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3.37/5

Une adolescente

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les avis de Cinemasie

4 critiques: 3.06/5

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21 critiques: 3.55/5



Ghost Dog 3 Lolita version japonaise : personnages attachants mais propos un peu vain
jeffy 3.75 Il faut reconnaître que c'est assez bon
Ordell Robbie 2 Les acteurs sauvent un film bourré de longueurs et d'affèteries formelles
Yann K 3.5 Audacieux, mais pas abouti
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Il faut reconnaître que c'est assez bon

Je suis entré dans le film avec un léger a priori négatif, mais je dois dire que je l'ai assez vite oublié. Certes le sujet est délicat à traiter, et la plus grosse faiblesse du film est le coté irréaliste de pas mal de situations (je parle de la psychologie des 2 principaux personnages). Mais au-delà de ça, il faut reconnaître que la forme est bien maîtrisée, par exemple au niveau de la photographie, avec une luminosité assez faible et des tons de gris qui en disent beaucoup plus qu'un discours. De plus s'y ajoute quelques personnages attachants, parmi lesquels sort du lot le fan de Jimi Hendrix assez hallucinant dans tous les sens du terme. Les deux principaux acteurs se sortent très bien de leurs tâches, notamment le héros quadragénaire qui arrive à laisser filtrer en permanence un certain sens de l'ironie et de l'auto-dérision. Je comprends que l'on puisse donc aimer ce film rempli de qualité même si subjectivement ce n'est pas le type de film que je préfère. A chacun de se faire une idée.

07 septembre 2004
par jeffy




Audacieux, mais pas abouti

Difficile d’avoir un avis tranché sur un film qui oscille entre plusieurs tons et a tout pour nous être sympathique : la première réalisation d’un acteur peintre à ses heures (ça fleure bon le Kitano), sur un sujet ardu et forcément attirant, qu’on résume par : le « syndrome de la petite écolière ». On sait que les japonais assument un petit dérèglement mental vis-à-vis des jeunes filles, leurs petites culottes et leurs uniformes. C’est le même problème que celui des héros des Valseuses (« hummm, moi je dirai 14 ans… ») ou le DJ d’Exotica, d’Atom Egoyan, qui demandait sans fard, pendant le strip-tease du siècle : « Qu’est ce qui rend la saveur des écolières si particulière ? ». On est pas loin non plus, question age, de Lolita, et côté Japon, de Insecte Nuisible, qui étudiait les conséquences sur le mental d’une fille de douze ans de son amour pour un adulte.

Shoujyo s’intéresse plutôt à l’adulte, mais invente aussi un psychodrame familial autour de l’adolescente. Etonnant, d’ailleurs, comme on revient à chaque fois, ici comme chez Akihiko Shiota, comme auparavant chez Mizoguchi, au même traumatisme : mère demi-pute, père absent, et un « meilleur » ami ou un frère qui devient débile parce qu’il connaît l’ensemble de l’affaire. Premier défaut de Shoujyo: on a déjà vu la plupart de ces situations. Deuxième : si on ne les a pas vues, là elles ne sont pas crédibles. Le film évite de parler du quotidien d’une telle relation amoureuse au Japon et du coup nous fait croire que elle peut être détachée de toute réalité. Même en marge, désociabilisés, ces deux amants échappent à la pression du groupe et des conventions, énorme au Japon, avec une facilité qui dérange.

Troisième défaut et premier grand avantage du film : la force des scènes repose sur les acteurs. Le couple principal est souvent sidérant. La petite Mayu Ozawa ne donne pas que son joli corps et sa grande bouche sensuelle avec une absence de complexes rares. Tantôt assurée, tantôt gauche, elle est une ado parfaitement mal dans sa peau. Mais la mise en scène ne suit pas. Beaucoup trop long, le film s’enlise et se plante parfois, d’autant plus qu’il essaye mal quelques figures de style. La mère est à claquer et le flic est un personnage ou trop salaud pour qu’on s’y attache ou trop complexe pur que la réalisation arrive à le cerner.

Reste de belles scènes, comme ce défilé pathétique de prostituées, qui fait très "rayon boucherie au marché de Rungis", et la façon dont Eiji Okuda évoque sa seconde passion, la peinture. Au début, le flic trace le nom de Yoko sur une feuille, en rouge pourpre, en glissant son doigt dans la bouche et en caressant les sourcils de la fille, pour mélanger le rouge à lèvres au noir des cils. C’est une des scènes les plus subtilement érotiques du cinéma. Shoujyo file également avec finesse la métaphore du tatouage, qui culmine avec une scène érotico-SM on ne peut plus typique. Et un petit détail surprise qui fait mouche : la chanson du générique, que l’on entend aussi en partie au milieu du film, est une chanson française à pleurer, « Le courage d’aimer », d’un certain Pierre Barouh, sûrement un vieux pépé que nous saluons donc. Bon film d’acteur peintre, Shoujyo n’est pas passé loin d’être un bon film tout court.



01 janvier 1970
par Yann K


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