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Le Salon de coiffure de Yoshino

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Xavier Chanoine 3 Même coupe pour tout le monde !
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Même coupe pour tout le monde !

Les joies de l’insouciance. Bonheur et légèreté, se sentir pousser des ailes bien qu’hauts comme trois pommes, les zigotos du Salon de coiffure de Yoshino ont en eux ce petit quelque chose qui ont fait rêver plus d’un spectateur de la génération 70-80 : rappeler, à leur manière, les grands gosses du cinéma populaire. Pas vraiment goonies car moins aventuriers, la bande à Takeo créée par la plume infiniment légère de Ogigami Naoko (réalisatrice et scénariste pour son premier film) lorgneait plus du côté d’autres enfants géniaux, ceux du Stand By Me, adaptation d’un bouquin de Stephen King qui avait su capter une part de l’atmosphère de l’Amérique 50’s, celle en tout cas dont se souvenait l’écrivain. Mais là on s’égare.

Malgré une existence trop symbolique en dehors du circuit festivalier, Le Salon de coiffure de Yoshino est une première œuvre déconcertante de simplicité et de légèreté, traitant de nombreux thèmes de l’enfance/adolescence, au même titre que ceux de la société qui viserait, ici, à uniformiser l’apparence de tout le monde pour le bien de chacun. Un sujet sans doute trop éloigné de ce que l’occident ne retient que du cinéma japonais d’aujourd’hui, à savoir son exotisme lorsque ce n’est pas sa débauche (de violence ou de kawaï-attitude). Il y a pourtant une quantité de productions qui arrivent à sortir du lot, mais sans doute trop sincères et pas assez décalées ni assez dégénérées. Le film de Ogigami Naoko fait partie de ces vilains petits canards pourtant si attendrissants. C’est l’universalité de ses thèmes (donc visiblement sa faiblesse, dommage) qui fait que certains d’entre nous pourront se reconnaitre dans la peau de ces rejetons pas bien méchants : un QG bâti dans les hauteurs de la ville où l’on se retrouve entre copains autour de revues coquines, les premières vues sur les nénés des filles, le snobisme du nouvel arrivant qui s’avèrera finalement un excellent ami, la crainte de toute forme d’anormalité (comme ce dérangé limite travesti qui déambule dans les rues), la peur de l’adulte tyrannique ici incarné sous les traits de la coiffeuse Yoshiko, impeccable et exubérante Motai Masako, filmée de telle sorte à exacerber le côté très bd de ses expressions.

La comparaison est certes facile, mais l’on pourrait également rapprocher ces gosses de ceux du Bonjour d’Ozu, mais cette fois-ci dans leur versant diamétralement opposé : les deux frères étaient prêts à tout pour obtenir leur précieuse télévision, ceux de Yoshino organisent leur plan de lutte ici contre un énième effet de mode, celui qui consiste à affubler les jeunes garçons d’une coupe de cheveux identique -et accessoirement d’un autre âge. On retrouve ce même effet de rébellion face à l’adulte (qui a raison sur tout), ce soubresaut d’anarchie délicieusement naïf qui permettra aux enfants de s’affirmer dans une société qui ne leur correspondait pas réellement, ces derniers s’éclatant avec les interdits. C’est une fois de plus par l’arrivée d’un élément extérieur au groupe et à cette société, incarné par un jeune garçon, que le bouleversement aura lieu. Le cinéma japonais, dans son versant anarchiste, recelait déjà de petites perles dérangées qui exposaient les dangers de l’arrivée d’un élément extérieur à un groupe, perturbant le foyer jusque-là tranquille, tout bien refermé sur lui-même : on pense aux terrifiants et jouissifs The Family Game de Morita Yoshimitsu, starring un Matsuda Yusaku parfait en élément perturbateur, The Crazy Family de Ishii Sogo et son grand-père dérangé du ciboulot, ou encore le dépressif Visitor Q de Miike Takashi. Le Salon de coiffure de Yoshino pourrait être leur pendant en culottes courtes, mais ce n’est là qu’une hypothèse à creuser davantage. Voilà qui mérite bien de s’intéresser de près à cette première œuvre, à la fois tranchante et pleine de modestie.



09 décembre 2010
par Xavier Chanoine


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