Vitesse de chute des paupières...
... autant dire que ça va vite.

Au Revoir inutile somnifère, bonjour ami Shinkai ! Qui nous vient là avec, malgré cette introduction lapideuse en plus de lapidaire
(*), son meilleur film. Non pas que l’auteur passe enfin outre ses mauvaises habitudes rédhibitoires et parfois mallickiennes que sont : abondance de voix off, plan pour du plan fait de câbles électriques, de vent dans les herbes et autres ciels bleu à outrance; character design fadasse ou encore cette musique de
Tenmon, pianesque à l’écœurement, mais surnage comme un truc de bien. Le thème, bien servi par une naïveté justifiée. A la toute fin, le triptyque obtient sa raison d’être. Ces petits riens qui défilent, les grands riens aussi, tiens, le vide, aussi, parfois, avec le temps, chez les personnages, constituent leurs souvenirs. Puis le couple regarde derrière lui, ce qu’il n’envisageait pas de faire auparavant. Une jolie chanson s’envole et les images l’accompagnent le temps d’un formidable clip final. Un peu tard mais l’émotion, belle, est enfin créée.
(*) : Néologisme shubbien : lapideur : N. m/f (dér. du lat. lapis, lapidis, pierre) : concerne des jetés de cailloux.
5 cm de quoi ?
La réalisation de ces trois petits films est assez exemplaire. Les paysages sont superbes et l'animation très fluide. Nous pouvons observer que les dessinateurs et les animateurs ont bien travaillé. En fait tout est beau. Beaucoup trop beau.
On finit même par en oublier les décors, car aucun ne se détache vraiment d'un autre.
L'enchainement des séquences a exactement le même problème, et devient presque caricaturale du genre.
Le réalisateur a eux des bonnes idées de séquences, et a dû modeler son film autour, ce qui donne une sensation de vide durant tout le visionnage. Il n'y a pas de moment fort, car il n'y a pas de scènes qui puissent établir un contraste. C'est un peu comme si ils avaient collé bout à bout toutes les séquences émotionnelles d'un film, et qu'ils en avaient oublié les parties intermédiaire.
Donc ce n'est pas nul, mais ce n'est pas bon non plus. On sent que le réalisateur a de la poésie plein la tête, qu'il veut bien nous la faire partager, mais qu'il ne sait pas vraiment comment s'y prendre.
Un film qui se regarde, mais dont on oublie vite le propos (qui est pas inintéressant en soit).