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Purple Butterfly

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les avis de Cinemasie

3 critiques: 3.5/5

vos avis

4 critiques: 3.06/5



Aurélien 4 Un film lent, beau, magnifiquement interprété... Un film qui fait penser à Wong...
Gillesc 4.5 Mélange mélo/espionnage qui fonctionne
Ordell Robbie 2 Influences formelles pas toujours bien digérées et récit archiembrouillé.
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Un film lent, beau, magnifiquement interprété... Un film qui fait penser à Wong Kar-wai... Peut-être un peu trop.

En 1928, Itami, un jeune japonais, tombe amoureux de Cynthia, une jolie jeune-femme chinoise. Contraint d’effectuer son service militaire, Itami doit retourner au Japon, mettant un terme à leur bonheur commun. Lorsqu’elle rentre de la gare où elle a fait ses adieux à son amant, Cynthia assiste impuissante à l’assassinat violent de son frère par des japonais d’extrême droite. Trois ans plus tard, Shangai est devenue une ville occupée par les japonais et Cynthia officie pour Purple Butterfly, un groupe de résistants préparant l’assassinat de Yamamoto, chef des services secrets japonais. Elle ignore que Itami est lui aussi à Shangai, sous les ordres de Yamamoto, et qu’il met tout en œuvre pour mettre fin aux agissements de Purple Butterfly. Une troisième destinée va accidentellement se retrouver liée aux deux précédentes. Celle de Szeto, un jeune chinois qui voit sa fiancée mourir alors qu’elle venait le chercher à la gare où les membres de Purple Butterfly le prennent pour un tueur qu’ils avaient recruté afin de tuer Yamamoto. A partir de cet instant, des personnages déchirés vont être emportés dans un même mouvement : celui d’un ensemble de drames personnels, celui de l’Histoire.

Ceci étant ma première critique, je commencerai par un film qui, malgré son jeune âge, est un film "oublié". Je commencerai par un film qui a été financé en grande partie par des français, un film qui a été présenté à Cannes, un film qui n'est pourtant jamais sorti dans nos salles. Un film qui n'est pas même sorti à Hong Kong, un film qu'il est impossible de voir dans une autre langue et avec d'autres sous-titres que ceux de son pays d'origine, pays dont il raconte une part de l'Histoire : la Chine. Tout cela est bien dommage car je pense que c'est un film que vous auriez certainement aimé.

Ecrit et réalisé par Lou Ye, Purple Butterfly ne manque en effet pas de qualités.

Le scénario tout d'abord. Celui-ci n'a heureusement pas le poids d'une reconstitution minutieuse qui chercherait à respecter, à la minute près, le déroulement des événements historiques. Cependant, la reconstitution de Lou Ye n’en reste pas moins ambitieuse et le cadre historique est donc scrupuleusement respecté. Cela ne l’empêche toutefois pas de proposer un traitement original. Ici, le réalisateur opte clairement pour une narration qui s'inscrit dans la modernité : le film est "éclaté" en plusieurs morceaux s'articulant autour du pivot de cette histoire : la scène de la gare. Si cette articulation permet au réalisateur de rendre le sentiment de fatalité touchant et parfois même éprouvant pour le spectateur, il n'en demeure pas moins vrai que ce dernier peut se sentir perdu à plusieurs reprises. Malgré cela, le scénario reste relativement simple mais tient le spectateur en haleine tout au long du film. Si votre DVD était capricieux au point de ne pas vous laisser voir la fin du film, vous seriez certainement pris d’une envie de le massacrer à coups de tournevis. Vous pouvez me croire : cela m'est arrivé. Le dénouement ne pose pas de problème : on comprend très vite que cela ne se terminera bien pour personne… Pas même pour Cynthia. On en vient à se dire que la mort est ici une libération pour des personnages déchirés, des personnages qui ne vivaient plus depuis déjà bien longtemps. Lou Ye nous fait comprendre que l’Histoire est constituée d’un ensemble de drames personnels. Tous ces hommes et ces femmes que nous voyons suivent le cours de leur propre histoire : une histoire dont ils n’ont plus le contrôle, une histoire qui leur est imposée. Il s’agit ici d’un rêve dont personne ne peut changer le cours, un rêve dont personne ne peut sortir. Car Purple Butterfly est une histoire cruelle, une histoire où l’on voit des hommes et des femmes frappés par le destin. Un destin qui s’impose devant nous et dont personne ne s’affranchira, Lou Ye n’hésitant pas à tout mettre en œuvre pour nous le faire comprendre.

Concernant l'esthétique, le film est soigné et fait preuve d’un style très ambitieux. Trop ambitieux dans la forme. Purple Butterfly est un film dont on constate dès les premières minutes que l’esthétique était le souci principal du réalisateur. Il est simplement dommage que l’on ait, tout au long du film, un sentiment de déjà-vu. Lou Ye impose de longs silences qu’il fait alterner avec des chansons d’époque et l’on ne peut s’empêcher de penser à Wong Kar-wai. La ressemblance est tellement frappante qu’elle en devient presque agaçante et que l’on en viendrait presque à se demander si le succès de In the Mood for Love en Occident ne serait pas à l’origine d’un certain opportunisme dans les choix artistiques du réalisateur. Si ce dernier fait bien un usage massif, tout comme Wong Kar-wai, de plans fixes ou langoureux, il les associe de manière abusive à de trop nombreuses scènes aux mouvements de caméra trop brusques pour qu’en ressorte une quelconque émotion. Il en est de même pour ces répétitifs plans coupés alors qu’ils sont tout juste commencés : lorsque Cynthia vient d’assister au meurtre de son frère, le spectateur a droit à un plan où on la voit pleurer. Cela pourrait sembler classique si le plan dont il est ici question n’était pas coupé au bout d’une seconde pour être finalement suivi d’un plan presque identique, et cela plusieurs fois de suite. On se demande si cela peut apporter au spectateur autre chose que l’impression que le plan en question a été raté et qu’il est remplacé par le collage d’une dizaine de ses morceaux brisés. Il n’en reste pas moins vrai que Purple Butterfly est beau, très beau par moments. On regrettera néanmoins le choix de Lou Ye d’inclure à la fin du film des images d’archives de bombardements et de massacres de chinois par des japonais. Ces deux dernières minutes laissent comme un goût amer dans la bouche et leur présence dans ce film est plus que discutable.

Peu de choses à dire au sujet de l’interprétation tant celle-ci est de qualité. Tous les acteurs excellent dans leur rôle et l’on découvre une Zhang Ziyi qui se décide enfin à nous montrer ce dont elle est capable. Ce n’est pas que l’on ait douté qu’elle sache jouer : elle prouve simplement qu’elle est aujourd’hui l’une des meilleures actrices asiatiques. Et l’on se met à rêver. On se met à rêver de la voir magnifiée, plus sensuelle que jamais dans un film dont on se répète chaque jour les quatre chiffres qui constituent son titre. On rêve… et on attend. Pour sourire. Pour pleurer.

Au final, Purple Butterfly est un très bon film. Un film qui a, d’une certaine manière, les défauts de ses qualités. Un film qui donne confiance en l’avenir du cinéma chinois. C’est, à mon avis, un film qu’il faut avoir vu.



06 septembre 2004
par Aurélien




Mélange mélo/espionnage qui fonctionne

Là je suis quand même pas mal tombé sur le cul devant ce film qui retrace une histoire vraiment très poignante entre deux personnage, un couple sino-japonais, séparé puis qui se retrouve dans le camp adverse, jouant ainsi au jeu malin du contre-espionnage, jusqu'à la fin assez bouleversante. Le scénario est béton, vraiment rien à redire sur le déroulement de l'histoire, même si certains passages sont durs à suivre entre les flashback qui ne sont pas forcément évidents à situer. La réalisation est magnifique, très romantique et fluide, en laissant les images s'évader avec un musique douce qui, même si elle semble bizarre pour un film d'espionnage, marche vraiment très bien dans ce cas là. LEs acteurs ne marquent pas vraiment les esprits, part Zhang Ziyi qui s'embarque vraiment très profondément dans son personnage et vraiment très convaincante, comparé au jeu de Nakamura Toru qui lui semble avoir un jeu assez monogame par rapport à ses autres films (pas réellement vu de différence avec sa prestation dans Tokyo Raiders et 2009). En outre j'ai été subjugué par le plan séquence à la fin du film entre Zhang Ziyi et son collègue qui était vraiment poignant et remarquablement bien filmé, donnant réellement une idée d'intimité entre les deux personnages. Film excellent ; un mélodrame au milieu d'une intrigue d'espionnage, mis en scène de cette façon, ça marche vraiment bien.



01 avril 2005
par Gillesc


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