parler de son rythme assez lent, mais là aussi on sent l'adaptation d'un roman et surtout l'équilibre entre Ang Lee et Yuen Woo-Ping. Le calme avant la tempête, qui se répète tout au long du film. Il est évident que ce n'est pas Iron Monkey, mais cela permet de rendre les scènes de combat plus intenses. La première scène de combat fait son effet car toute la partie précédente était calme et lente. Ce rythme changeant risque cependant de décevoir les fans de combat, mais OUATIC, autre grand film martial épique, offre lui aussi peu de combats au vu de la longueur du film.

Toujours est-il qu'après les critiques très mitigées que j'ai entendu de la part des fans de cinéma asiatique, je m'attendais à du déjà vu. En fait le film présente des personnages plus intéressants que d'habitude (surtout celui de Zhang Zi-Yi) et une beauté visuelle fascinante. Même les combats entrent instantanément parmi les meilleurs du genre. Certes des concessions ont été faites, et le film est hybride, mais démontrent plusieurs savoir-faire asiatiques.



15 janvier 2001
par François




un film de sabre dans la pure tradition des années 60

Tigre et Dragon est un film de sabre de style classique (Pour plus d'explications : allez voir le magnifique article de François notre chef adoré sur le sujet ;-). Qui dit film de sabre, dit combat de sabre, sans pour autant négliger l'aspect scénaristique.

Je trouve le résultat très satisfaisant. Le scénario est intéressant et sort du lot : la recherche d'une épée volée dans une maison, c'est tout de même moins courant que le reste de la production. La chorégraphie de Yuen Woo-Ping est belle et variée. Il est bon de signaler que les personnages ne volent pas comme on pourrait le croire : il s'agit simplement de sauts extrêmement longs, ils prennent toujours appui sur quelque chose (mur, bambou, ...).

Coté acteur, c'est une agréable surprise : Chow Yun Fat est très crédible dans son rôle de grand maître, tout comme Michelle Yeoh, les autres étant à leurs hauteurs. Cela nous permet d'obtenir une visuel dès plus marquant. C'est une belle surprise de la part de CYF, dont je ne connaissais que la facette acteur dramatique.

Pour conclure, ce film nous montre une face du film de sabre, qui se révèle très intéressant et très plaisant pour le spectateur. Il est à voir : le Wu Xia Pian le mérite.



24 janvier 2001
par Gaetan




En voulant rendre hommage au genre de son enfance, le film de sabre, Ang Lee signe un film à la limite du ridicule. Une grosse déception...

Et pourtant, je l'attendais ce film, comme beaucoup d'entre vous j'imagine, au point d'aller à l'avant-première pour vous faire part de mes impressions. Autant vous le dire tout de suite, ça faisait longtemps que je n'avais pas trouvé un film aussi pitoyable, longtemps que je n'étais pas sorti d'une salle de cinéma en colère. J'avais beau me dire qu'à un moment ou à un autre il commencerait véritablement à m'intéresser et à m'étonner (notamment grâce aux scènes d'action, c'est quand même pour ça que je suis venu en priorité), rien n'y a fait. J'ai beau réfléchir, même 24H après, à ce qui m'a plu dans Tigre et Dragon, je ne trouve rien... Scénario sans queue ni tête, scènes de Wu Xia Pian qui frôlent le n'importe quoi, j'ai vraiment l'impression d'avoir perdu 40 balles...

Bon, du calme, essayons d'abord de rassembler les morceaux. Le film commence par 10 minutes très lentes où Shu-Lien (Michelle Yeoh) revoit son amour caché, en la personne de Li (Chow Yun-Fat), après des années d'absence. Ce dernier lui remet un sabre, du nom de Destinée, d'une grande valeur; ça y est, il raccroche, il en a marre, et Shu-Lien doit aller le rapporter à son maître, ce qu'elle fait. Là-bas, elle rencontre une jolie jeune fille, Jen (Zhang Ziyi), sur le point de se marier, et qui semble intéressée par le sabre. Jusqu'ici, tout va bien: l'histoire, même si elle n'est pas palpitante, se met doucement en place. Et puis survient une scène aberrante en tous points: c'est la nuit, une voleuse s'introduit dans la maison pour voler le sabre, mais Michelle est là et commence à se fighter avec. Sauf que, oh surprise, elles ont la capacité de voler! Eh oui, elles peuvent courir sur les murs, sauter par dessus les toits, bondir dans le vide!

Dans la salle autour de moi, rires moqueurs, commentaires pas très polis. Pourtant, c'est quand même pas la première fois dans un film chinois qu'on voit des combattants voler! Mais ce qui marche sans aucun problème dans un univers onirique comme celui de Ronny Yu (Jiang Hu) ou dans un univers complètement fou, voire mystique, comme chez Tsui Hark (Zu, Il était une fois en Chine), ne marche étonnement pas chez Ang Lee. Pourquoi? Tout simplement à cause de ces 10 premières minutes qui ont installé un rythme très lent et qui font paraître cette première scène totalement déplacée et franchement risible. Sans compter que j'ai trouvé ça plutôt mal fait, on ne voit certes pas les cables de traction, mais il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination pour les deviner... Et puis, l'erreur de casting est quand même flagrante! Voir Michelle Yeoh, genre très collet-monté,et qui me fait un peu penser à une Catherine Deneuve asiatique, courir sur les murs derrière une voleuse, on se pose forcément des questions...

A partir de là, on se dit que si le film continue sur ce rythme là, on finira bien par gober cette histoire de pouvoirs magiques et qu'on se régalera un peu! Eh bien non, on repart après dans des combats au sol où ces pouvoirs sont peu utilisés. Bref. Quelques instants plus tard, on se rend compte que la voleuse était Jen, disciple de la méchante Jade la Hyène. On la retrouve dans un carrosse en plein désert, en train de se recoiffer. Un cavalier arrive (Lo, joué par Chang Chen, qu'on a pu voir dans Happy Together) et lui chipe son peigne. Et voilà que Jen se lance à sa poursuite en lui criant « rends moi mon peigne !» tout en lui balançant des flèches et des cailloux à la figure. Ils arrivent dans la grotte de Lo et continuent à se massacrer gaiement l'un l'autre pendant 2 jours à cause de ce fichu peigne. Au bout d'un moment, Lo en a marre, il plaque Jen au sol et lui glisse la main dans la culotte. Oh miracle! Jen tombe amoureuse folle de Lo et ils s'étreignent au ralenti sur un canasson... On se demande vraiment ce qu'on voit là!! On cherche désespérément le plus petit élément tendant à prouver que c'est bien du second degré, en vain. A moins que je n'ai rien compris au film, ce qui est tout à fait possible, mais en tout cas je n'étais pas le seul dans la salle...

Et ça continue dans le n'importe quoi, Jen repart en ville, corrige 50 gars dans un bar (je suis persuadé d'avoir déjà vu cette scène quelque part. Warrios 2?), combat une nouvelle fois avec Michelle dans une cour, avec Chow sur les cimes des arbres et sur l'eau, puis, pas rencunière, se démène pour préparer l'antidote qui pourrait le sauver. Le temps d'un épilogue incompréhensible, et puis c'est fini... On aura donc eu droit pendant ces 2 longues heures à des passages calmes plutôt baillants, des passages d'action dignes de Street Fighter (qu'est-il arrivé à Yuen Woo-Ping, le chorégraphe de Fist of Legend et The Matrix, il était gravement malade sur le tournage? A moins qu'il ait pris la grosse tête?) et d'une histoire inintéressante à dormir debout! Joli programme. Une image m'est restée malgré tout: celle où Chow Yun-Fat, voyant Jen s'échapper par la voie des airs, tend le poing et décolle à son tour, à la manière de Superman. On a beau se prendre la tête à 2 mains, c'est fait... Certes, mieux vaut voir ça que d'être aveugle et sourd, mais personnellement je me suis repassé The Blade en rentrant chez moi pour me calmer les nerfs!!!



22 octobre 2000
par Ghost Dog




Un film très en deçà de la réputation qu’il a su se forger

Tigre et Dragon se veut marquer un certain renouveau du Wu Xia Pian et du cinéma de HK en général. Plus encore que cela ce film s'affiche comme le porte drapeau du cinéma asiatique hors de ses frontières naturelles. Fardé de toutes ces ambitions, de critiques en général bonnes et d'un certain nombre de récompenses internationales ce film arrive tel un blockbuster... Pour le meilleur ou pour le pire ?

Il est indéniable que la réalisation est soignée, les trucages relativement bien fait... Pourtant... Pourtant ce film est, à mon humble avis, à cent lieues d'être un chef d'oeuvre ! Procédons par ordre.

Alors que tous clament bien haut que l'intérêt de ce film est, chose rare pour un film d'arts martiaux ou de sabre, de proposer un scénario complexe et profond, celui-ci est pour moi plus que creux et pour tout dire d'une inconsistance à faire peur. Que dire de l'épisode lamentable du peigne ? Syndrôme de Stockolm ? Pourquoi pas... Mais se battre autant pour un peigne, ça n'a aucun sens que l'on soit en Chine, en Afrique ou en Europe ! De toute façon ne cherchons pas les invraisemblances : elles sont bien trop nombreuses pour pouvoir en faire une liste exhaustive rapidement (le final avec l'empoissonnement de Chow Yun Fat est dans ce genre une référence du n'importe quoi)... Ajoutons à cela que le film démarre sur un rythme plus que lent avant d'alterner violemment et sans transition combats et scènes qui se prennent bien trop au sérieux (les dialogues Michelle Yeoh/Chow Yun Fat...), pour finalement déboucher sur une fin en queue de poisson assez grandiose... Et dire que ce n'est même pas du second degré !

Quid des combats alors ? Ceux-ci sont en effet à priori l'un des principaux attraits d'un film de sabre et d'action... Non seulement ils arrivent de façon parfois incongrue, ou pour reprendre l'expression consacrée "comme un cheveu sur la soupe", mais ils sont souvent filmé de trop près et apparaissent brouillon. Ceci allant de paire avec le fait que Chow Yun Fat n'est pas et ne sera jamais Eric Srecki (médaillé d'or aux JO de 92 en escrime au cas ou vous l'auriez oublié...) ou Jet Li (ah, si seulement il n'avait pas renoncé à ce rôle...). L’usage des câbles et autres trucages est par ailleurs bien trop grand pour que le talent des artistes martiaux soit mis en valeur (c’est vrai que pour Chow Yun Fat, il vaut mieux éviter…). Comme souvent dans le Wu Xia Pian on use et abuse de ces techniques de traction... Ajoutons que si les protagonistes sautent et ne volent pas en général (ils prennent des appuis avant de faire leurs envolées) on a tout de même plusieurs fois des personnages qui "décollent" réellement sans faire l'effort de pousser sur leurs petites jambes (cf. le premier combat de Chow Yun Fat). Aiya ! On commence à briser la tradition... Et si les personnages volent et ne sautent plus alors il faut passer du mandarin au cantonais, ce qui soit dit en passant ne serait pas un mal (le mandarin me donne toujours l'impression que les acteurs ont un cheveu sur la langue...). Vous me direz que tout ceci n'est qu'ergotage pour faire faussement érudit, mais toujours est-il qu'il ne faut pas regarder du côté des combats pour trouver un quelconque intérêt au film... Celui-ci devait donc venir du scénario ! Oups !

Du coté des acteurs Chow Yun Fat nous montre une nouvelle fois qu'il sera passé par tous les rôles, des Gun-fight au drame en passant par la comédie et le film d'époque, même s'il en fait parfois un peu trop ici et que ses répliques tombent souvent à plat.... Il était bien plus convainquant avec les petits pains autour de la tête dans Diary of a big Man ! De son côté Zhang Zi-Yi confirme qu'elle est l'une des plus jolies filles d'asie orientale.

Bref, voilà comment à trop vouloir se prendre au sérieux on tombe dans le ridicule... Rien d'innovant au niveau de combats plutôt moyen et un scénario réchauffé sur fond d'amourettes pour collégiennes pré pubères et réflexion sur le triste destin des combattants. Qu'y a t-il à racheter ? Certaines images et quelques cadrages peut être, les acteurs (surtout la jolie Zhang Zi-Yi, non pas que son jeu soit exceptionnel mais elle a d'autres qualités...) et la musique... Bien piètre récolte ! Il est vrai que je ne suis pas un fan de Wu Xia Pian, ceci explique peut être cela, mais tout de même...



02 juillet 2001
par Ikari Gendo




Très beau film pour la photographie, le reste n'est pas mal...

Pas de grande critique a faire sur ce film, c'est beau, ca se regarde bien, il n'y a pas a se creuser la tete. Qu'est ce qu'il manque ? Un peu de genie pour en faire un grand moment de cinema.

par jeffy




Attention film exceptionnel !!!

Je m’en souviens comme si c’était hier, à la fin de la première séance je me suis dit : « il faut que je le revoie » ! Et je l’ai vu 3 fois au cinéma !!

Rapidement ce film est quasiment parfait dans tous les domaines. Au niveau de la réalisation, Ang Lee est compétent, il sait trouver de très bons angles de caméra et l’ensemble est parfaitement maîtrisé. La photographie de Peter Pau est superbe, les décors en extérieurs sont magnifiques et chaque plan est un régal visuel. Les acteurs sont tous impeccables, Chow Yun Fat en ancien guerrier sage (on n’a pas l’habitude) s’en sort pas mal (sachez que c’est Jet Li qui devait tenir ce rôle, bien que je sois un grand admirateur de Jet, je ne pense pas qu’il aurait réussi à avoir la même prestance que CYF auprès de Michelle Yeoh) ; Michelle Yeoh en femme aimante est assez belle (c’est rare que je dise ça d’elle …) ; et Zang Zi-Yi en jeune impétueuse nous énerve autant qu’elle nous attendrit. Quant au reste du casting il a toujours le ton juste.

La musique est envoûtante, elle nous accompagne admirablement pendant tout le film. Elle rythme les scènes d’action et nous apaise durant celle de grand calme. Les instruments et l’orchestration vont bien avec le style du film. Les combats sont, comment dire, étourdissants de beauté et d’intensité. Yuen Woo Ping est ici au sommet de son art. Nous assistons à de vrais ballets aériens et terrestres, quelles chorégraphies ! Ces scènes sont judicieusement disséminées durant le long métrage de manière à ce que le spectateur n’ait jamais le temps de s’ennuyer.

Le scénario sort de celui qui dirige habituellement le Wu Xia Pian (vengeance, quête de puissance,… ) et ce n’est pas plus mal. Se sont deux histoires d’amour qui nous sont montrées, une non avouée et l’autre interdite. Personnellement je les trouve très émouvantes. Pour la « fameuse » scène du peigne, elle nous montre que Zang Zi-Yi est jeune, impétueuse et impulsive. Elle n’a pas froid aux yeux, ne mesure pas forcément toutes les conséquences de ses actes et de plus elle est effrontée. Pour terminer sur cette scène, n’est-elle pas celle qui permet la naissance de la seconde histoire d’amour ?

Donc ce film est presque parfait dans tous les domaines : réalisation, casting, jeu d’acteur, photographie, musique, combat, scénario, … Pour moi, ça a été presque une révélation, de telles qualités toutes réunies dans ce type de film est si rare ! D’ailleurs la critique internationale et locale ne s’y est pas trompée, il a reçu plusieurs Oscars et HK Awards. A noter que l’édition DVD est extrêmement soignée. Bref un film culte.

09 septembre 2001
par Junta




Dragon sans feu

Tigre et Dragon s'inscrit dans une certaine idée du cinéma de genre asiatique présentable pour des sélectionneurs festivaliers. En effet, la lenteur de son récit hors combat le rend moins déroutant pour un Occidental qu'un wu xia pian de la Workshop. En outre, son scénario est plus "romanesque" que celui des wu xia pian hongkongais. Les défenseurs du film parlent justement de cette fameuse "densité romanesque" qui serait tellement absente du cinéma de Hong Kong et que l'on trouverait ici. Mais il ne faudrait pas faire prendre aux cinéphiles des vessies pour des lanternes. Parce que chez King Hu, autre figure -bien plus talentueuse- du cinéma de genre asiatique pour festivals, les scènes hors combat recouvrent des questions telles que la fascination pour le pouvoir, la stratégie militaire, le rapport de l'artiste à la société ainsi que la rédemption. Chez Ang Lee, les scènes hors combat évoquent certes l'idée de cellule familale comme carcan, idée traitée de façon plus inspirée par d'autres films du cinéaste. Mais de là à parler de sucroît de densité romanesque... De plus, les hommages à King Hu ressemblent plus à de l'influence mal assimilée : pour preuve, le flash back inutile du milieu du film qui pue à mille kilomètres à la ronde le A Touch of Zen mal digéré. Ou encore l'usage de la lenteur: la lenteur chez King Hu a un sens culturel parce qu'elle est associée à l'usage de plans distants; dès lors, la mise en scène se fait l'écho de la posture de la sagesse bouddhiste. Chez Ang Lee, les plans sont plus rapprochés et la lenteur perd dès lors son sens culturel pour devenir académisme.

Il ne s'agit pas de reprocher à Ang Lee de trahir l'esprit original du genre -pourquoi transformer des oeuvres appartenant à la culture populaire asiatique en vaches sacrées?- mais ses "trahisons" ne donnent rien de palpitant sur le plan cinématographique. Du coup, on en vient à ronfler en espérant que le prochain combat arrive vite: certes, les combats du film n'ont pas de dimension psychologique riche ou une mise en scène renversante mais ces scènes-là ont le mérite de l'efficacité. Et le reste: Chow Yun Fat est excellent, le reste du casting est très bon, Peter Pau est un grand directeur de la photographie. Quant au côté "nouveau de l'importance accordée aux personnages féminins", cet argument n'est valable que pour ceux qui ne connaissent que Chang Cheh dans le domaine du wu xia pian. 

Au final, c'est regardable, ce n'est ni le navet immonde dénoncé par certains amateurs de cinéma hongkongais, ni le chef d'oeuvre claironné par d'autres. Néanmoins meilleur qu'un Hero au potentiel saboté par la roublardise de Yimou tout simplement parce qu'il est plus efficace rayon combats donc bien moins ennuyeux au finish. Ceci dit, c'est loin d'être la pire des passerelles vers le cinéma de Hong Kong pour un non-initié...



06 août 2002
par Ordell Robbie




Ne passe la seconde que trop tard. Mais quel final!

Tout a déjà été dit. Simplement, ce qui n'est qu'un simple film d'arts martiaux spirituel usant d'artifices formels et narratifs déjà vu ailleurs se mue peu à peu en histoire romantique intéressante car soutenue par une interprétation de grande facture, une image aux couleurs merveilleuses et un score zen du plus bel effet. Dès la confrontation aérienne entre Zhang Ziyi et Chow Yun-Fat, tous deux formidables, le film passe la seconde niveau émotion et spiritualité, le corps se soustrait pour se mesurer à la légèreté du vent offrant alors de très gros moments de cinéma empreints d'une vraie grâce jusqu'à un climax rapide, effrayant, teinté de sorcellerie. Extrêmement inégal car banal pendant 1h30, cette réussite indéniable de Ang Lee n'est en rien le chef d'oeuvre évoqué dans le monde, mais reste suffisamment solide dans tous ses compartiments pour être sur le haut du podium du "renouveau" du cinéma chinois plus "commercial".



07 septembre 2008
par Xavier Chanoine


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