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Ghost in the Shell 3

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Astec 4.5 Man Machine dans ta Face
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Man Machine dans ta Face

Pour plus détails se reporter à l'article qui suit et aux onglets News et Notes de la fiche : l'article.

Ghost in the Shell - Man Machine Interface est un objet difficilement digérable. Pour n’importe quel auteur cette sentence aurait signifié un jugement négatif ; dans le cas du travail de SHIROW Masamune c’est là une remarque somme toute banale, quelque chose de l’ordre de la caractérisation purement quantitative plutôt qu’un jugement de valeur, un peu comme de dire : « la tour Eiffel est un objet difficilement digérable ». Fruit d’une longue et chaotique maturation de dix années, manga aux intentions aussi fuyantes que ses lignes narratrices, Man Machine Interface est un concentré paroxystique qui rassemble une bonne partie de ce qui fait le « style Shirow » (voir article ci-dessus)...

MMI est dense, très dense, aussi bien visuellement que narrativement. Encore plus qu’à son habitude SHIROW construit son intrigue par une accumulation quasi exponentielle d’informations qui viennent s’agréger aux nouvelles données introduites depuis Ghost in the Shell : aux nouveaux lieux de l’action, à une nouvelle Motoko, à un univers qui ne s’en tient plus simplement à une grille de lecture cyberpunk mais présente aussi désormais une dimension « paranormale » dans les enquêteurs « psy » du Bureau des Affaires Spirituelles. On lorgne donc du côté de la Science Fantasy, genre auquel l’auteur s’est déjà frotté avec brio (Orion). Le background SF lui-même a sensiblement évolué par rapport au premier manga et l’importance du génie génétique dans l’intrigue distingue également MMI du plus « typiquement » cyberpunk (entendez par là le trio virtuel/nanotech/dystopie) GITS. On pourrait quasiment dire, dans une analogie SF littéraire, que MMI est à GITS ce que le cyberpunk – sous-genre/mouvement aujourd’hui amplement digéré par la SF - est au post-cyberpunk...

L’ajustement « paradigmatique » (ouch ! Pardon...) auquel doit se livrer le lecteur déjà familier de la série GITS n’est de plus pas facilité par le manque d’éléments situant, clairement, les évènements de MMI par rapport à ce qu’on connaît du passé de Motoko. Les quatre années écoulées depuis sa fusion avec le Marionnettiste demeurent un grand vide dont les contours ne se dessinent que partiellement et indirectement : apparemment la Motoko qui nous est présentée n’est donc plus l’originale, elle est le fruit de plusieurs autres processus « d’accouplements » virtuels – les fusions – et le lecteur peut légitimement se poser la question de sa nature ; est-ce une des copies (résiduelles ?) résultat de la fusion de Kusanagi avec le Marionnettiste, est-ce « l’original » ? Une question qui, si elle n’est pas claire à la première lecture, est bien de celles qui sous-tendent en grande partie l’intrigue et les quelques éléments glanés rétrospectivement à la lecture de GITS 1.5 le confirment. Il n’y a aucune distance narrative qui permette de facilement appréhender tout cela, de hiérarchiser les évènements perdus dans le flot d’information qui constitue la toile de fond permanente du récit. Quelles sont les données pertinentes pour le lecteur ? Il se passe des choses, on sent bien qu’elles sont reliées, mais de quelle façon et quelle est la part de superflue dans tout ça ?

Quelle que soit le manga de SHIROW et c’est encore plus valable dans le cas de MMI, le premier contact avec ses récits donne toujours l’impression de scènes qui font sens en elles-mêmes mais qui misent bout à bout (le manga) ne dégagent pas immédiatement une signification dramatique globale. En d’autres termes la narration de SHIROW n’a rien de fluide ou de didactique (malgré les notes « d’explications » dont il est coutumier) et jamais il ne nous pointe du doigt les articulations clés de son récit ; ces dernières, enfouies dans le flot de données qu’est chacune de ses histoires, émergent des lectures successives. Les détracteurs parlent ici de « mauvaise narration », arguant que si on ne peut immédiatement comprendre ce qu’il se passe, alors il y a carence à ce niveau. Mais quel est l’objet de cette narration, sa matière ? De quelle façon SHIROW pose t-il les enjeux de ses récits ? Lorsqu’on l’a comparé à lui sur la raison qui rendait les histoires de l’un immédiatement compréhensibles tandis que celles de l’autre restaient opaques, OTOMO Katsuhiro (Akira) a produit une des définitions les plus limpides et les plus pertinentes qui soit quant au « style SHIROW » : « C’est parce que sa façon de voir est différente, il traite les mécanismes, les systèmes... Mais il dessine vraiment bien les filles, elles sont très mignonnes ! Pour en revenir à ses mangas, Shirow est peut-être le seul à se comprendre !? Comment dire... Vous avez la Terre et toute une flopée de satellites qui tournent autour ; Shirow va décrire ces satellites, expliquer leur fonctionnement et à quoi ils servent pour que l’on essaye de comprendre ce qu’il se passe sur Terre. Pour dessiner une chose, il dessine en fait tout ce qui l’entoure. Normalement, on va droit au but, mais lui, il en fait tout le tour. Il dessine les contours et le lecteur pense ensuite : « peut-être que le centre est comme ceci ou comme cela ». C’est une méthode de dessin très fastidieuse. » (Extrait de l’interview disponible dans Manga Player 28, de mars 1998)

Une filiation nébuleuse avec l’univers connu de GITS (la Section 9 reste à la périphérie du récit), une narration ultra dense sous la forme d’une triple perception de la réalité (le monde « réel », virtuel et spirituel), une frénésie visuelle qui frise la saturation, des affrontements virtuels cryptiques mais aussi des affrontements physiques plus classiques, typiques de la maîtrise de SHIROW dans ce domaine particulier... Dans un style bulletin météo ça nous donne une écriture « systémique », une riche colorimétrie et une abondante iconographie saupoudrée d’une bonne dose de ecchi (images érotiques et plans petites culottes), quelque chose qui fâche une certaine catégorie de lecteurs d’ailleurs. Que répondre à cela si ce n’est paraphraser OTOMO : « Mais il dessine vraiment bien les filles, elles sont très mignonnes ! ». Une raison aussi valable qu’une autre.



02 novembre 2005
par Astec


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